Levothyrox : des Alsaciens vont se procurer l’ancien médicament en Allemagne

Par Romane PorconFrance Bleu AlsaceFrance Bleu Elsass et France BleuMardi 12 septembre 2017 à 20:28

En Allemagne, l'ancienne version du médicament est toujours en vente
En Allemagne, l’ancienne version du médicament est toujours en vente © Maxppp –

Les malades de la thyroïde dénoncent une « urgence sanitaire », six mois après la généralisation d’une nouvelle formule de leur traitement, le Levothyrox. En Alsace, certains malades ne supportent plus les effets secondaires et se rendent en Allemagne pour se procurer l’ancienne version du médicament.

En France, 3 millions de patients prennent du Levothyrox. Ce médicament remplace la thyroïde, glande située dans la base du cou, qui fabrique et gère nos hormones. Sauf que la nouvelle formule imposée aux patients provoquerait de nombreux effets indésirables. En Alsace, certains patients excédés, préfèrent acheter l’ancienne version du médicament en Allemagne.

Vertiges, crampes, maux de tête, perte de cheveux

Monique a compté, elle a treize effets secondaires depuis qu’elle prend la nouvelle formule : vertiges, crampes, maux de tête, perte de cheveux. Cette Mulhousienne a décidé d’aller en Allemagne se procurer l’ancien médicament : « Je n’ai plus du tout de thyroïde donc je suis obligée de prendre le médicament mais il me rend malade. Mon médecin m’a fait une ordonnance et mon fils a été en Allemagne acheter l’ancienne version. Il n’est pas remboursé pour les trois mois de traitement on a payé 28 euros. Mon médecin m’a dit certains vont jusqu’en Espagne pour en chercher. On aurait été prêts à aller encore plus loin s’il fallait. » Désormais elle se rendra avec son fils tous les trois mois en Allemagne pour faire des stocks tant que le médicament est encore en vente.

J’ai vingt ans et j’ai l’impression d’en avoir 80 – Julie, qui prend la nouvelle version depuis 4 mois.

Pour Julie une étudiante de 21 ans, traitée au Levothyrox depuis quatre ans, le changement a été radical avec la nouvelle version du médicament. Le premier mois la fatigue s’est installée puis d’autres effets secondaires ont fait leur apparition : « Je perds à nouveau mes cheveux. Je fais des malaises, je dors quinze heures par jour. J’ai vingt ans et j’ai l’impression d’en avoir 80. J’ai mal dans les articulations et j’ai des crampes dans les mollets qui me tirent. » Julie n’espère qu’une chose que l’ancienne version du médicament soit remise sur le marché mais là encore elle se sent impuissante : « Tout ceux qui ne supportent pas la nouvelle version il n’y a pas trop le choix. C’est ça ou on finit à l’hôpital ou on risque de mourir. »

On est un peu des esclaves des labos et de la décision de la ministre -Julie

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, appelle les 3 millions de malades français à la patience. Selon elle, les effets secondaires « s’estompent quand on arrive à bien doser le traitement« . Un avis que ne partage pas l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) : elle va porter plainte contre les autorités sanitaires et le laboratoire Merck Serono. Les conclusions de l’enquête de pharmacovigilance seront publiées en octobre. Si le ministère de la santé ne prend pas de décision dans les prochains mois, Julie pense elle aussi aller en Allemagne se faire un stock de l’ancienne formule du médicament.

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