Le médecin Gérard Bapt à Reims pour rencontrer le collectif des victimes du Levothyrox

 

 

Santé – Sciences

Jeudi 15 mars 2018 à 12:03Par Sophie ConstanzerFrance Bleu Champagne-Ardenne

Une nouvelle réunion est organisée ce jeudi à Reims par le collectif des victimes du Levothyrox Grand Est-Reims. Un médecin toulousain fait le déplacement pour répondre aux questions que se posent les malades, et il dénonce un « scandale sanitaire ».

On estime à 500 000 le nombre de patients français qui ont abandonné la nouvelle formule.
On estime à 500 000 le nombre de patients français qui ont abandonné la nouvelle formule. © Radio France – Maxime Fayolle

Reims, France

Le collectif des victimes du Levothyrox Grand Est-Reims rassemble aujourd’hui 500 malades de la thyroïde qui ont subi les effets secondaires de la nouvelle formule du médicament lancée en mars l’an dernier, et il organise une nouvelle réunion d’information ce jeudi à Reims. Le Docteur Gérard Bapt, médecin à Toulouse, fait le déplacement. Pour répondre aux questions des victimes -essentiellement des femmes-, leur laisser la parole. Car « ces patientes ont beaucoup besoin d’échanger entre elles, d’écoute, et de sentir enfin écoutées », explique Gérard Bapt.

Il regrette le « silence » du monde médical, et que les patientes ne sont bien souvent pas prises au sérieux. Gérard Bapt rappelle que les symptômes, et donc les effets indésirables, sont très divers, mais il y a d’autres explications : « ça part des maux de tête aux crampes en passant par les troubles digestifs, des malaises, la fatigue, une tendance dépressive, et d’autre part les institutions, l’agence du médicament, y compris le ministère de la santé ont tendance à minimiser les faits… ».  

A partir de maintenant je parle d’un scandale sanitaire — Gérard Bapt

C’est dans le département de la Haute-Garonne, qu’une décision de justice favorable à des patients a été rendue par le tribunal de grande instance de Toulouse en novembre dernier. La seule de ce type en France.« La première décision a été très symbolique, le juge s’est déplacé dans une pharmacie, a constaté qu’il n’y avait pas d’autre produit que celui qui faisait souffrir ces patients et a donc condamné le laboratoire dans 25 cas à fournir l’ancienne formule… ceci dit aujourd’hui ce genre de jugement ne serait plus possible parce qu’un certain nombre d’autres spécialités sont arrivées dans les officines », souligne Gérard Bapt. Dans la région, le collectif des victimes du Levothyrox Grand Est-Reims envisagent également une action en justice.

Et si en Haute-Garonne où Gérard Bapt exerce, des patients se sont tournés vers l’Espagne pour trouver l’ancienne formule du médicament, des malades se tournent ici vers la Belgique. Mais jusqu’à quand ? « Le problème aujourd’hui c’est que Merck semble hésiter à étendre le passage à la nouvelle formule dans toute l’Union européenne, il a reculé la date qu’il avait choisi en Suisse… et je pense qu’il fait les comptes des pertes de marché qu’il subit car j’estime à environ un tiers des patients qui prenaient l’ancienne formule du Levothyrox, qui aujourd’hui se sont tournés vers un autre produit sur le marché ou vers l’étranger…« , répond Gérard Bapt.