Communiqué du Docteur Nicolas BOUVIER et réactionnelles sur l’article du Monde

Soyez nombreux à nous écrire votre ressenti sur cet article du journal le Monde, on rallongera la liste de commentaires dans la mesure où ce ne sera pas justiciable merci.

 

Communiqué du 31 décembre 2017

2018 s’annonce. Je vous souhaite à toutes et à tous une belle et bonne année. J’espère qu’elle sera pour vous, source de joies, de satisfactions et de bonheurs personnels, de moments dont vous garderez, pour toujours, le souvenir heureux.

L’année qui vient de s’écouler fut pour certaines et certains d’entre vous, associée à des déconvenues et des difficultés. Vous avez connu les espérances qui sont devenues des déceptions. Vous avez attendu des instants qui ne sont pas venus. Vous avez éprouvé des sentiments que vous n’auriez pas souhaité connaître.
Je pense donc à vous et je vous comprends. Il faut, quoi qu’il puisse arriver, toujours espérer en l’avenir. C’est dans les lendemains que l’on trouve les chemins secrets de la joie. Il est nécessaire de constamment s’efforcer de les rechercher.

Ce matin, je pense à Jeannette obligée de dormir dans un fauteuil pendant de nombreuses semaines. Les douleurs qu’elle éprouvait, allongée dans son lit, était tellement insupportable depuis qu’elle prenait le Lévothyrox nouvelle formule. Elle n’avait trouvé que ce moyen là. A 78 ans, épuisée de souffrance, elle arrivait à trouver le sommeil dans ce fauteuil qui lui faisait oublier ce mal intolérable qu’elle avait dans la cuisse. Il a disparu 10 jours après que je lui ai fait cessé la prise de ce produit. Jeannette ne souffre plus et a rejoint son fils dans la région lyonnaise. Je suis heureux pour elle.
Je pense aussi à Marie, cette femme de 62 ans, si digne face à ce qui lui arrive. Elle vit sur une terre où les cigales chantent et où les oliviers aux troncs séculaires donnent aux hommes des fruits que le soleil habite. J’ai encore en tête le son de sa voix, les lignes de son mail de détresse. De mai à septembre 2017, elle ressent des effets indésirables sévères et se sent comme : ‘’ empoisonnée ‘’ me dit elle dans son long message très détaillé, suite à la prise de Levothyrox nouvelle formule. Je lis le compte rendu de son scanner du mois de décembre. Il objective plusieurs masses d’allure cancéreuse au niveau du foie et une de même aspect siégeant sur le colon. Je me rappelle de notre conversation téléphonique Marie, de votre courage, de votre dignité face à la maladie que vous n’avez pas demandée et contre laquelle vous allez vous battre. Oui, je vous soutiens Marie. Vous le savez. Je vous l’ai redit encore récemment.

Je sais ce qu’il en est du monde contemporain et de son fonctionnement. Je ne le sais que trop …
Certains veulent que 2018 soit pareil à 2017 et aux années qui précédèrent. Ils désirent un monde fabriqué à force de renoncements à tous les principes, à toutes les règles, à toutes les valeurs, à tout ce qu’il y a de plus fondamental, perdurant et se développant sur les cadavres de ceux qui ne sont rien à leurs yeux, tant il est devenu aisé d’avoir tout, pour une petite nomenklatura de privilégiés. Ce monde qu’il désire est contaminé par la maladie de l’argent facile qui prend les vies, abolit les devoirs, efface les lois.
Afin de satisfaire leur soif pathologique de domination, une seule chose est nécessaire : écraser les libertés et imposer à tous un unique point de vue. Il convient dès lors d’établir une vérité pour toute chose : la leur. L’esprit critique disparait. Le doute ne doit plus exister. Posséder une conscience et une intelligence devient un acte de dissidence.
La souffrance ressentie par les malades ayant consommé le Levothyrox nouvelle formule est donc expliquée par une seule hypothèse. C’est celle qui évite de laisser penser qu’une ou plusieurs substances hautement toxiques, à tropisme notamment neurologique en plus de thyroïdien, se trouve dans les cachets qu’ils ont ingéré. Tout est fait pour que personne n’évoque cette piste et ne réalise des analyses toxicologiques sur les cachets autant que sur les patients qui les ont absorbés.
On nous parle donc de défaut de communication. On pousse l’outrance verbale jusqu’à écrire dans des médias des pseudos articles de presse parlant d’hystérie collective et d’effet nocébo. Quand on se vautre si aisément dans l’indignité verbale, tout devient envisageable dans la manière d’agir pour convaincre ceux à qui l’on s’adresse.

Il n’y a pas plus grande violence faite à une femme que de nier sa douleur et de la repousser dans le mépris, le silence et le déni de sa terrible condition de victime.
Mais, à ce moment de ma réflexion il me vient une question. Elle se répète à mon esprit d’une façon toujours plus obstinée. Sera t il encore possible en 2018, dans un monde où la liberté a trouvé de nouvelle forme, où devient plus forte chaque jour la résistance à l’oppression féroce de l’argent, de continuer à dominer les citoyens par le mensonge et la violence.

J’entends une voix me soutenir pour me dire que non, que cela ne sera pas. Je sens une présence. Cette présence c’est la vôtre.

C’est votre force d’intervention dans le débat public et dans la quête de la vérité qui va tout changer.

Vous êtes le présent autant que l’avenir.

A bientôt

Et bonne année 2018

Docteur Nicolas Bouvier

Témoignage d’Edith

 

« NOUS, malades de la thyroïde, victimes du désastre du LEVOTHYROX, prenons connaissance de l’article du Monde publié en date du 29 décembre 2017 : « Lévothyrox : le temps de la raison »

Nous y découvrons les propos de 5 Professeurs en Endocrinologie.
Quatre sommités dans leur domaine. 5 Sages de la Médecine. Nous ne reprendrons pas leur nom afin de ne pas nuire à leur fin de carrière !
Force est de constater qu’ils ont un énorme problème.

A un certain niveau professionnel et un âge de maturité avancée, l’humain peut s’avérer être fragilisé par des habitudes bousculées, voire même influençable par un environnement professionnel fermé, ayant souvent perdu la curiosité intellectuelle de leur science.

Le 10 octobre, la « haute instance médicale », ce truc qui normalement doit « garantir la sécurité sanitaire et la sécurité des patients », l’ANSM publiait un rapport, basé sur une étude et le décryptage d’un volume de papiers jamais égalé : la pharmaco vigilance. Des milliers de citoyens, ont soudainement ressentis des soi- disant effets indésirables, après avoir ingurgité durant plusieurs semaines un LEVOTHYROX modifié sans prévenir.

Nous compatissons à l’angoisse de ces médecins qui face à ces hordes de malades hystériques, souffreteux, sans pathologie avérée, peuvent effectivement fragiliser des Professeurs de Médecine. Le mal mystérieux qui toucherait 100 000 français les aurait perturbés, voire même déstabilisés dans leur certitude, au point de les obliger à sortir de leur confortable bureau pour calmer le consommateur de médicament. La soudaine frustration de ne plus savoir quelle lettre choisir dans le Vidal pour une énième prescription sur ordonnance afin de calmer tous ces maux et remplir leur obligation de moyen.
Ils auraient pu prescrire des fraises Tagada, mais le mannitol aurait sans aucun doute aggravé leur psychose.

Mais enfin, reconnaissons que ces signalements insignifiants ne relèvent certainement pas d’une légitimité à se plaindre : « Les signalements les plus fréquents (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires, chute de cheveux, troubles digestifs, modifications caractérielles…) sont banals, peu spécifiques, peu évocateurs d’un déséquilibre thyroïdien. Le plus souvent, la TSH [thyréostimuline] est normale. La très grande majorité des sujets inquiets ont pu être rassurés. »
Les malades de la Thyroïde consomment et surtout doivent se taire, pour ne pas troubler la sainte communauté le monde médical.
Quant aux enfants dont les pédiatres ont largement omis les déclarations, mais de quoi se plaignent-ils ?
TOUT EST NORMAL nous disent l’ANSM et les Grands Professeurs!

C’est donc avec surprise, mais avec une certaine inquiétude que nous notons chez ces Grands Professeurs un nouveau phénomène inconnue jusqu’à ce jour et que nous pourrions nommer un effet nocebo émanant des conclusions administratives de l’ANSM sur l’affaire LEVOTHYROX.

Pour mémoire l’effet nocebo est un « ressenti d’effets indésirables, bénins, à une exposition inoffensive ». Le malades de la Thyroïde ont fini par atteindre ces médecins au point qu’ils sont dans l’obligation de lire les commentaires de l’ANSM pour se faire une idée et prendre position sur le sujet.
La parole divine de l’ANSM est souvent impénétrable ….

Il faut raison garder. Ces pauvres Professeurs malmenés dans leur propre spécialité, qui plus est par des patients qui refusent de « consommer » en silence !!! Mais où va le monde.

Oui parce que finalement, faire une réelle recherche biologique sur des comprimés incriminés n’aurait été que du temps perdu puisque tout est écrit par l’ANSM et le Ministère de la santé dans le rapport du 10 octobre. TOUT VA BIEN !

Et puis, imaginez un seul instant que des chercheurs y trouvent quelque chose ? Non … pas du Mannitol, laissons-le aux fraises Tagada, mais quelque chose … Mais ce serait un Tchernobyl administratif !!!!

Allez, les services psychiatriques ont de l’avenir …. Des milliers de citoyens français y auront leur place ! N’est-ce pas Messieurs ?

La confiance ? C’est comme un vase de cristal, lorsqu’il se brise aucune colle ne peut lui redonner son éclat passé.
Vous aurez beau ramer, vous n’aborderez jamais la berge !

PS : nous sommes à la recherche d’associations, si possible reconnues d’utilité publique, afin d’accompagner, de soutenir, et de défendre des Professeurs en Médecine, victime du LEVOTHYROX !

Témoignage de Martine

Le 29 Décembre 2017
Communiqué de presse en réponse à l’article paru dans Le Monde du 29/12/2017 : « Lévothyrox, le
temps de la raison »
Les cinq éminents endocrinologues, auteurs de l’article publié dans le journal Le Monde, ce 29
Décembre 2017, semblent avoir réalisé une découverte scientifique à la hauteur de la drapétomanie
du docteur Samuel Cartwright en 1851.
Ils ont en effet découvert un nouveau syndrome frappant les victimes d’intolérance à la nouvelle
formule du Lévothyrox. Ce syndrome pousserait les victimes, otages d’un monopole
pharmaceutique, à vouloir y échapper. Leur volonté à vouloir recouvrer leur liberté d’accéder au
traitement vital qui leur convenait, semble pour eux pathologique.
La maladie mentale, Messieurs les endocrinologues, qui poussait les esclaves à s’enfuir, parait
toujours d’actualité. Car si l’on peut admettre une autorité, médicale dans notre cas, on ne peut
admettre un asservissement aux volontés d’un laboratoire ou d’une agence du médicament.
Car il y a bien un diktat dans le scandale du Lévothyrox. On affirme dans le même temps « voilà la
nouvelle formule », et « vous n’aurez plus jamais l’ancienne, quelles qu’en soient les conséquences
et vos souffrances.» Nous avons déjà démontré l’écran de fumée que constitue la pseudo
diversification médicamenteuse proposée par Mme Buzyn. Pourquoi cette infantilisation puis cette
stigmatisation de dizaines de milliers de Françaises et de Français ?
On nous objectera qu’il n’y a pas de rapport entre la vision racialiste d’un Cartwright et celle
médico-sociologique de ces endocrinologues, et pourtant c’est bien le même dogme qui sous-tend
l’injustice et le scandale, le dogme des sachants, des puissants, qui se croient en capacité de penser à
la place du reste de l’humanité. Ils imposent par la force, le mépris ou la raillerie, la vision qui
défend leurs intérêts.
Ces éminents endocrinologues illustrent un symptôme fréquent chez les têtes de gondoles des
spécialités médicales, qui est l’effet « Nocelabo », c’est-à-dire que leurs conclusions deviennent
asymptotiques de la droite ligne d’intérêts des laboratoires pharmaceutiques.
Les Cobayes victimes du nouveau Lévothyrox: à la recherche de la confiance perdue

Témoignage Nadine

de Madame, Monsieur,
J’ai lu avec attention cette lettre ouverte qui me choque et dont je me pose beaucoup de questions.
Vous notifiez l’effet « nocibo » ce qui est improbable puisque pendant 4 mois je ne savais pas que les exipients du Levothyrox avaient changé….
Du fait qu’en mars 2017 mon rhumatologue m’avait prescrit du Métrotéxate les médecins et les urgences hospitalières étaient tous d’accord pour les effets de ce nouveau traitement que je prenais. Le rhumathologue m’a demandé de l’arrêter soit début mai 2017.
Les symptômes ont continué et j’ai su que début août que les exipients du Levothyrox avaient changé dont le soi-disant nocebo est un mensonge.
Quant au sujet soulevé sur la TSH mes résultats sanguins en sont la preuve : elle n’a pas arrêté d’augmenter….
Mes symptômes étaient si importants que j’ai été hospitalisée, SOS Médecins sans arrêt et mon état de santé inquiétait tout le monde tellement je souffrais…
C’est début octobre dernier que mon endocrinologue me prescrit les gouttes. Trois semaines après « mon visage était revenu normal » (j’étais méconnaissable) et je pouvais enfin me lever….
J’ai 59 ans et je prends le Levothyrox depuis 20 ans sans aucun symptôme alors que je suis intolérante au lait et asthmatique sévère….
Je souhaiterais sincèrement avoir votre avis et les raisons de cet article qui nous fait « passer » pour des menteuses, fabulatrices etc….
Bien cordialement.

REPONSE à une tribune publiée dans Le Monde (29/12/2017) Christophe Lèguevaques est avocat au barreau de Paris, il est le créateur de la plateforme mysmartcab.fr, spécialisée dans les « class actions ». Dans le dossier Levothyrox, il a initié une action collective contre les laboratoires MERCK pour défaut d’informations, réunissant plusieurs milliers de demandeurs.

Cinq hommes, cinq mandarins, cinq KOL(*) ont pris la plume (à moins qu’une agence de communication financée par le lobby pharmaceutique leur ait prêté les talents d’un quelconque ghostwriter), pour fait part de leur « frustration » et de leur « effarement » devant la crise du Levothyrox, qu’ils n’hésitent pas à présenter comme « invraisemblable ».

Est-il possible de faire part de la déception et de la colère des malades qui souffrent réellement devant tant de morgue, de suffisance et de déni de la réalité ?

Du haut de leur autorité, loin de la réalité ressentie physiquement par les malades, ces professeurs nous présentent leur perception des choses, mais ne démontrent rien. Revêtus des habits de la science, ils en oublient les bases : l’observation et le doute.

Portrait de René DESCARTESPortrait de René DESCARTES

Ils foulent au pied le premier principe énoncé par René Descartes lorsqu’il se propose dans le Discours de la Méthode de  « de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute »Loin des fondements de la méthode scientifique, ces professeurs méprisent le serment d’Hippocrate, qui leur enjoint de « respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions ». Faire preuve d’empathie, de sens de l’écoute et d’humanité ; serait-ce trop demander.

Alors, niant les faits, négligeant les réalités scientifiques et historiques, ils affirment que la crise du Levothyrox serait imputable à un « effet nocebo », à l’emballement des médias et des réseaux sociaux et bien sûr des avocats, qui chercheraient à tirer avantages de la situation.

Choquant par son outrance, un tel propos, tenu par des médecins qui écrivent « nos patients » comme ils pensent probablement « nos autos », « nos carrières » et « nos femmes », ne peut rester sans réponse.

D’ailleurs le premier biais de leur opinion réside dans son sexisme : faut-il rappeler que le traitement du Levothyrox concerne 80 % de femmes qui ne pourraient pas accéder à la raison, seraient facilement manipulables et se laisseraient emporter par leurs sentiments. Curieusement parmi les cinq KOL, on ne dénombre aucune femme pour équilibrer le discours.

Il existe un deuxième angle mort dans cette tribune : si ses auteurs ont bien mentionné l’existence de liens d’intérêts, ils n’apportent guère de précisions. La base de données créée après l’affaire Médiator permet cependant de relever que le Pr Bergman a perçu 62 741 € des différents laboratoires, le Pr Grimaldi 45 488 € et le Pr Young 25 562 €. Encore, ne parlons-nous que des sommes perçues directement par chacun d’eux, et non des sommes reçues par leurs équipes ou par leurs labos.

Depuis le dossier AZF et la mise sous tutelle du CNRS-Poitiers pour une poignée d’euros (TOTAL a interdit au CNRS de publier les résultats d’une recherche établissant de manière certaine les causes de l’accident industriel qui a dévasté Toulouse), on sait bien qu’il est difficile de trouver des scientifiques indépendants et cela présente un grave inconvénient pour nos démocraties, en premier lieu pour les régulateurs qui se trouvent volensnolens capturés par les entreprises qu’ils sont chargés de surveiller.

Carton rouge scientifique

microscope

Mélangeant allégrement science dure et science molle (avec le rideau de fumée d’une expertise « sociologique » pour contrer une expertise toxicologique nécessaire), les professeurs commencent par créer une diversion : il n’est pas possible que les excipients soient à l’origine des effets indésirables constatés.Avec une singulière mauvaise foi, ils reprennent sans le dire, les arguments développés par MERCK : ces excipients se retrouvent dans des « chewing-gum sans sucres » et des « confitures alimentaires » et dans de nombreux médicaments (tels l’Aspro).

Personne ne dit le contraire. Cette assertion n’apporte d’ailleurs aucune preuve scientifique que ces excipients, pris de manière chronique, ne provoquent pas des troubles tout-à-fait réels chez certains patients sensibles

En outre, ils restent silencieux sur de nombreuses questions posées depuis des mois et pour lesquelles aucune réponse satisfaisante n’a pu être obtenue. A titre d’illustration, citons :

  • la nouvelle formule contenant du mannitol comprend-elle ou non du BHT, qui est un perturbateur endocrinien de la thyroïde du rat ayant fait l’objet d’une alerte de l’ANSES ?
  • le mannitol est-il réellement produit en Europe ou ne vient-il pas de l’usine chinoise dans laquelle Merck a investi plus de 350 millions d’euros ?

De la même façon, leur analyse de l’étude de bioéquivalence laisse pantois. Ils osent écrire que « les tests chez les sujets sains ont établi une bioéquivalence analogue ». Alors que cette étude de bioéquivalence souffre d’un triple biais conceptuel qui la prive de toute crédibilité scientifique et de toute réalité métabolique en conditions réelles: il s’agit d’une extrapolation qui rapproche des moyennes ; les critères de sélection et d’exclusion retenus ont faussé l’étude ; et même la SFE (société française d’endocrinologie) a critiqué cette étude, dans un communiqué de presse du 11 septembre 2017, en rappelant que « la forte dose administrée est une dose unique, et ne remplace pas une étude d’administration prolongée à des patients ». En effet, la demi-vie du Levothyrox nécessite une étude dans un temps long pour voir apparaître (ou non) des effets indésirables.

La surprise des malades devient colère quand ils lisent que « les pédiatres semblent unanimement n’observer aucun effet indésirable » sur les enfants. En effet, pour les enfants avant 8 ans, ils ne prennent pas du LEVOTHYROX mais de la L-THYROXINE SERB en gouttes ! Base factuelle erronée, biais dans l’analyse, refus de la réalité, ne serait-il pas temps pour les professeurs sous influence de réviser leurs mornes certitudes ?

Enfin, dans leur présentation du rapport de pharmacovigilance par l’ANSM le 10 octobre 2017, ils omettent de préciser un fait troublant qui a été relevé par l’association « VIVRE SANS THYROÏDE ».

Levothyrox: à la recherche de la confiance perdue
2 JANV. 2018 PAR CLEGUEVAQUES BLOG : LEX IN THE CITY (PARCE QU’UN AVOCAT PEUT AUSSI AVOIR DE L’HUMOUR)
REPONSE à une tribune publiée dans Le Monde (29/12/2017) Christophe Lèguevaques est avocat au barreau de Paris, il est le créateur de la plateforme mysmartcab.fr, spécialisée dans les « class actions ». Dans le dossier Levothyrox, il a initié une action collective contre les laboratoires MERCK pour défaut d’informations, réunissant plusieurs milliers de demandeurs.
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Cinq hommes, cinq mandarins, cinq KOL(*) ont pris la plume (à moins qu’une agence de communication financée par le lobby pharmaceutique leur ait prêté les talents d’un quelconque ghostwriter), pour fait part de leur « frustration » et de leur « effarement » devant la crise du Levothyrox, qu’ils n’hésitent pas à présenter comme « invraisemblable ».

Est-il possible de faire part de la déception et de la colère des malades qui souffrent réellement devant tant de morgue, de suffisance et de déni de la réalité ?

Du haut de leur autorité, loin de la réalité ressentie physiquement par les malades, ces professeurs nous présentent leur perception des choses, mais ne démontrent rien. Revêtus des habits de la science, ils en oublient les bases : l’observation et le doute.

Portrait de René DESCARTES
Portrait de René DESCARTES
Ils foulent au pied le premier principe énoncé par René Descartes lorsqu’il se propose dans le Discours de la Méthode de « de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute »
Loin des fondements de la méthode scientifique, ces professeurs méprisent le serment d’Hippocrate, qui leur enjoint de « respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions ». Faire preuve d’empathie, de sens de l’écoute et d’humanité ; serait-ce trop demander.

Alors, niant les faits, négligeant les réalités scientifiques et historiques, ils affirment que la crise du Levothyrox serait imputable à un « effet nocebo », à l’emballement des médias et des réseaux sociaux et bien sûr des avocats, qui chercheraient à tirer avantages de la situation.

Choquant par son outrance, un tel propos, tenu par des médecins qui écrivent « nos patients » comme ils pensent probablement « nos autos », « nos carrières » et « nos femmes », ne peut rester sans réponse.

D’ailleurs le premier biais de leur opinion réside dans son sexisme : faut-il rappeler que le traitement du Levothyrox concerne 80 % de femmes qui ne pourraient pas accéder à la raison, seraient facilement manipulables et se laisseraient emporter par leurs sentiments. Curieusement parmi les cinq KOL, on ne dénombre aucune femme pour équilibrer le discours.

Il existe un deuxième angle mort dans cette tribune : si ses auteurs ont bien mentionné l’existence de liens d’intérêts, ils n’apportent guère de précisions. La base de données créée après l’affaire Médiator permet cependant de relever que le Pr Bergman a perçu 62 741 € des différents laboratoires, le Pr Grimaldi 45 488 € et le Pr Young 25 562 €. Encore, ne parlons-nous que des sommes perçues directement par chacun d’eux, et non des sommes reçues par leurs équipes ou par leurs labos.

Depuis le dossier AZF et la mise sous tutelle du CNRS-Poitiers pour une poignée d’euros (TOTAL a interdit au CNRS de publier les résultats d’une recherche établissant de manière certaine les causes de l’accident industriel qui a dévasté Toulouse), on sait bien qu’il est difficile de trouver des scientifiques indépendants et cela présente un grave inconvénient pour nos démocraties, en premier lieu pour les régulateurs qui se trouvent volens nolens capturés par les entreprises qu’ils sont chargés de surveiller.

Carton rouge scientifique

microscopeMélangeant allégrement science dure et science molle (avec le rideau de fumée d’une expertise « sociologique » pour contrer une expertise toxicologique nécessaire), les professeurs commencent par créer une diversion : il n’est pas possible que les excipients soient à l’origine des effets indésirables constatés.
Avec une singulière mauvaise foi, ils reprennent sans le dire, les arguments développés par MERCK : ces excipients se retrouvent dans des « chewing-gum sans sucres » et des « confitures alimentaires » et dans de nombreux médicaments (tels l’Aspro).

Personne ne dit le contraire. Cette assertion n’apporte d’ailleurs aucune preuve scientifique que ces excipients, pris de manière chronique, ne provoquent pas des troubles tout-à-fait réels chez certains patients sensibles

En outre, ils restent silencieux sur de nombreuses questions posées depuis des mois et pour lesquelles aucune réponse satisfaisante n’a pu être obtenue. A titre d’illustration, citons :

la nouvelle formule contenant du mannitol comprend-elle ou non du BHT, qui est un perturbateur endocrinien de la thyroïde du rat ayant fait l’objet d’une alerte de l’ANSES ?
le mannitol est-il réellement produit en Europe ou ne vient-il pas de l’usine chinoise dans laquelle Merck a investi plus de 350 millions d’euros ?
De la même façon, leur analyse de l’étude de bioéquivalence laisse pantois. Ils osent écrire que « les tests chez les sujets sains ont établi une bioéquivalence analogue ». Alors que cette étude de bioéquivalence souffre d’un triple biais conceptuel qui la prive de toute crédibilité scientifique et de toute réalité métabolique en conditions réelles: il s’agit d’une extrapolation qui rapproche des moyennes ; les critères de sélection et d’exclusion retenus ont faussé l’étude ; et même la SFE (société française d’endocrinologie) a critiqué cette étude, dans un communiqué de presse du 11 septembre 2017, en rappelant que « la forte dose administrée est une dose unique, et ne remplace pas une étude d’administration prolongée à des patients ». En effet, la demi-vie du Levothyrox nécessite une étude dans un temps long pour voir apparaître (ou non) des effets indésirables.

La surprise des malades devient colère quand ils lisent que « les pédiatres semblent unanimement n’observer aucun effet indésirable » sur les enfants. En effet, pour les enfants avant 8 ans, ils ne prennent pas du LEVOTHYROX mais de la L-THYROXINE SERB en gouttes ! Base factuelle erronée, biais dans l’analyse, refus de la réalité, ne serait-il pas temps pour les professeurs sous influence de réviser leurs mornes certitudes ?

Enfin, dans leur présentation du rapport de pharmacovigilance par l’ANSM le 10 octobre 2017, ils omettent de préciser un fait troublant qui a été relevé par l’association VIVRE SANS THYROIDE : 44 % des effets indésirables constatés ne sont pas imputables à un déséquilibre thyroïdien. Voilà qui devrait titiller l’intérêt de tout scientifique indépendant : pourquoi la réalité nous échappe-t-elle ? Pourquoi n’est-elle pas conforme à la théorie ? N’est-il pas temps de réviser notre copie ?

Comme ils n’ont pas d’explications satisfaisantes à proposer, ils misent tout sur l’effet nocebo, sans prendre en compte le facteur temporel : avant la révélation médiatique (août 2017), nombreux sont les malades qui signalent les effets indésirables dès le mois d’avril-mai 2017. Et l’angoisse est généré par le silence de Merck et de l’ANSM en juin-juillet et par la méconnaissance du lien entre les effets constatés la prise d’un médicament vital pour eux.

Méthode scientifique
Méthode scientifique
Ce manque de rigueur scientifique est tout bonnement stupéfiant et accablant.

Mais sur ce sujet et tant d’autres, ces professeurs, dinosaures de la pensée critique, ne répondent rien et ne cherchent même pas. Tout comme la ministre de la santé, ils se contentent de prendre les malades à partie et de leur reprocher de dire ce qu’ils ressentent, de vivre dans la réalité et non ‘en théorie’.

Tant que la ministre, l’ANSM et les mandarins seront les porte-voix des laboratoires ou les agents d’influence de ces derniers, la confiance des citoyens dans le système de santé restera gravement altérée. Seule une décision politique, une affirmation jupitérienne d’autonomie par rapport aux laboratoires financeurs d’équipe médicale ou de campagne électorale, pourra commencer à rétablir la confiance perdue.

En attendant ce retour à une politique de santé publique qui ne soit pas dictée par des impératifs comptables ou de rentabilité actionnariale, les malades se sont tournés vers la justice pour obtenir une expertise toxicologique du Levothyrox. Espérons que le juge sera en mesure de trouver un scientifique indépendant pour mener à bien cette étude, premier pas vers la transparence attendue et donc vers un retour souhaitable de la confiance.

=====

(*) « Il faut chouchouter ces « leaders d’opinion car ils soufflent quasiment le texte des ordonnances de leurs confrères libéraux. (…) les plus puissants d’entre eux, orateurs dans des congrès internationaux, présidents de sociétés savantes transnationales, auteurs de dizaines d’articles dans les prestigieuses revues scientifiques anglo-saxonnes, se voient coller l’étiquette de KOL « key opinion leader », c’est-à-dire littéralement « leader d’opinion clef ». Eux ne font pas l’opinion mais tout simplement la pluie et le beau temps en orientant les prescriptions de leurs pairs » (Dr Bernard Dalbergue, Omerta dans les labos pharmaceutiques, Flammarion, 2014)

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RE SANS THYROIDE  : 44 % des effets indésirables constatés ne sont pas imputables à un déséquilibre thyroïdien. Voilà qui devrait titiller l’intérêt de tout scientifique indépendant : pourquoi la réalité nous échappe-t-elle ? Pourquoi n’est-elle pas conforme à la théorie ? N’est-il pas temps de réviser notre copie ?

Comme ils n’ont pas d’explications satisfaisantes à proposer, ils misent tout sur l’effet nocebo, sans prendre en compte le facteur temporel : avant la révélation médiatique (août 2017), nombreux sont les malades qui signalent les effets indésirables dès le mois d’avril-mai 2017. Et l’angoisse est généré par le silence de Merck et de l’ANSM en juin-juillet et par la méconnaissance du lien entre les effets constatés la prise d’un médicament vital pour eux.

Méthode scientifiqueMéthode scientifique

Ce manque de rigueur scientifique est tout bonnement stupéfiant et accablant.

Mais sur ce sujet et tant d’autres, ces professeurs, dinosaures de la pensée critique, ne répondent rien et ne cherchent même pas. Tout comme la ministre de la santé, ils se contentent de prendre les malades à partie et de leur reprocher de dire ce qu’ils ressentent, de vivre dans la réalité et non ‘en théorie’.

Tant que la ministre, l’ANSM et les mandarins seront les porte-voix des laboratoires ou les agents d’influence de ces derniers, la confiance des citoyens dans le système de santé restera gravement altérée. Seule une décision politique, une affirmation jupitérienne d’autonomie par rapport aux laboratoires financeurs d’équipe médicale ou de campagne électorale, pourra commencer à rétablir la confiance perdue.

En attendant ce retour à une politique de santé publique qui ne soit pas dictée par des impératifs comptables ou de rentabilité actionnariale, les malades se sont tournés vers la justice pour obtenir une expertise toxicologique du Levothyrox. Espérons que le juge sera en mesure de trouver un scientifique indépendant pour mener à bien cette étude, premier pas vers la transparence attendue et donc vers un retour souhaitable de la confiance.

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(*) « Il faut chouchouter ces « leaders d’opinion car ils soufflent quasiment le texte des ordonnances de leurs confrères libéraux. (…) les plus puissants d’entre eux, orateurs dans des congrès internationaux, présidents de sociétés savantes transnationales, auteurs de dizaines d’articles dans les prestigieuses revues scientifiques anglo-saxonnes, se voient coller l’étiquette de KOL « key opinion leader », c’est-à-dire littéralement « leader d’opinion clef ». Eux ne font pas l’opinion mais tout simplement la pluie et le beau temps en orientant les prescriptions de leurs pairs » (Dr Bernard Dalbergue, Omerta dans les labos pharmaceutiques, Flammarion, 2014)

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Témoignage de Solange

Je suis consternée par cette analyse plus que réductrice de la situation. Je la trouve  peu scientifique.

 

Un scientifique se doit d’observer et non d’affirmer sur la base de certitudes.

 

La médecine n’est pas une science exacte et de nombreux médecins reconnaissent qu’ils sont souvent démunis face à des réactions inattendues lors de traitements .

 

Il m’est absolument impossible de mâcher des chewing-gums sans sucre ou de prendre du citrate de bétaïne ( vomissements et diarrhées).

 

Maintenant grace à cet article je peux faire la relation avec mes problèmes dus au nouveau Levothyrox.

 

Cet article est réducteur dans le sens où il n’aborde que l’hypothèse du dérèglement thyroïdien.

 

Et si c’était tout bonnement une réaction allergique ou une hypersensibilité aux excipients, ou à la combinaison de ces excipients, ou ….?

 

De nombreuses pistes sont à explorer mais l’effet « nocebo » par pitié arrêtez ! Ou nous allons finir par l’avoir vis à vis de ce genre de médecins.

 

Solange