Canicule : Pelloux alerte sur la «saturation» des hôpitaux, Buzyn reconnaît des «tensions»

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>Société|M.-L.W. avec AFP|02 août 2018, 21h00|MAJ : 02 août 2018, 21h18|22
Pendant la canicule de 2003, les services d’urgence des hôpitaux étaient surchargés. (Illustration) AFP
La ministre de la Santé estime que la situation sanitaire liée à la canicule était jeudi «maîtrisée». Elle n’a pas caché qu’il y avait des «tensions» dans le Grand Est.

Le spectre de la canicule meurtrière de 2003 est encore dans les esprits. Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France, a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi alors que les deux tiers de la France sont en vigilance orange pour des températures anormalement élevées.

Pour la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, la situation sanitaire liée à la canicule était jeudi «maîtrisée», mais elle n’a pas caché qu’il y avait des «tensions» dans le Grand Est, lors d’une visite aux urgences du CHU de Nîmes (Gard). Elle reconnaît que la «situation est sévère», car l’épisode « de forte intensité » « va durer près de deux semaines avec un pic de chaleur ce week-end auquel s’ajoute une pollution à l’ozone dans les grandes agglomérations à cause de la chaleur et des voitures».

Un décalage chez les personnes âgées

«Cela dit, nous savons que chez les personnes âgées, les syndromes peuvent être retardés et comme cet épisode va durer, nous restons extrêmement vigilants et mobilisés, pour assurer également un service d’urgence fonctionnel toute la semaine prochaine où l’afflux peut augmenter», a-t-elle ajouté.

«Les gens vont attendre aux urgences»

Patrick Pelloux estime que les hôpitaux risquent d’être très vite saturés. « Il y a un véritable état d’alerte parce que dans les hôpitaux, il y a une situation qui est chronique et permanente de difficultés de travail », a-t-il déclaré. « Ça veut dire que les gens vont attendre aux urgences », a déclaré l’urgentiste sur RMC/BFMTV.

Interrogée sur d’éventuels moyens supplémentaires pour les hôpitaux dans ce contexte, Agnès Buzyn a estimé qu’aujourd’hui « les difficultés sont essentiellement liées aux difficultés de recrutement de personnels dans les urgences, c’est également vrai dans les maison de retraite : le problème est celui de l’attractivité de ces métiers, de la pénurie de médecins urgentistes ».

S’adapter à des canicules plus longues

La ministre de la Santé souligne que « les météorologues pointent notamment le risque d’un prolongement de la canicule en septembre ».

« Il faut qu’on élargisse nos plans sur la durée, aujourd’hui ils sont du 1er juin au 1er septembre. Nous allons peut-être avoir à déclencher ces plans beaucoup plus souvent dans l’année, sur des périodes prolongées », a-t-elle assuré, ce qui implique pour les établissements de santé de se préparer « à avoir du personnel en renfort si besoin ».