Médicament pour la thyroïde: lancement d’un numéro vert pour rassurer

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Le numéro vert — 0.800.97.16.53 — est accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures

L’Agence du médicament a activé mercredi un numéro vert «pour répondre aux inquiétudes des patients» face à la nouvelle formule du Lévothyrox, médicament indispensable pour traiter des pathologies thyroïdiennes, alors que circule une pétition signée par plus de 83.000 malades mécontents. Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde.

Le numéro vert — 0.800.97.16.53 — est accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures. Il s’agit d’informer au mieux les patients, précise-t-on mercredi à l’Agence du médicament ANSM où l’on remarque que des patients «bien équilibrés» avec la nouvelle formule, disponible depuis fin mars, se posent des questions.

Crampes, maux de tête, des milliers de patients se plaignent ainsi d’effets secondaires «graves» de la nouvelle formule du médicament du laboratoire Merck Serono (groupe Merck KGaA), d’après la pétition qui réclame le retour à l’ancienne formule.

Le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) mais porte sur des substances, appelées «excipients», qui lui sont associées, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol. Ces modifications visent à garantir une teneur en substance active plus constante, d’après l’ANSM. Et, selon elle, il n’y aura pas de retour à l’ancienne formule.

Chantal L’Hoir, présidente de l’association française des malades de la thyroïde (AFMT), raconte qu’elle a pris la nouvelle formule de Lévothyrox, mais qu’elle a dû changer de médicament en optant pour des gouttes, car elle souffrait de «fatigue, de crampes, de vertiges» et n’osait même plus conduire.

L’AFMT a relayé sur son site la pétition, dont elle n’est pas initiatrice, selon sa présidente. L’AFMT qui a près de 20 ans d’existence «n’a jamais connu une telle situation d’appels à l’aide et de désespoirs» lit-on sur son site. Elle y qualifie la nouvelle formule de «nouvelle imposture, tout en évoquant, entre autres, des malaises cardiaques et perte de cheveux dont elle serait responsable.

De son côté, Merck a dit »prend(re) en compte l’inquiétude suscitée chez certains patients par le changement de formule du Lévothyrox«. Le laboratoire »suit quotidiennement et étudie attentivement les témoignages de patients signalant des symptômes«, en collaboration avec l’ANSM, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Merck a assuré que »pour la très grande majorité des 3 millions de patients traités par Lévothyrox, la transition entre l’ancienne et la nouvelle formule s’est bien effectuée«. »A ce jour, quelques centaines de cas« d’effets pouvant affecter la vie quotidienne des patients ont été rapportés, a ajouté le laboratoire. Merck y a relevé »des symptômes rapportés identiques à ceux de l’ancienne formule« et pouvant »évoquer des signes d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie«.

Dans ce contexte, Merck a souligné qu’il est »important que chaque patient dans cette situation se rapproche de son médecin afin de mettre en place un suivi approprié et n’arrête pas son traitement sans avis médical«. Le laboratoire a rappelé d’autre part qu’il a »informé plus de 100.000 professionnels de santé sur la période février-mars 2017« au moment de la transition vers la nouvelle formule du médicament.

Par Le Courrier Picard |