Tous à Barby la banlieue de Chambéry le 3 décembre à 14h30

En revenant de Bourgoin Jallieu une réunion est prévue l’après midi à 14h30 à la salle des fêtes de Barby banlieue de Chambéry. Cette réunion d’information, est faite à l’initiative de l’AFMT en présence de Chantale GARNIER cofondratrice de  L’AFMT

En présence de Marielle GOITSCHELLE , de madame le Maire madame CHAPPUIS et du  docteur Gerard BAPT cardiologue , est le responsable politique qui a, le premier, soulevé l’affaire du Mediator. Venez nombreux, nombreux adhérents venus des quatre coins de France seront présents depuis le matin

Portrait d’un médecin compétent et d’un homme intègre.

Il a la voix douce, le sourire timide et le profil d’un aigle – le goût du sang en moins: Gérard Bapt, député PS depuis 1997 à l’Assemblée Nationale, est l’homme politique qui, le premier, s’est publiquement inquiété du scandale du Mediator. Aujourd’hui, il semble à la fois étonné et ravi de cette nouvelle notoriété. « Quand j’ai lu cet été l’interview du Dr Irène Frachon dans Le Parisien, se souvient-il, j’ai trouvé ça tellement énorme que je l’ai contactée. Depuis, nous sommes restés en contact et je continue de la soutenir dans son combat. » De fait il publie, quelques semaines plus tard, une « Tribune libre » dans Le Monde fort remarquée et, depuis, il interpelle les pouvoirs publics, multiplie les courriers à l’Afssaps, qui est en première ligne dans cete affaire, soulève quelques beaux lièvres comme cet échange de mails membres de cette administration dans lequels ils parlent du Dr Frachon comme d’une femme « narcissique ». C’est lui, encore, qui met en cause la toute nouvelle secrétaire d’Etat à la santé, Nora Berra, pour ses liens antérieurs avec l’industrie pharmaceutique.

De là à en faire le « chevalier blanc » du monde de la santé il n’y a qu’un pas… qu’il se garde bien de franchir: « Je récuse ce terme, explique-t-il calmement. Je n’ai rien contre les labos en tant que tels, tous n’ont d’ailleurs pas le même manque de scrupules que Servier, et c’est heureux. Je n’ai rien non plus contre les médicaments – j’en « bouffe » d’ailleurs quotidiennement en ce moment, du fait d’une cruralgie tenace. Les enjeux de ce scandale vont bien au delà des rapports entre les administrations de l’Etat et les laboratoires privés, c’est une question de santé publique. Pourquoi, par exemple, ceux que l’on appelle les « lanceurs d’alerte » [experts scientifiques qui alertent, justement, les pouvoirs publics sur les dangers potentiels de telle ou telle substance] sont-ils systématiquement réprimés, isolés, dénigrés? »

Gérard Bapt a beau faire preuve de modestie, il a été de tous les combats politiques dès lors qu’il s’agissait de problèmes sanitaires. Le bisphénol A, cette substance soupçonnée de provoquer des perturbations sur le fonctionnement hormonal et que l’on retrouve « aussi bien sur les facturettes de carte bleue que dans les produits alimentaires »? Dans sa commune de Saint-Jean, en Haute-Garonne, il a été le premier maire à interdire les biberons en plastique contenant du bisphénol. Les vaccins contre la grippe A? Il a imposé des contrôles au ministère de la Santé pour vérifier la validité des contrats passés avec les labos. Le Distilbène, ce médicament prescrit aux femmes enceintes dans les années 60 qui provoqua des malformations chez les enfants? Il a participé à de nombreux colloques pour sensibiliser la population. Le vaccin contre l’hépatite B? Il lance: « Moi en tout cas, je ne souhaite pas en bénéficier ». De tous les combats on vous dit…

« Erreur de casting »

Sur le Mediator en tout cas, il ne mâche pas ses mots : « L’Afssaps est une administration qui souffre, à l’évidence, d’un manque de moyens. Mais cela ne l’exonère en rien du manque de vigilance dont elle a fait preuve depuis 10 ans », martèle-t-il. « Dans les délibérations, on ne sait pas qui vote pour qui ni contre quoi. Les informations que j’ai soutirées à l’Afssaps, je les ai obtenues au forceps! » Quant à Jean Marimbert, l’actuel directeur général de l’Afssaps, il a selon Gérard Bapt « agi par ignorance. Mais c’est justement cette ignorance que je lui reproche! Fallait-il vraiment bombarder à ce poste un ancien conseiller d’Etat qui n’avait pas les compétences requises? Moi, j’appelle cela une erreur de casting ».

Et pourtant, quand, au tout début, il s’est penché sur le Médiator, il n’avait « pas anticipé que cela prendrait de telles proportions. J’essaye de bien faire mon boulot. En tant que cardiologue, j’étais évidemment sensibilisé aux conséquences de ce médicament. Mais, vous savez, il faut du temps pour se remettre d’un dossier pareil », confie-t-il en ajoutant qu’il a passé « pas mal de nuits à se réveiller en pensant au Médiator ». Assise à ses côtés durant un déjeuner dans le restaurant de l’Assemblée Nationale ce jour-là, sa femme confirme : « Il est à la fois calme et passionné par ce qu’il fait. Mais quand il s’accroche à un truc, il ne lâche pas. »

Il vaut mieux. Depuis cette affaire, Gérard Bapt est sans cesse questionné. Par des députés qui ont pris du Mediator et qui s’inquiètent. Par des anciens consommateurs qui l’interrogent sur sonblog. Par des associations de patients qui l’alertent, qui sur les dangers des sels d’aluminium, qui sur les antidiabétiques, qui sur les téléphones portables. Gérard Bapt n’a pas fini de batailler pour la santé de ses concitoyens.