Face à un nouveau scandale sanitaire lié à la sous-traitance des produits pharmaceutiques exigeons la transparence et la traçabilité

 

 

La FDA américaine vient, en urgence, de retirer du marché des lots d’un médicament pour l’hypothyroïdie (associant « T4 » et « T3 »), d’origine porcine, produit dans des conditions non conformes aux « bonnes pratiques industrielles (Current Good Manufacturing Practices- cGMP) par un sous-traitant chinois, « Sichuan Friendly Pharmaceutical Co » puis manufacturé et distribué aux USA par la firme  » « Westminster Pharmaceuticals ». Ce médicament faisait courir un risque non négligeable sur la santé de leurs utilisateurs (pas en France où ce médicament n’est heureusement pas distribué).

 

Cette nouvelle affaire fait suite à celle, encore plus grave, du VALSARTAN, mise au jour début août, où le producteur de la substance active, là encore une société chinoise, « Zhejiang Huahai Pharmaceuticals », à la suite d’une modification de son mode de fabrication a laissé s’introduire une impureté virtuellement cancérigène (la NDMA) dans le produit de base. Un produit que l’on retrouve dans de multiples présentations du Valsartan un peu partout dans le monde. Et un risque de cancers induits pouvant toucher des milliers de patients…

 

Il faut que cela cesse. Les consommateurs ont exigé des étiquetages précis. Ils veulent savoir si les tomates qu’ils mangent viennent de Belgique ou de France. Ce devrait être encore plus vrai s’agissant des médicaments qu’on leur prescrit. Mais ce n’est pas le cas. Loin de là : Les boîtes de médicaments indiquent certes la « composition » des produits actifs et des excipients mais pas leur lieu de production et le nom des sociétés responsables de cette production.

 

À l’occasion de la crise sanitaire du Lévothyrox nous avons fini par apprendre que le Laboratoire MERCK (leader mondial sur ce marché et hégémonique en France) ne produisait plus ni le produit actif (la « T4 »), ni les excipients et se contentait de fabriquer les comprimés. Il a été refusé aux « patients-victimes » de savoir précisément d’où ils provenaient, si les producteurs avaient changé, s’ils avaient modifié leur procès de production voire s’ils l’avaient sous traité, en tout ou partie.

 

À ces demandes légitimes, on nous oppose le « secret des affaires » celui-là même qu’une Loi récente vient, encore, de renforcer.

 

Tout cela est la résultante d’une course absurde à la baisse des « coûts ». « Bigpharma » cette internationale des géants de l’industrie du médicament s’est lancée à corps perdu dans une mondialisation absurde où pour améliorer ses marges elle fait prendre des risques indus à des consommateurs-otages. Au passage ces choix strictement financiers ont eu pour conséquence de détruire l’essentiel de notre appareil industriel de production, nous rendant dépendants de pays et d’industriels que nous ne pouvons plus contrôler.

 

Quant aux Agences de sécurité sanitaire, elles ne peuvent que constater les dégâts. A posteriori hélas !!! Et elles n’ont que pas ou peu, les moyens de vérifier sur place le respect des normes de production et la qualité des produits finis entrant dans la composition des médicaments finaux qu’elles ont pourtant « certifiés ».

 

Comme l’ont montré ces 2 scandales récents le risque est d’autant plus grand s’agissant de produits originaires d’Asie (Chine notamment). Pour mémoire rappelons qu’en 2008 un fabricant chinois de lait en poudre pour nourrissons n’avait pas hésité à y mélanger de la « mélamine ». Dès lors tout est possible.

 

C’est pourquoi nous exigeons du Ministère et de l’ANSM :

 

– La totale transparence sur la nature, le mode de fabrication, et l’origine précise de tous les composants entrant dans les médicaments et leur traçabilité.

– L’interdiction de toute « sous-traitance de sous-traitant » ou de toute modification des procès de production sans accord préalable des Agences.

– Des contrôles « surprise » épisodiques sur les lieux de production avec vérification des modes de production et prélèvement d’échantillons. Le coût de ces contrôles étant à la charge des firmes concernées.

 

Si tel ne devait pas être le cas lors du prochain scandale (car ne nous leurrons pas il y en aura d’autres) nous mettrions en cause :

– Non seulement la responsabilité directe des firmes ayant confié à des tiers la production de composants non conformes entrant dans la fabrication de tout médicament qu’elles ont mis sur le marché. Sans qu’elles puissent s’abriter derrière la responsabilité éventuelle des sous-traitants qu’elles ont choisis.

– Mais aussi la responsabilité institutionnelle ET personnelle de tous ceux (celles) qui par leur refus ou leur retard à prendre les mesures nécessaires n’auront pas imposé le respect du principe de précaution, faisant courir des risques évitables aux patients concernés

Le conseil des scientifiques de l’AFMT