– Communiqué de presse – Paris, le 12 octobre 2010 La politique d’assurance maladie contre les malades

Pourtant, comme le montre le sondage réalisé pour le CISS par l’institut Viavoice1 :
 Les Français pensent que les priorités de la réforme du système de santé doivent être :
– en premier lieu de maintenir un bon niveau de remboursement par l’Assurance maladie,
– puis de permettre une meilleure répartition des professionnels de santé sur l’ensemble du
territoire,
– et d’améliorer l’égalité d’accès aux soins.
 Surtout, ils sont 74% à affirmer que l’Etat doit prendre toutes les mesures nécessaires pour
que la Sécurité sociale rembourse le plus possible les dépenses de santé des Français,
contre seulement 20% qui pensent que les Français doivent prendre davantage à leur charge les
dépenses de santé compte tenu du déficit de la Sécurité sociale.
Malgré ces constats répétés, le PLFSS 2011 se situe donc dans la droite ligne de ceux qui depuis
plusieurs années réduisent le montant de la prise en charge par l’Assurance maladie et font le lit des
reports et renoncements aux soins auxquels déclarent avoir déjà été confrontés 36% des
Français ces dernières années (41% chez les femmes, 49% parmi les 25-34 ans, 44% des
personnes en ALD et 51% des bénéficiaires de la CMU).
Dans le détail, les chiffres sont tout aussi significatifs :
 les renoncements aux soins sont déclarés par 26% des Français (38% chez les bénéficiaires
de la CMU, 36% parmi les personnes dont les revenus du foyer sont inférieurs à 1.500 € nets/mois,
33% pour les personnes atteintes d’une affection longue durée, 32% c 25-34 ans) ;
 et les reports de soins sont déclarés par 30% des Français (42% chez les bénéficiaires de la
CMU, 38% parmi les personnes dont les revenus du foyer sont inférieurs à 1.500 € nets/mois, 37%
pour les personnes atteintes d’une affection longue durée, 40% dans la tranche d’âge 25-34 ans).
En outre, pour financer le remboursement de la dette sociale, le PLFSS pour 2011 choisit de taxer les
complémentaires santé qui vont répercuter cette taxe sur ceux qui peuvent encore se les offrir malgré
l’augmentation constante de leur prix au fil des transferts de charges de l’Assurance maladie vers les
mutuelles et les assurances.
Ces transferts de charges sont ressentis par :
 73% des Français comme un accroissement des inégalités de santé,
 54% des Français à la première étape de la privatisation du système de santé (63% dans la
tranche d’âge des 35-49 ans et 62% pour les 25-34 ans) ;
1 Interviews effectuées du 30 septembre au 1er octobre 2010, par téléphone, auprès d’un échantillon de 1.004 personnes
représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
ADMDEt l’augmentation des cotisations des mutuelles et des assurances qu’induisent ces transferts de
charges pourrait pousser les Français qui en disposent :
 à la résilier pour 35% d’entre eux (48% chez les 25-34 ans, 42% parmi les personnes dont les
revenus du foyer sont inférieurs à 1.500 € nets/mois) ;
 à baisser de gamme en prenant un contrat moins cher mais offrant une couverture plus
limitée pour 43% d’entre eux (56% chez les 35-49 ans, 48% parmi les personnes dont les
revenus du foyer sont inférieurs à 1.500 € nets/mois).
Le CISS déplore l’absence de courage politique qui mène à la déstabilisation de l’Assurance
maladie solidaire et universelle au profit d’une logique assurantielle.
Plus que jamais il réclame un débat public de grande ampleur sur les choix de financements du
système de santé français qui à un an de l’échéance présidentielle doit figurer dans l’agenda
politique si l’on veut sauver notre assurance maladie solidaire et universelle.
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Marc Paris – Responsable communication – Tél. : 01 40 56 94 42 / 06 18 13 66 95