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Sommaire Lettre N°13 – Septembre 2017
[ÉDITORIAL]

. Thyroïdologie : du crétinisme à l’excipient.
Le poids de l’histoire
Jean-Louis Wémeau (Lille)

[HISTOIRE]

. L’émergence tardive de l’insuffisance thyroïdienne
Jean-Louis Schlienger (Strasbourg)

[CAS CLINIQUES]

. Haro sur le nodule !
Hervé Monpeyssen (Neuilly)

. Le syndrome de Marine-Lenhart : au plus près
de l’actualité 106 ans plus tard
Edouard Ghanassia (Sète)

[ACTUALITÉ FONDAMENTALE]

. ATXN7, EIFAX1, MED12, RBM10, etc. : nouveaux acteurs de la tumorigenèse thyroïdienne
Anne-Cécile Paepegaey,  Lionel Groussin (Paris)

[MISE AU POINT THÉRAPEUTIQUE]

. Le teprotumumab comme traitement de l’orbitopathie basedowienne
Fritz-Line Velayoudom (Pointe-à-Pitre)

[MISE AU POINT CLINIQUE]

. Traitement de l’hypothyroïdie subclinique
et de l’hypothyroxinémie de la grossesse :
une remise en cause des recommandations ?
Fritz-Line Velayoudom (Pointe-à-Pitre)

[MISE AU POINT BIOLOGIQUE]

. Biotine à fortes doses et immunodosages
Michèle d’Herbomez, Caroline Dussart (Lille)

Editorial
Thyroïdologie : du crétinisme à l’excipient. Le poids de l’histoire
Jean-Louis Wémeau, Lille.Dans cette treizième Lettre de la thyroïde, Jean-Louis Schlienger souligne que la fonction de la thyroïde a été reconnue tardivement, bien après sa découverte et la description du crétinisme, et que les médecins ont eu beaucoup à apprendre des chirurgiens. Oublier la traditionnelle scintigraphie thyroïdienne de nos pratiques est une erreur, ce que démontrent Hervé Monpeyssen, dans l’exploration des nodules cytologiquement indéterminés, et Edouard Ghanassia, en matière d’hyperthyroïdies basedowiennes prolongées et réfractaires, expliquant leur liaison avec le syndrome de Marine-Lenhart. Ceci n’est pas en contradiction avec la découverte de nouveaux acteurs de la tumorogenèse thyroïdienne, marqueurs diagnostiques, pronostiques et cibles thérapeutiques potentielles des cancers thyroïdiens, ce que suggère l’équipe de Lionel Groussin.Récemment remise en cause par le rituximab (actif sur les lymphocytes CD20), la primauté du traitement glucocorticoïde de l’orbitopathie basedowienne est maintenant contestée aussi par le teprotumumab (un anticorps monoclonal inhibiteur de l’IGF1), qui constitue une alternative thérapeutique prometteuse des atteintes inflammatoires d’intensité modérée, comme l’indique Fritz-Line Velayoudom. à moins que l’avenir appartienne à des associations thérapeutiques, actives sur les différentes cibles impliquées dans la pathogénie complexe des orbitopathies ? Bousculant les dogmes, F.-L. Velayoudom, à partir d’un article du New England Journal of Medicine, remet aussi en question l’opportunité d’assurer un abaissement du taux de la TSH en-dessous de 2,5 mU/l dès le début et tout au long de la grossesse.

Voici qu’est critiquée aussi la validité des immunodosages. La simple interférence de la biotine (une vitamine !) peut réduire la TSH, accroître les valeurs mesurées des hormones thyroïdiennes libres et même des titres d’anticorps antirécepteurs de TSH, simulant en tout point la maladie de Basedow. Ces données sont précisées et explicitées par Michèle d’Herbomez et sa collaboratrice, qui n’écartent pas une interférence possible dans d’autres dosages. Cela conforte l’idée que les explorations ont pour intention première de confirmer un diagnostic évoqué cliniquement.

Le traitement par l’hormone thyroïdienne a permis l’éradication du crétinisme goitreux. L’actuel feuilleton médiatique ne doit pas conduire à désespérer ni à penser que maintenant, définitivement, son nouvel excipient rende crétin. Lisez, méditez plutôt, pour votre instruction, les excellentes narrations des rédacteurs de la treizième Lettre de la thyroïde, et retenez les vraies leçons de l’histoire en marche de la thyroïdologie.

L’auteur déclare avoir des liens d’intérêts avec HAC Pharma, Genévrier, Ipsen, Merck Serono et Novartis.

Histoire
L’émergence tardive de l’insuffisance thyroïdienne
Jean-Louis Schlienger, faculté de médecine de Strasbourg.Décrite par Vésale en 1543, la thyroïde est restée sans emploi jusqu’à la fin du XIXe siècle. En 1829 encore, le grand Bichat affirmait que la « thyroïde est un des organes dont les usages nous sont absolument inconnus ». C’est à Sir William W. Gull (1816-1890), Londonien au moins aussi célèbre pour ses aphorismes que pour ses travaux cliniques, que l’on doit la première description de l’insuffisance thyroïdienne en 1873 : « Un état crétinoïde survenant chez les femmes à l’âge adulte [.] avec un œdème dur siégeant surtout à la face et aux extrémités des membres et un état intellectuel rappelant celui du crétinisme (1).

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Cas cliniques
Haro sur le nodule ! 
Hervé Monpeyssen, Paris.Madame M. a 44 ans et réside dans le Sud-Est asiatique. Des nodules thyroïdiens ont été décrits à l’âge de 25 ans (sa mère présente aussi des nodules). Elle décrit depuis peu une gêne épisodique à la déglutition. La fonction thyroïdienne est normale, les taux d’anticorps antithyroïdiens sont à des valeurs indétectables. Avec le temps, les nodules progressent en nombre et en volume, surtout l’un d’eux, localisé en basilobaire droit.

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Le syndrome de Marine-Lenhart : au plus près de l’actualité 106 ans plus tard
Edouard Ghanassia, endocrinologue-échographiste, Sète.

Comment peut se présenter un syndrome de Marine-Lenhart ?
Une patiente de 60 ans consulte pour un état thyrotoxique sans orbitopathie, avec un goitre de volume modéré sans nodule palpable. La TSH est effondrée, T3L et T4L sont accrus, comme le titre des anticorps antirécepteurs de TSH à 5,2 (N < 1,5).

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L'actualité commentée
ATXN7, EIFAX1, MED12, RBM10, etc. : nouveaux acteurs de la tumorigenèse thyroïdienne
Anne-Cécile Paepegaey et Lionel Groussin, service d’endocrinologie et de maladies métaboliques de l’hôpital Cochin, Paris.Dans la lignée du travail du Cancer Genome Atlas (TCGA) publié en 2014 (1), 2 articles récents mettent en avant de nouveaux acteurs de la cancérogenèse thyroïdienne.

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Mises au point
Le teprotumumab comme traitement de l’orbitopathie basedowienne
Fritz-Line Velayoudom, CEPHISE (service d’endocrinologie, diabète et maladies métaboliques), CHU de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.Les mécanismes physiopathologiques impliqués dans la survenue de l’orbitopathie basedowienne (OB) ne sont pas encore complètement identifiés. Peu d’études prospectives randomisées contre placebo ont pu confirmer l’efficacité et l’innocuité des traitements médicaux actuellement disponibles. Parmi ceux-ci, la corticothérapie à forte dose, seule ou associée à la radiothérapie, est la plus utilisée (1-3). Elle est efficace sur la réduction des signes inflammatoires de l’OB active mais n’agit que partiellement sur l’exophtalmie avec des effets indésirables non négligeables. Des alternatives thérapeutiques devraient y remédier.

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Mises au point
Traitement de l’hypothyroïdie subclinique et de l’hypothyroxinémie de la grossesse : une remise en cause des recommandations ?
Fritz-Line Velayoudom, CEPHISE (service d’endocrinologie, diabète et maladies métaboliques), CHU de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.L’association entre l’hypothyroïdie subclinique ou l’hypothyroxinémie en cours de grossesse et certains effets indésirables a été rapportée par des études essentiellement observationnelles : fausses couches, prématurité, petit poids de naissance, troubles du développement psychomoteur chez les enfants de quelques mois, ou quotient intellectuel (QI) plus bas que la normale chez les enfants plus âgés. Ainsi, les sociétés savantes américaines (Collège d’obstétrique et de gynécologie, Endocrine Society, American Thyroid Association) ont rédigé des recommandations pour la prise en charge de ces anomalies thyroïdiennes en cours de grossesse. Jusqu’ici, le traitement par lévothyroxine en cas d’hypothyroïdie subclinique (HSC) en cours de grossesse est recommandé.
L’objectif primaire de l’étude de B.M. Casey et al. était d’évaluer l’effet du traitement par lévothyroxine prescrit chez les mères présentant soit une HSC, soit une hypothyroxinémie (H), sur le QI de leurs enfants à l’âge de 5 ans (1).

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Mises au point
Biotine à fortes doses et immunodosages
Michèle d’Herbomez, Caroline Dussart, centre de biologie-pathologie-génétique du CHRU de Lille.La biotineLa biotine ou vitamine B8 est un cofacteur de 5 carboxylases intervenant dans la synthèse d’acides gras et dans la production d’énergie. Cette vitamine est présente dans l’alimentation normale à des doses quotidiennes recommandées de 30 à 100 µg.
La biotine est prescrite comme traitement de la sclérose en plaques à des doses journalières de 100-300 mg (1 000 fois les concentrations physiologiques), comme traitement d’alopécies (15 mg), de maladies métaboliques (5 – 10 mg/j). Elle existe dans certains compléments alimentaires prescrits aux femmes enceintes (250 µg).

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