Un million de ménages belges fournis en électricité par l’éolien offshore en mer du Nord

 

 

C’est une plage scintillante qui accueille les touristes d’Ostende sous ce soleil d’août. Des milliers de petits moulins à vents ont été plantés dans le sable pour symboliser un cap important pour l’énergie renouvelable belge : Un million de ménages sont fournis en électricité grâce à l’éolien offshore en mer du Nord depuis cet été.

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Pour l’instant, ce sont 274 éoliennes qui constituent le parc éolien offshore belge, qui ne cesse de croître, et d’évoluer : les éoliennes dernière génération produisent deux fois plus d’électricité qu’avant. La Belgique a donc fait le choix d’investir dans cette énergie renouvelable. Un milliard d’euros ont déjà été mis sur la table, par le privé et le public, pour des éoliennes qui ont une durée de vie de vingt ans. Ce qui fait de notre pays un des plus gros producteurs mondiaux en énergie éolienne.

« La Belgique a une mer du Nord très petite par rapport aux autres pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Pays-Bas, mais malgré ça on est quand même cinquième mondial avec une puissance installée de 1100MW » commente Annemie Vermeylen, la secrétaire générale de la Belgian Offshore Platform. On est même un peu au-dessus que les Pays-bas. Les grands pays ce sont le Royaume-Uni, la Chine qui déploie massivement, le Danemark qui est le pionnier mondial et alors l’Allemagne. On peut être fier de ce cap qui vient d’être franchi cet été. »

A-t-on investi trop vite?

Les nouvelles éoliennes produisent deux fois plus d’énergie qu’avant. Pour Damien Ernst, professeur à l’université de Liège, le problème est que la Belgique a investi trop vite. Résultat : nous payons l’électricité plus cher, selon lui : « Le parc éolien qui est actuellement construit en mer du Nord est assez coûteux, puisqu’on paye l’électricité à 120 euros par mégawattheure. Alors qu’on pourrait l’acheter sur les marchés de gros (une électricité qui qui ne serait pas 100% verte) à 40 euros par mégawattheure. Donc c’est quand même trois fois le prix. Cela signifie qu’on est sans doute allé beaucoup trop vite dans l’éolien offshore, et qu’on n’a pas investi au bon moment. On aurait dû attendre une baisse des prix et être un peu moins volontaire, ce qui nous aurait permis de beaucoup mieux développer les énergies renouvelables ».

Mais les éoliennes offshores semblent offrir une réelle alternative au nucléaire. « On va dire que si on exploitait tout ce qui est possible en mer du Nord, en terme d’énergie produite, on pourrait remplacer la moitié de la flotte nucléaire belge avec de l’éolien offshore » poursuit Damien Ernst.

L’éolien en mer s’inscrit donc clairement comme l’une des tendance de la transition énergétique en Europe. D’autant que cette énergie devient de plus en plus compétitive.

L’Europe au gouvernail

Au niveau européen, près de 4000 éoliennes de 11 pays constituaient le parc en 2017, pour une puissance de 15,8GW, en hausse de 25% par rapport à l’année précédente, selon WindEurope. Le développement de l’éolien en mer, onshore et offshore, continue sur sa lancée, avec 4,5GW installés pour le premier semestre 2018.