Bayer visé par une enquête en France après la découverte de glyphosate dans du miel

Bayer visé par une enquête en France après la découverte de glyphosate dans du miel

Le géant allemand Bayer est visé par une enquête en France pour «administration de substances nuisibles», selon l’AFP. Des apiculteurs basés dans l’Ain avaient décidé de s’en prendre directement à la firme qui fabrique ce puissant herbicide après que la substance a été directement détectée dans un lot de miel.

Les apiculteurs ont été entendus par la justice. Après la découverte de glyphosate dans du miel, Bayer est visé par une enquête pour «administration de substances nuisibles», ouverte ce mercredi mar le parquet de Lyon, indique l’AFP. Après plusieurs mobilisations pour alerter les pouvoirs publics sur la très grave mortalité des abeilles et demander des mesures concrètes pour restaurer l’environnement, certains avaient porté plainte contre le groupe allemand.

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«Nous avons retrouvé du glyphosate dans le miel, nous ne connaissons pas encore les quantités retrouvées et ne mesurons pas encore les conséquences exactes sur la santé, mais nous ne trouvons pas cela rassurant», indique Jean-Marie Camus, président du syndicat apicole de l’Aisne, dans le nord de la France, à l’origine de cette plainte.

Ce syndicat, qui réunit 200 apiculteurs pour la plupart amateurs, a reçu l’alerte d’un de ses membres qui vend ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France, notamment avec sa marque Lune de Miel. L’apiculteur concerné habite près de Laon, une région de grandes cultures (colza, betterave, tournesol, luzerne). «Mais il ne faut pas non plus oublier le jardinier du dimanche et sa propension à utiliser facilement le Roundup», marque de Monsanto sous laquelle le glyphosate est commercialisé, souligne l’avocat du syndicat, Emmanuel Ludot.

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«Nous savons que nous prenons des risques»

Jean-Marie Camus, président du syndicat apicole de l’Aisne

«L’entreprise de négoce analyse systématiquement le miel qu’elle reçoit et les analyses ont démontré la présence de glyphosate», explique ainsi Jean-Marie Camus. L’apiculteur amateur explique ainsi qu’avec un groupement d’apiculteurs français, ils ont décidé de porter plainte contre le géant allemand Bayer, et à travers lui le groupe américain de pesticides Monsanto, qu’il vient de racheter.

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Jean-Marie Camus espère que l’enquête permettra de déterminer quel taux de glyphosate a été retrouvé dans ce miel, si d’autres substances ont été détectées, si cette contamination est accidentelle ou non et quelles conséquences elle pourrait avoir sur la santé des consommateurs. «Nous voulons du miel propre», affirme Jean-Marie Camus.

«Nous savons que nous prenons des risques en faisant ça et que nous pouvons potentiellement faire du mal à l’image de la profession mais, au-delà de notre cas isolé, nous souhaitons alerter sur les conséquences de l’utilisation massive de glyphosate. Nous nous disons que si même les abeilles ne sont pas en mesure d’éliminer ce produit de leur production… Qu’en est-il des légumes, céréales qui en contiennent et que nous mangeons?», interroge l’apiculteur.