Un gigantesque fiasco

Chère lectrice,
Cher lecteur,Il y a du nouveau dans l’affaire du Levothyrox.Il y a quelques mois, les autorités françaises nous vendaient comme cobayes au laboratoire Merck.Aujourd’hui, j’ai découvert pourquoi Merck avait besoin de cobayes comme nous. Je vais vous expliquer, mais d’abord, voici un petit rappel des faits :

Un gigantesque fiasco

À l’époque, on savait seulement que les autorités françaises avaient autorisé le labo Merck à expérimenter sans précaution sa nouvelle formule du Lévothyrox sur 3 millions de Français.

Et ce qui devait arriver, arriva :

« Depuis le changement de formule je ne contrôle plus mon corps. Palpitations à tout va, maux de tête, prise de poids fulgurante alors que je fais très attention à ce que je mange, fatigue extrême, dû mal à trouver mes mots perte de cheveux plus importante. Je veux retrouver l’ancienne formule ou j’arrête le levothyrox ce n’est pas une vie. »  Jessica (pas de lieu communiqué)

« Effets secondaires : insomnies, fatigue,perte de la libido, digestion difficile ,prise de poids… »  Nicole – Clapiers

« Je me sens très fatiguée, mes jambes tremblent, je dors très mal, beaucoup de transpiration (ce que j’ignorais avant) perte de cheveux, maux de tête… »  Marie-José – Paris

« Ce n est pas normal. Effet secondaire grave. Je suis en plus infirmière »  Murielle – Ronchin

« Je suis très inquiète car depuis la prise du nouveau lévothyrox je ressens en permanence une très grande fatigue pas de force, état dépressif comme au moment où l’on m’a détecté une hypothyroidie, au point de faire un malaise car n’ayant plus de force »  Danièle – St Jeoire en Faucigny

« Les laboratoires nous prennent en otages tout cela pour une question de pognon » Christiane – Wingles

« Effets secondaires, vertige. grosse fatigue, chute de cheveux, importante insomnie »  Monique – Montpellier

« Je prends du levothyrox depuis 13 ans, mes résultats ont toujours été extrêmement stables ! J’entame mon second mois avec la nouvelle formule. J’ai eu des maux de tête en continu, des nausées et des problèmes digestifs pendant 1 semaine. Je souhaite retrouver l’ancienne formule. Je prends ce médicament pour compenser une ablation d’un lobe. J’espère que ce nouveau médoc ne va pas me déréglé le lobe qu’il me reste…. »  Carole – Montesson

« Depuis cette nouvelle formule,je dors très mal (je me réveille toutes les deux heures et à partir de 6 h le matin, je ne peux me rendormir) ce qui entraine une grosse fatigue »  Maryse – Aubaine

« Mon taux de TSH est passé en deux mois de 0.47 à 5.07 ! C’est comme si le lévothyrox 150 que je prends depuis 20 ans ne contenait plus de lévothyroxine ! Qu’on ne nous dise pas que le dosage n’a pas changé et qu’il est stable ! »  Alice – Domfront en Poiraie

etc, etc.

Dans un premier temps, la ministre Agnès Buzyn restait sourde aux plaintes des patients. Ils nous expliquaient que c’étaient des malades imaginaires !

Mais face à l’afflux de plaintes et à notre pétition (206 338 signatures), les autorités ont fait machine-arrière – notamment en réapprovisionnant les pharmacies en Levothyrox ancienne formule pendant quelques mois

Les malfaiteurs courent toujours

Dans cette affaire, il est clair que les Français étaient utilisés comme cobayes pour Big Pharma…

  • D’abord parce que la nouvelle formule n’a pas été correctement testée. Pour faire autoriser cette nouvelle formule du Levothyrox, l’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du Médicament) n’a exigé de Merck qu’une vague étude de bioéquivalence [1].Or, on sait depuis 2008, que les études de bioéquivalence sur la levothyroxine (substance active du Levothyrox) sont bidon. La levothyroxine est si difficile à doser correctement que les études de bioéquivalences n’ont aucun sens. Elles n’offrent aucune garantie ! Ça fait d’ailleurs 10 ans que la Société Américaine d’Endocrinologie implore d’arrêter les études de bioéquivalence pour les traitements thyroïdiens.
  • Ensuite, parce que la France est le seul pays où la nouvelle formule du Levothyrox a été expérimentée.
  • Et enfin, parce que le passage à la nouvelle formule s’est fait du jour au lendemain – sans transition… et sans vraiment avertir les patients, les médecins, ni même leurs visiteurs médicaux (commerciaux de Merck) [2] !!! La boîte a été légèrement redessinée, et c’est tout !

Nous sommes devant un cas d’expérimentation à l’échelle d’un pays, sans l’accord explicite des personnes concernées. C’est criminel.

Mais pourquoi ont-ils pris tant de risques ?

Pourquoi voulaient-ils absolument changer la formule du Levothyrox ?

On l’ignorait jusqu’à présent. Mais vous vous en doutiez, c’est une affaire de gros sous.

Pour comprendre, il faut se pencher sur le changement de formule : Merck a remplacé le lactose existant, par du mannitol et de l’acide citrique.

Officiellement, c’était pour améliorer la stabilité du dosage dans le temps.

Seulement, dans la pharma, lorsqu’on remplace le lactose d’un médicament, c’est qu’on prépare un lancement sur le marché asiatique.

En effet, les Asiatiques sont majoritairement intolérants au lactose, contrairement aux Européens.

Le pot aux roses a été découvert par une journaliste d’investigation du site Les Jours. Celle-ci a mis la main sur des documents stratégiques du laboratoire Merck évoquant le lancement du Levothyrox sur le marché chinois en 2019 [3].

Voici ce à quoi nous assistions sans comprendre :

Le labo Merck adapte son médicament pour aller conquérir les marchés émergents. Cela lui permet de ne commercialiser qu’une seule version de son médicament. Les coûts de production baissent. Les marges augmentent. Et comme le changement est mineur en apparence, Merck peut tester sa nouvelle formulation sur la population française avec la bénédiction de nos autorités sanitaires.

La France est donc devenue le cobaye sur qui l’on teste les prochains médicaments chinois !!

Vu la taille du marché chinois (1,4 milliard d’habitants) et les profits en perspective, Merck est tout à fait prêt à risquer votre santé. Nos vies valent donc moins que leurs profits.

Quand l’ANSM joue le sale rôle

Vous me direz :

« Pourtant c’était l’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du Médicament) qui avait demandé à Merck de remplacer le lactose dans le Levothyrox, non ? ».

C’est vrai, mais vous allez voir que c’était un coup monté, visant à faire diversion.

Le professeur Philippe Lechat de l’ANSM qui a commandé le changement de formule à Merck travaillait chez… Merck jusqu’à récemment (conflit d’intérêts classique) [4].

De plus, l’étude sur l’instabilité du Levothyrox dans le temps que Philippe Lechat a citée pour justifier sa demande n’est plus disponible au public. L’ANSM ne serait plus autorisée à transmettre cette étude depuis qu’une plainte a été déposée au Parquet de Marseille. Impossible d’avoir plus de détails. Avouons que tout ceci arrange bien leurs affaires !

Mais même sans consulter cette fameuse étude, on se doute bien que l’instabilité du Levothyrox dans le temps est un prétexte.

Si le problème avait été réel, il aurait suffi à Merck d’avancer la date de péremption du Levothyrox. C’est beaucoup plus simple et moins coûteux que de changer un ingrédient dans la formule !

Ce qui m’inquiète le plus dans l’affaire du Levothyrox, c’est que les malfaiteurs courent toujours… et que les patients continuent d’être à la merci des puissants.

Les patients continuent d’être à la merci des puissants

Rien n’a changé… pour les malades.

Car pour Big Pharma et son complice habituel (les autorités de santé), la brèche est ouverte.

Elles savent qu’elles pourront désormais expérimenter d’autres formulations sur les Français sans risquer la prison – y compris lorsque les effets secondaires sont sérieux !

Elles savent aussi que le Peuple français lui-même ne descend plus dans la rue, même quand on l’utilise comme cobaye !?!

La France est-elle morte ?

Il fut un temps où nous étions connus (et redoutés) pour nos révolutions, nos barricades, nos guillotines et nos résistants.

Aujourd’hui, nous baissons notre pantalon devant un laboratoire pharmaceutique allemand et une poignée de technocrates corrompus.

Mais la France, c’est vous ! C’est un esprit immortel. Qui renaît quand tout espoir semble perdu. D’ailleurs, je sais que vous bouillonnez intérieurement en lisant ces lignes. Et c’est vous, qui pouvez faire la différence entre un échec, et une victoire éclatante.

Voici comment faire :

La première étape, c’est de signer notre pétition, par laquelle nous leur montrons que nous avons la force du nombre. La deuxième étape, c’est de passer le mot… à votre famille, à vos amis, à vos voisins. Il nous faut faire bloc.

Transférez ce message. Parlez-en autour de vous. Ce scandale doit être connu de tous !

De tout cœur, merci.

Bien à vous,

Eric Müller

PS : Je vous tiendrai au courant des suites de cette affaire.


Sources :

[1] http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/10/10/la-defaillance-des-tests-de-bioequivalence-une-des-causes-de-la-crise-du-levothyrox_5198658_1650684.html
[2] https://lesjours.fr/obsessions/les-lobbyistes/ep12-visiteurs-medicaux/
[3] https://lesjours.fr/obsessions/levothyrox/ep1-levothyrox/#
[4] https://lesjours.fr/obsessions/les-lobbyistes/ep13-levothyrox-ansm/