Un médecin Rémois porte plainte dans l’affaire du Levothyrox

 

ENFIN le serment d’Hippocrate revient à la surface ….

Merci docteur

http://www.lunion.fr/53927/article/2017-10-09/un-medecin-remois-porte-plainte-dans-l-affaire-du-levothyrox

Médecin généraliste, le docteur Nicolas Bouvier, installé à Reims depuis 1995, est l’un des rares généralistes à avoir porté plainte dans l’affaire du Levothyrox, dont la nouvelle formule est, depuis l’été, au cœur d’une vive polémique.

Le médecin, qui suit une quinzaine de patients souffrants de la glande thyroïde est d’autant plus en colère qu’il a prescrit pendant des mois la nouvelle formule « sans avoir jamais été informé de manière officielle de la modification de composition du médicament.

Je n’ai rien reçu de la part du laboratoire ni des instances de surveillance du médicament m’alertant sur les dangers potentiels du Levothyrox nouvelle formule… Je me suis trouvé dans la situation du professionnel qui a prescrit un médicament qui a rendu malade ses patients ! »

« Je suis en médecin en colère, remonté », lâche le généraliste qui a porté plainte auprès de la gendarmerie vendredi dernier pour mise en danger d’autrui.

« Le laboratoire Merck a modifié la composition du médicament vers mars 2017. Mes premiers patients qui se sont plaints à mon cabinet se sont manifestés au mois de mars. Il y a eu différents troubles d’ordre d’état de fatigue, digestifs, des crampes… Certains avaient des palpitations, d’autres perdaient leurs cheveux. Deux de mes patientes ont pris du poids de façon importante (+ 10 kg). Une dame a présenté des douleurs musculaires… Toutes ces personnes sont des patients que je suis régulièrement et pour lesquelles je prescris du Levothyrox depuis plus de 10 ans !

Je n’avais pas initialement fait le lien avec la nouvelle formule. J’ai donc poursuivi mes prescriptions d’autant qu’il s’agit du seul produit à ma disposition pour traiter cette pathologie. J’étais dans tous les cas obligés de le renouveler…

Je porte plainte, et j’espère que d’autres médecins suivront, car j’estime qu’il s’agit d’une tromperie sur la qualité avec une mise en danger de la santé des patients ! » Et d’évoquer le cas de l’une de ses patientes hospitalisée en raison des effets secondaires de la nouvelle formule.

Une patiente hospitalisée
« Cette affaire est un véritable scandale », martèle le généraliste qui a également saisi, via son avocat Me Ludot, le défenseur des droits. « Aujourd’hui, le médicament est considéré comme un simple produit de consommation, un assemblage de pièces…

Pour de simples considérations financières, on prend le patient – et le médecin – en otage. C’est une véritable prise d’otage de la part de la mafia du médicament…

J’ai des patients, victimes de ce pseudo-médicament qui ont dû être hospitalisés 2 à 3 jours. C’est la santé des gens qui est en cause… On nous demande à nous, médecins, de prescrire de la merde… Alors, oui, c’est le bordel et c’est un bordel inadmissible. La santé, c’est du sérieux. Ce qui se passe en ce moment est inadmissible, honteux…

En tant que médecins, nous sommes directement impactés. Les effets néfastes de ces produits peuvent être imputés par les patients à une incompétence du médecin qui les prescrit. J’estime être également victime d’un préjudice professionnel considérable.

J’attends du médicament une efficacité thérapeutique et du laboratoire qui le commercialise une garantie de fiabilité ! J’aimerais qu’on me dise d’où vient ce médicament et ce qu’il y a dedans !

Non, ce n’est pas le patient qui est anxieux. Non, ce n’est pas le médecin qui est incompétent ! C’est un problème de produit qui ne convient pas et qui a été modifié pour de simples raisons économiques ! »