L’enquête épidémiologique en Corse nous donne raison

Cari amichi,Je vous fais un petit point sur les résultats de l’enquête épidémiologique sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en Corse, qui nous ont été hier après midi.

Ce rapport est très important à plus d’un titre :

– la méthode employée est inédite et irréprochable en ce sens qu’elle s’appuie, non pas sur des données PMSI par exemple, mais sur des dossiers médicaux très précis, qui ont pu être corroborée par des examens de confirmation de diagnostic.
Nous disposions en effet de tous les dossiers médicaux (base de 14.000 dossiers) du seul endocrinologue basé en Haute Corse à l’époque des faits. Et cette base de données a été très précieuse pour renforcer les témoignages obtenus suite à l’appel aux habitants (plus de 1000 réponses).

– pour gommer le reproche souvent usité en épidémiologie de « puissance statistique » insuffisante du fait de la faible population, cette enquête s’appuie également sur une enquête parallèle faite à l’échelle de l’Union Européenne (100M d’habitants) et l’on peut constater que les tendances constatés à cette échelle sont les mêmes que les tendances constatées à l’échelle de la Corse.

– tous les « facteurs de confusion » ont été gommés. C’est à dire qu’il a été préalablement chiffrée par exemple l’incidence de l’amélioration du diagnostic qui nous a souvent été opposée.

– Une fois tous ces « facteurs de confusion » écartés, l’enquête établie très clairement une corrélation indiscutable entre la contamination radioactive du nuage de Tchernobyl et l’augmentation des pathologies thyroïdiennes en Corse.
Ce constat est surtout très explicite chez les hommes, habituellement moins touchés par ces problèmes.
Chez les femmes, déjà affectée par des problèmes hormonaux notamment, l’incidence est plus difficile a affirmer sur un plan statistique pour certaines pathologies, mais elle est néanmoins fortement supposée.
Chez les enfants, la faible population ne permet pas d’affirmer une « puissance statistique » mais néanmoins l’enquête révèle aussi une augmentation indiscutable notamment concernant les leucémies.

– Chez l’adulte comme chez l’enfant, on constate une forte augmentation des pathologies thyroïdiennes et des cancers.

Voici les principaux résultats relevés :
Chez les hommes :
Thyroïdies : + 78,28% d’augmentation due au seul nuage de Tchernobyl
Nodules bénins : + 64,51%
Hyperthyroïdies : + 103,21%
Cancers : + 28,29%
Chez les femmes :
Thyroïdies : + 55,33%
Pour le reste des affections : on part comme je l’ai dit sur des taux très élevés où il n’est pas possible (sur un plan statistique) de démontrer un effet significatif de l’impact du nuage.
Chez l’enfant :
Thyroïdies : + 62,5%
Nodules bénins : + 11,4%
Idem que chez la femme pour les autres affections.

À noter que c’est la première fois que l’on démontre une corrélation entre une pollution et des Hyperthyroïdies.

On va me donner la clé USB du rapport d’enquête (500 pages). Je vous le transmettrais donc dès que possible.
Dès que j’ai le rapport de synthèse (j’espère demain), je vous l’envoie .

En attendant, je vous joins pour info l’intervention que j’ai faite en séance après la présentation du rapport et deux images de cette présentation.
Nous aurons l’occasion de nous revoir très bientôt. Pour ma part et pour celle de mon groupe à l’Assemblée de Corse, nous entendons bien donner une suite politique à cette affaire. Désormais une nouvelle étape dans notre combat commun commence. Vous n’êtes pas seuls, nous sommes à vos côtés vous le savez. Courage à vous dans votre action collective et dans votre quotidien difficile face à la maladie.
Amicizia Fabiana

JOURNAL LE MONDE CE MATIN

Forte augmentation des maladies thyroïdiennes en Corse après l’accident de Tchernobyl
Le Monde.fr avec AFP | 04.07.2013 à 22h55

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La catastrophe nucléaire de Tchernobyl en avril 1986 a provoqué une forte augmentation des maladies thyroïdiennes, dont des cancers, en Corse, l’une des régions françaises les plus exposées au nuage radioactif, selon une enquête indépendante italienne présentée jeudi 4 juillet à Ajaccio.
Selon le document, qui ne fournit pas de chiffre significatif chez les femmes, le nombre de cancers de la thyroïde y a augmenté de 28,29 % chez les hommes après le passage du nuage radioactif. L’augmentation du pourcentage de thyroïdites a été de 55,33 % chez les femmes et de 78,28 % chez les hommes.

Concernant les enfants, selon l’enquête, « le risque de thyroïdite chez les moins de 18 ans vivant en Corse et exposés au nuage de Tchernobyl est augmenté de 62,5 % par rapport aux enfants n’ayant pas été exposés ».

14 000 DOSSIERS MÉDICAUX

Réalisée par le groupement Ospedali Galliera, à Gênes, cette « Enquête épidémiologique rétroactive concernant les conséquences du nuage de Tchernobyl sur les populations de Corse » a été remise à la Collectivité territoriale de Corse (CTC), qui l’avait commandée.

L’équipe de vingt-cinq chercheurs, dirigée par le Pr Paolo Cremonesi, de l’hôpital Galliera, avait emporté l’appel d’offres européen lancé en 2011 par la CTC. Inédite au plan européen, selon ses auteurs, l’étude a été effectuée sur la base de 14 000 dossiers médicaux archivés et plus particulièrement sur 5 500 dossiers « complets » concernant des patients ayant consulté avant et après l’accident de la centrale nucléaire ukrainienne du 26 avril 1986.

« MENSONGE D’ÉTAT »

Alors que les autorités françaises avaient nié tout effet du passage du nuage radioactif sur la France en 1986, cette enquête va notamment permettre à des associations de patients de demander réparation en justice, a indiqué la présidente de la commission Tchernobyl de l’Assemblée de Corse, Josette Risterucci.

Mme Risterucci a souhaité que d’autres régions puissent s’inspirer du travail des chercheurs italiens pour dénoncer le « mensonge d’Etat » qui avait suivi en France la catastrophe et obtenir réparation.