» Aujourd’hui, on estime que 80% des matières actives pharmaceutiques utilisées par la pharmacie américaine et européenne sont sourcées depuis l’Asie. L’Inde et la Chine se partageraient le marché dans une proportion 60/40. « 

De nouvelles lignes directrices pour appliquer des BPF appropriées

Le 01 novembre 2015 par Sylvie Latieule

L’exigence réglementaire se renforce vis à vis des excipients. Pour aider les fournisseurs et les utilisateurs à se préparer au changement, la SFSTP a organisé dans le cadre de son nouveau rendez vous « Actualités SFSTP : en parler pour progresser » une matinée d’information et d’échange.

La SFSTP a organisé, le 24 septembre dernier, une matinée à propos de la ligne directrice de mars 2015 pour les excipients utilisés dans la fabrication des médicaments à usage humain. C’est un sujet d’actualité qui touche les fabricants de médicaments mais sans oublier les producteurs et distributeurs d’excipients. Quelque 90 personnes ont d’ailleurs participé à cette réunion.

Jérôme Bailly, vice-président de la SFSTP, pharmacien responsable chez Erytech Pharma, a rappelé en préambule que les excipients ont été pendant longtemps considérés comme des produits de commodités. Mais aujourd’hui, la donne a changé, puisqu’ils sont de plus en plus sophistiqués et participent à l’activité du médicament.

En revanche, leurs origines sont très diverses : chimique, minérale, végétale…

Par ailleurs, leurs producteurs sont souvent positionnés sur de très nombreux autres marchés, au point que la pharmacie ne représente qu’une infime partie de leur activité.

Pour autant, les excipients sont considérés comme des matières premières à usage pharmaceutique au même titre que les principes actifs au sens des BPF. Récemment la réglementation a évolué, a rappelé Danièle Bordi, présidente de la SFSTP. Dans le cadre de la transposition en droit français de la directive 2011/62/UE qui vise à la lutte contre la falsification de médicaments, l’article L. 5138-1 du Code de la santé publique, modifié par l’ordonnance n° 2012-1427 du 19 décembre 2012, prévoit un régime déclaratif auprès de l’ANSM pour les établissements exerçant des activités de fabrication d’excipients.

Ce qui manque aux excipients, c’est un référentiel opposable. À titre de comparaison à nouveau, les substances actives bénéficient du référentiel opposable BPF part II, ainsi que des annexes et des textes ICH. Jusqu’à présent, le monde des excipients foisonne de textes normatifs ou de guides édités par des associations de professionnels permettant de garantir un niveau de qualité : ISO 9001/2008, Ipec, Excipact, EFCI,… Aussi, un vrai changement va venir des « nouvelles lignes directrices du 19 mars 2015 » qui vont entrer en vigueur le 21 mars 2016 car elles seront pour la première fois opposables, et exigeront de la part des fabricants de médicaments la mise en place d’une marche d’analyses de risques sur l’ensemble des excipients utilisés dans la formule pharmaceutique, et ce, afin de déterminer pour chaque composant le niveau de bonnes pratiques adéquat.

 

Rationnaliser le système de management de la qualité

 

Jean-François Cazaubon, directeur qualité de Seppic, qui est un fournisseur d’excipients, a accueilli favorablement ces nouvelles lignes directrices comme une opportunité de resserrer les liens entre donneurs d’ordres et fournisseurs et de pouvoir rationnaliser son système de management de la qualité (SMQ). Pour l’heure, plusieurs approches qualité cohabitent en fonction des référentiels utilisés, ce qui crée une grande complexité pour le fournisseur. « Le fournisseur a besoin de développer un SMQ robuste et conforme mais sur quoi s’appuyer ? C’est tout l’intérêt des lignes directrices », a-t-il ajouté. Valérie Laberthe, responsable Système Qualité chez Ethypharm, et Lore Vignoli responsable des affaires réglementaires Pharmacie et Cosmétique chez Roquette Frères, ont ensuite proposé une lecture partagée des nouvelles lignes directrices. Du point de vue d’Ethypharm, tout l’enjeu d’un laboratoire pharmaceutique est de parvenir à déterminer le profil de risque d’un excipient et de son fournisseur, afin de déterminer les BPF appropriées pour les excipients. Ceci peut se révéler complexe car le fournisseur n’est pas toujours le producteur de l’excipient. L’ANSM estimait en 2012 que plus de 35 % des matières premières utilisées dans la fabrication de médicaments en France provenait de seulement trois pays : Chine, Inde et États-Unis (rapport annuel ANSM 2012).

 

Un tandem fabricant-fournisseur de médicaments

 

Lorsque l’on passe de la théorie à la pratique, on comprend rapidement que c’est un travail en tandem entre le fabricant de médicaments et le fournisseur d’excipients qui seront impactés par ces évolutions réglementaires. Dans le cadre de l’évaluation des risques, il sera nécessaire d’aller vers le fournisseur. Celui-ci devant déjà répondre à des questionnaires très fouillés de la part de ses clients pour évaluer le respect des BPF. Le principe des audits fournisseurs de substances actives pourrait même se généraliser aux excipients critiques.

Dans la salle, plusieurs fournisseurs ont témoigné que leurs clients, les fabricants de médicaments, n’ont pas attendu la réglementation pour les orienter vers l’établissement de cahiers des charges et d’une évaluation des risques documentée. Il ressort de cette expérience une difficulté à gérer les multiples questionnaires de leurs clients qui ne sont pas harmonisés. « Nous avons fait une reprise de toutes les questions de nos clients pour créer un questionnaire unique. Ce principe n’a pas été accepté », a expliqué une participante. L’idée de donner un prix à certaines des informations fournies a alors été évoquée. Cette pratique existe déjà aux États-Unis et permet au fournisseur de rentrer dans ses frais.

 

Un recentrage sur l’analyse des risques

 

Quoi qu’il en soit, les lignes directrices devraient permettre de formaliser des démarches déjà amorcées et d’aller plus avant dans une harmonisation de l’état d’esprit de la réglementation pharmaceutique, volontairement moins détaillée qu’auparavant et davantage centrée sur l’analyse de risque. « Le régulateur n’écrit plus ce que l’on doit faire. Mais on doit montrer que l’on a compris ce que l’on fait » a résumé Philippe Le Goff, directeur de H&LG Consultants, qui a présenté une méthodologie d’évaluation des risques basée sur le concept du PICs et utilisable à partir d’un logiciel qui pourrait devenir une base de données commune et partagée au sein de la SFSTP.

Sous-traitance : Une offre en évolution

Le 01 novembre 2015 par Aurélie Dureuil

* Mots clés :  ,

De la recherche clinique à la production, en passant par les services analytiques, l’industrie fait appel à la sous-traitance. De nombreux métiers évoluent afin de répondre à cette demande croissante d’externalisation.

« Dans l’industrie pharmaceutique, tout peut se sous-traiter », constate Géraud Papon, dirigeant et fondateur de SH-Consulting. Un constat fait également par Frédéric Thomas, consultant : « Il y a eu une reconfiguraton de la chaîne de valeur. Les laboratoires ayant abandonné certains pans de l’activité, cela laisse la place à d’autres ». Si cette tendance a été amorcée, il y a déjà quelques années, elle s’est amplifiée. Les acteurs de la sous-traitance faisant ainsi évoluer leur offre. Le dirigeant du cabinet spécialisé pour les achats et l’assurance qualité fournisseurs, Géraud Papon signale ainsi le changement de nom du chapitre 7 des Bonnes pratiques de fabrication, preuve de la prise d’importance de la sous-traitance : « Dans le cadre de la fabrication, nous sommes passés du chapitre nommé : Fabrication et analyse en sous-traitance à Activités externalisées, qui englobe beaucoup plus d’éléments ». Pour répondre à cette externalisation de différents métiers par les laboratoires, des sociétés se sont créées. On parle ainsi de CRO (contract research organisation) pour les services de recherche clinique et de CMO (contract manufacturing organisation) pour la fabrication. Entre les deux, interviennent aussi les sociétés de sous-traitance analytique. Si ces sociétés existent depuis de nombreuses années, elles font évoluer leur offre afin de répondre aux demandes des laboratoires.

 

Deux tiers de la recherche clinique externalisée en France

 

En matière de recherche clinique, les laboratoires font appel aux CRO à différents niveaux pour mettre en place et piloter leurs essais cliniques de phases I, II et III. « Aujourd’hui, environ 60 % de la recherche clinique est sous-traitée », estime Denis Comet, président de l’Association française des CRO (AFCROs). L’organisation qui compte 60 adhérents revendique environ 5 000 emplois en France et une représentation des deux tiers de la recherche clinique externalisée en France (voir encadré). « Dans l’industrie pharmaceutique, la sous-traitance existe depuis longtemps, mais récemment on a pu noter le développement de partenariats d’envergure en recherche clinique », souligne Laurence Boisson-Burg, responsable des opérations cliniques de Roche Pharma France. « Les laboratoires ont réduit leurs effectifs et les ont externalisés, parce que les phases cliniques sont devenues tellement spécifiques qu’elles requièrent des gens très spécialisés. Il y a un intérêt à spécialiser des équipes sur des pathologies, etc. », indique Frédéric Thomas. Il ajoute : « ce phénomène a été rendu possible car les laboratoires travaillent avec des acteurs de tailles significatives capables de proposer des offres structurées. En effet, sur les phases III à dimension mondiale, il est difficile d’être un petit acteur tandis que, sur des phases I et IIa, il est possible d’être un acteur de plus petite taille. Il n’y a pas un modèle unique ». Du côté des acteurs de la pharmacie, chacun met en place sa stratégie. Le laboratoire suisse Roche a, par exemple, conclu un accord cadre avec la CRO Quintiles au niveau mondial. « En France, ce partenariat concerne les activités de monitoring réalisées par les attachés de recherche clinique, ainsi que la gestion administrative des études cliniques effectuée par les gestionnaires d’essais cliniques. Chez Roche Pharma France, l’équipe de recherche clinique est aujourd’hui composée de 86 collaborateurs, dont une trentaine de chefs de projet. Roche a en effet souhaité renforcer la gestion en interne de ses 90 études actives, dans les domaines de l’oncologie mais aussi des neurosciences, l’immunologie, les maladies infectieuses ou encore l’ophtalmologie. Nous avons ainsi créé un département dédié à l’initiation des études, phase clé dans le déroulement des essais », témoigne Laurence Boisson- Burg. Afin « de garantir le haut niveau de qualité de la collaboration », Roche a également créé en interne deux postes de gestionnaires de la prestation. « Leur mission principale est de veiller à la bonne adéquation des moyens mis en oeuvre par Quintiles en réponse aux besoins de Roche », détaille Laurence Boisson-Burg.

Du côté de la société de biotechnologie Onxeo, le recours à la sous-traitance est également présent, avec les spécificités d’une PME. « Onxeo compte une soixantaine de collaborateurs. Et nous avons trois médicaments que nous développons en phase clinique. Nous sommes une société de petite taille et il y a un certain nombre de choses qu’on ne peut faire uniquement en interne », souligne Judith Greciet, directrice générale d’Onxeo. Ainsi, si la société réalise en interne des travaux de recherche préclinique, de mise au point des formulations et de développement clinique, elle fait également appel à la sous-traitance pour ces sujets. « À titre d’exemple, nous avons une étude clinique qui se déroule dans onze pays, nous faisons appel à une CRO internationale pour la mise en place et le suivi dans ces différents pays. Il y a des CRO qui sont habituées à travailler avec des laboratoires comme nous. La complexité est surtout de trouver des CRO ou prestataires avec l’expertise dans le domaine que l’on recherche », constate la dirigeante. La société affiche un pipeline de trois produits en développement et trois commercialisés en Europe et/ou aux États-Unis. Quels que soient les aspects sous-traités, la société entend garder la main. « Un des principes fondamentaux est d’être très présent avec nos sous-traitants. Nous essayons autant que possible d’avoir les expertises que nous estimons critiques en interne. En effet, pour bien driver une CRO aussi professionnelle qu’elle soit, il faut savoir exactement ce qu’on lui demande », rappelle Judith Greciet. Car outre les CRO qui interviennent sur les essais cliniques, des sociétés de sous-traitance interviennent aussi au niveau de la recherche et développement pour des services d’analyses, de pharmacologie, de développement de mises en forme galénique, de réalisation d’études de stabilité, etc. (voir encadré).

 

Un passage de CMO à CDMO

 

Une fois les études cliniques réalisées, le produit formulé et autorisé, vient l’étape de production. Et là aussi, les laboratoires ont poursuivi une dynamique d’externalisation. C’est sur ce marché que se sont développés les CMO ou façonniers. « En France, ils ont racheté des sites de big pharma, parce qu’il y avait beaucoup de sites. Dans d’autres pays, la croissance des CMO se fait par rachat de sociétés concurrentes », observe Frédéric Thomas. Une structuration du secteur afin de répondre à la demande des industriels de la pharmacie. « Les laboratoires pharmaceutiques, plus ils sont gros, plus ils veulent des acteurs crédibles avec une palette large de productions et une sécurisation avec un façonnier disposant d’un site back-up », analyse Frédéric Thomas. Si l’offre de services en matière de production s’est développée avec la croissance des sites de laboratoires pharmaceutiques passés aux mains des façonniers, aujourd’hui, les acteurs de la sous-traitance musclent leur offre. On assiste ainsi à un passage de CMO à CDMO, le D apportant la dimension de développement. « Beaucoup de façonniers vont eux-mêmes développer des produits génériques pour proposer des licences », note Géraud Papon. Certains proposent ainsi d’intervenir sur la partie réglementaire et marketing tandis que d’autres ont ajouté des services de développement de produit (voir encadré). L’idée étant de pouvoir proposer des solutions globales à des laboratoires pharmaceutiques. « La chaîne de valeur va de l’étude de marché au marketing du produit en passant par les développements galéniques et de stabilité, la constitution du dossier d’AMM, les achats, la production et le réglementaire. Les façonniers ont compris qu’ils avaient un intérêt à s’étendre sur cette chaîne de valeur. Cependant, il sera difficile de faire la totalité, au risque de recréer des laboratoires », ajoute Frédéric Thomas. Il rappelle ainsi les velléités d’AstraZeneca en 2007 d’externaliser totalement sa production. « Finalement, le laboratoire a fait marche arrière. Aujourd’hui, il fait partie de ceux qui ont le moins externalisé leur production », note le consultant Frédéric Thomas. Ainsi, de la recherche clinique à la production, l’industrie pharmaceutique poursuit sa démarche d’externalisation imposant aux acteurs de cette sous-traitance à évoluer pour répondre à cette demande.

3 questions à Philippe Genne président de l’Association française des sociétés de services et d’innovation (Afssi)« Travailler avec les donneurs d’ordre afin d’identifier leurs besoins en sous-traitance »Industrie Pharma : À quel niveau intervenez-vous pour l’industrie pharmaceutique ? Philippe Genne : L’industrie pharmaceutique est dans une démarche d’externalisation de la recherche. Les 120 membres de l’Afssi couvrent les services allant de l’informatique à la chimie en passant par la pharmacovigilance, la formulation des médicaments… Nous avons des adhérents dans le criblage, la formulation, l’informatique, le drug-discovery, etc. Le panel est très grand. Nos clients sont les grands groupes qui font appel à nous pour les projets importants, pour des programmes de recherche. Mais aussi de grosses sociétés de biotechnologies pour lesquelles nous pouvons être des partenaires pour l’évaluation préclinique et clinique. Pouvez-vous détailler l’accord signé entre l’Afssi et le LFB ? P.G. : Nous avons développé une démarche de travail avec les donneurs d’ordre afin d’identifier leurs besoins en sous-traitance. Aujourd’hui, les discussions se font de moins en moins avec les scientifiques qui ont besoin de nos services mais avec les acheteurs des sociétés. Nous devons être capables de nous présenter en suivant les critères des acheteurs. Dans l’accord cadre avec le LFB, nous réfléchissons aux critères prioritaires du LFB. Nos membres pourront bénéficier ainsi de ces instructions pour présenter leur offre de services. Nous avons également rencontré d’autres laboratoires comme Sanofi, les Laboratoires Pierre Fabre, Servier… Vous parlez de la nécessité de « chasser en meute ». Comment cela se traduit-il ? P.G. : La taille est extrêmement critique pour acquérir la capacité à innover. L’idée est de mettre en place des consortiums pour répondre à des appels d’offres et amener un maximum d’innovation aux différentes étapes des projets. Nous avons également une approche dans le cadre d’un projet autour du redéploiement d’un centre de criblage de Sanofi à Strasbourg.

PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIE DUREUIL

LE FAÇONNAGE COMPLÈTE SON OFFRENe plus seulement produire pour le compte des laboratoires, mais être force de proposition et d’innovation. Certains façonniers français ont choisi de muscler leur offre face à la concurrence internationale et la demande des laboratoires de réduire le nombre de leurs interlocuteurs. « Sur le marché du façonnage, il y a beaucoup d’acteurs, beaucoup d’usines disponibles pour produire. Pour être différenciant, il faut apporter plus de valeur ajoutée, être un partenaire plus qu’un prestataire », analyse Xavier Monjanel, directeur général des laboratoires Chemineau. La société a ainsi ajouté le D à sa dénomination de CMO. « Nous investissons beaucoup en R&D depuis quelques années et sommes maintenant en mesure de proposer à nos clients des produits innovants dans nos domaines de savoir-faire », précise le dirigeant. Cette stratégie a également été adoptée par Synerlab. « Dans l’analyse que l’on fait du marché, nous sommes convaincus qu’il est important d’avoir en plus de la fabrication pure, la capacité d’accompagner nos clients plus largement », souligne Pierre Banzet, président de Synerlab. Fin 2012, le façonnier a acquis le site d’IDD-Tech à Orléans (Loiret). Rebaptisé Synerlab Développement, il est consacré au développement galénique et analytique à façon et à la production des petits lots, notamment pour les études cliniques. « C’est aussi un moyen de remplir nos usines. L’intérêt de nos clients est d’avoir un interlocuteur unique. Et pour nous, l’idée est de faire le développement sur notre site d’Orléans puis de transférer la production sur nos sites », détaille-t-il. Les façonniers ajoutent ainsi de nouveaux services afin de capter des volumes de production pour leurs usines.

RECHERCHE CLINIQUEDENIS COMET, président de l’association française des CRO (AFCROs) « S’ouvrir à l’international et être capable d’accueillir les nouveaux acteurs de la e-santé »« Les CRO sont des sociétés de services en recherche clinique. C’est un métier qui était fait par les industriels de la pharmacie, il y a une quarantaine d’années. Puis, ils ont décidé d’externaliser ces prestations qui peuvent aller de la rédaction du protocole de recherche clinique aux relations avec les experts du comité de pilotage en France et à l’international en passant par les étapes de recrutement des centres et des patients, de logistique des produits d’essais cliniques puis d’analyse scientifique des données et de validation et de soumissions réglementaires. L’AFCROs recense 60 adhérents qui interviennent pour les essais cliniques de phases I, II, III, et IV et les études non interventionnelles post-AMM. Nos clients sont des laboratoires pharmaceutiques, des fabricants de dispositifs médicaux, des académiques et bientôt les structures de recherche des associations de patients. Nous ne sommes pas encore arrivés à maturité du marché. Aujourd’hui, les attentes des laboratoires tournent autour de l’attractivité de la France avec la question des délais, de l’accès au patient… Ils ont besoin que le contrat unique mis en place en France marche mieux et qu’on aille vers la dématérialisation du traitement des autorisations et avis, c’est-à-dire avoir un site avec la dernière version du protocole et auquel toutes les parties prenantes auraient un accès pour éviter les lenteurs des dossiers qui passent d’institution en institution. Un autre défi concerne l’internationalisation des essais cliniques. Pour les études post-AMM, la culture nationale est assez forte, il faut connaître l’environnement réglementaire, le parcours de soin, etc. Mais pour les études de phases II et III, le processus est le même dans le monde entier. Nous devons établir des collaborations avec des CRO dans d’autres pays afin de ne proposer qu’un seul interlocuteur aux laboratoires. Surtout que le futur règlement européen a pour objectif d’augmenter l’activité de recherche clinique en Europe avec une seule autorisation qui serait délivrée pour tous les pays. Nous devons être capables de nous internationaliser mais aussi d’intégrer de nouveaux acteurs de la e-santé. Par exemple en étant présents sur les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux patients, en intégrant le développement du big/open data et des objets connectés ».

3 sites* de chimie fine pharmaceutique en France

Le 01 septembre 2013 par Sylvie Latieule

Les laboratoires pharmaceutiques sont les premiers employeurs dans le domaine de la chimie fine pharmaceutique en France. Ils s’inscrivent loin devant un tissu de sociétés qui offrent des prestations de production à façon pour le compte de donneurs d’ordre de l’industrie pharmaceutique.

En France, la production de principes actifs et d’intermédiaires chimiques pour la pharmacie mobiliserait un peu moins de 9 000** salariés répartis sur plus d’une soixantaine de sites industriels, selon une enquête exclusive* réalisée pour le compte de la publication Industrie Pharma. Environ 65 % des salariés travaillent pour des laboratoires pharmaceutiques, en particulier pour les groupes pharmaceutiques nationaux que sont Sanofi, Servier ou Pierre Fabre. Ce sont aussi ces sociétés qui opèrent les plus gros sites de production. A titre d’exemple, chez Sanofi Chimie, 3 sites sur 9 emploient encore plus de 600 salariés. A noter que Sanofi Chimie produit dans ses sites à la fois des principes actifs pour ses propres besoins, mis également pour des tiers baptisée CEPiA (voir article p. 50).

Lorsqu’ils n’appartiennent pas à des laboratoires pharmaceutiques, les salariés de la chimie fine pharmaceutique sont employés par des sociétés de sous-traitance ou CMO (Contract Manufacturing Organization), à l’image des Français Axyntis, Isochem, Minakem, Novasep ou PCAS qui sont les cinq plus gros acteurs français, CEPiA mis à part. Néanmoins, ces acteurs sont aussi positionnés sur d’autres marchés que l’on qualifie de chimie fine de spécialités, comme les marchés de la cosmétique, de l’électronique ou des polymères techniques. Ces entreprises ont une forte connaissance des standards pharmaceutiques car elles se sont souvent constituées sur la base de sites ayant appartenu à des laboratoires pharmaceutiques.

Globalement, cet effectif de la chimie fine pharmaceutique est en légère décroissance sur de nombreux sites industriels si l’on compare les données recueillies en 2013 avec celles publiées dans le cadre de notre première enquête en octobre 2011 (Industrie Pharma n°58). Mais il y a des exceptions. Chez Axyntis, par exemple, l’effectif est en croissance sur 3 sites sur 4. De même chez Sanofi Chimie, si certains sites sont en décroissance comme Neuville-sur-Saône, Elbeuf et Vertolaye voient leurs effectifs progresser.

Ces acteurs de la chimie fine pharmaceutique sont soumis à la lourde concurrence des acteurs asiatiques. Si l’on dénombre une soixantaine de sites de production en France, rien qu’en Chine, il y en aurait plus d’un millier. Aujourd’hui, on estime que 80% des matières actives pharmaceutiques utilisées par la pharmacie américaine et européenne sont sourcées depuis l’Asie. L’Inde et la Chine se partageraient le marché dans une proportion 60/40. Il y a trente ans, seulement 20% des matières actives étaient importées. Ce qui n’est pas sans poser un problème de dépendance de l’Europe vis-à-vis de l’Inde et de la Chine ! Pourtant, la matière active ne représente guère plus de 10% du prix final d’un médicament, mais il est vrai que le montant peut grimper entre 25 et 40% pour un médicament générique.

Enfin, s’il a la réputation d’être assez stable, le domaine de la chimie fine a toutefois enregistré quelques mouvements, ces deux dernières années. On peut citer la fermeture, cet été, de Labso Chimie Fine à Blanquefort (33), un site qui appartenait au groupe Boehringer Ingelheim. La société Phytocos qui s’était installée sur la plateforme Sobegi à Lacq a également cessé ses activités, un an plus tôt. De son côté, la société Calaire a été mise en redressement judiciaire, mais elle fait l’objet d’une offre de reprise d’Axyntis et poursuivra peut-être son activité. Enfin, deux nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans le cercle fermé de la chimie fine. Début 2012, les activités de Solvay Organics et Holis ont été regroupées pour former le nouveau groupe M2I Life Sciences. Fin 2011, la société Isaltis a été créée à partir d’actifs de la société SPCH et du site de Givaudan-Lavirotte (groupe Seppic).

*cette liste n’est pas exhaustive. Elle s’appuie sur les données d’une enquête annuelle, réalisée par Annie Zambelli, pour la publication « Spécial Usines chimiques » d’Industrie Pharma.

**estimation proposée par Industrie Pharma.

 

La FDA surveille Sandoz en Inde et Pfizer en Chine

Le 09 novembre 2015 par J.C.

Novartis a indiqué fin octobre que sa division Génériques Sandoz avait reçu une lettre d’avertissement de la FDA pour des violations des normes GMP pour deux de ses trois usines de production en Inde. En l’occurrence celles de Kalwe et de Turbhe. Cette lettre survient après une inspection menée en août dernier. Les modifications et rectifications seraient en cours et aucune suspension de production ne serait au programme, selon Novartis. Sandoz avait annoncé fin juillet qu’il envisageait de fermer d’ici à fin 2016 son usine de Turbhe, qui produit des ingrédients pharmaceutiques actifs (API) et des antibiotiques.

Pfizer pointé du doigt à Dalian

En Chine, la FDA aurait rédigé un rapport très défavorable à propos de l’usine de Pfizer à Dalian, selon Bloomberg, qui rapporte avoir eu accès au document. Plusieurs violations des normes GMP auraient été observées au cours d’une inspection menée en avril dernier. Cela concerne des problèmes de documents relatifs à la qualité et à la production, avec des informations manquantes sur des numéros de lots, des conditions de température et d’humidité. Lors de l’inspection, des documents auraient été déplacés puis présentés à nouveau mais avec des pièces manquantes. Certains lots qui n’auraient pas passé le contrôle qualité auraient été réutilisés jusqu’à satisfaire aux normes qualité. Toujours selon Bloomberg, l’une des unités de production aseptique ne disposerait par ailleurs que d’un seul emplacement de toilettes mais inutilisable. Un emplacement à l’intérieur de l’unité semblerait servir d’urinoir et il n’y aurait pas d’emplacement pour le lavage des mains.