Levothyrox : le «ras le bol» du directeur d’un centre de pharmacovigilance

Il n’y a pas que lui……

Florence Méréo
29 janvier 2018, 18h35 | MAJ : 29 janvier 2018, 18h50

«Avec l’ancienne formule, il n’y avait pas de problème. Aujourd’hui, ça n’arrête pas», constate ce responsable d’un centre de pharmacovigilance.

Son équipe, chargée de recueillir les déclarations sur les effets inattendus des médicaments, est sous l’eau depuis l’introduction de la nouvelle formule.

Des journées à rallonge, des équipes sous tension. «Le Levothyrox va nous faire imploser». Droit de réserve oblige, il restera anonyme. Mais ce docteur responsable d’un centre régional de pharmacovigilance – chargé de recueillir les déclarations sur les effets inattendus des médicaments – nous confie son ras-le-bol.

« Au milieu, il y a nous, les fusibles»

«Avec l’ancienne formule, il n’y avait pas de problème. Aujourd’hui, ça n’arrête pas», constate-t-il. Faut-il comprendre qu’il incrimine la nouvelle version du médicament de la thyroïde ? «Non, je ne m’avancerai pas là-dessus mais il se passe quelque chose. C’est incroyable d’entendre des professionnels dire circulez y’a rien à voir, comme c’est effarant de suggérer qu’on empoisonne des patients ! Les procédures laissant penser qu’il y aura des indemnisations font aussi augmenter le nombre de signalements. On est dans une crise de dialogue hors norme. Au milieu, il y a nous, les fusibles», reprend-il.

Sa crainte, lui dont l’activité a plus que doublé sans aucun renfort : «passer à côté de signaux sur d’autres médicaments. On perd un temps fou sur la saisie, au détriment d’autres choses.»

Et si les victimes étaient des hommes ?

Et au professionnel de pointer, alors que 85% des 2.8 millions d’utilisateurs du Levothyrox, sont… des utilisatrices : «les femmes sont plus facilement taxées d’être hypocondriaques que les hommes». Avec une question en arrière-fond : si des dizaines de milliers d’hommes s’étaient plaints d’un de leur médicament, «aurait-on réagi ainsi, aurait-on parlé de sensibilité ?»

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