Nouvelle formule : plusieurs anomalies repérées

(Photo d’illustration/François Destoc/Le Télégramme)
(Photo d’illustration/François Destoc/Le Télégramme)

Des analyses réalisées par un laboratoire étranger et commandées par une association française ont mis en lumière des anomalies dans la composition de la nouvelle formule du Levothryox.

Une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, commandée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), a révélé plusieurs anomalies : un sous-dosage de lévothyroxine et la présence de dextrothyroxine. Cette dernière est une substance de synthèse qui a été interdite aux États-Unis en raison d’effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges, perte de cheveux…). Quant à la lévothyroxine, un sous-dosage de cette molécule entraînerait « des réveils de cancers endormis depuis des années ».

L’AFMT a transmis les résultats de l’analyse, réalisée par un laboratoire étranger, à un juge d’instruction du pôle Santé de Marseille. L’association a aussi alerté l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en lui demandant de réaliser une étude sur plusieurs échantillons de l’ancienne et de la nouvelle formule par des laboratoires indépendants.

Merck dément, l’association réclame la démission de Buzyn


« À ce stade, notre association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d’une « preuve » indiscutable, mais d’un fait nouveau important.

Car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d’origine toujours inconnue », a indiqué l’AFMT à Franceinfo.Si l’ANSM se refuse de commenter l’étude « qu’elle n’a pas vue », le laboratoire Merck a fustigé une étude « infondée scientifiquement » et qui dénonce l’absence de « présentation exhaustive des résultats ». « Nous démentons de façon formelle la présence de forme dextrogyre dans les comprimés de Levothyrox. Concernant la présence d’une forme de lévothyroxine différente dans la nouvelle formule du Levothyrox, nous affirmons formellement que tel n’est pas le cas », a ajouté un responsable de Merck.

Dans un entretien à Franceinfo, la présidente de l’association a réclamé « en urgence une reconnaissance de crise sanitaire et, par principe de précaution, le retrait du Levothyrox ». Chantal L’Hoir est même allé jusqu’à réclamer la démission de la ministre de la Santé. « Là, personnellement, je ne trouve plus que Agnès Buzyn a sa place et je lui demande de démissionner », a-t-elle indiqué.

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