Communiqué de Gérard BAPT : député honoraire, ancien membre du CA de L’ANSM

 

Dans un communiqué, Gérard BAPT salue le rapport de la mission d’information sur le médicament pour ses  deux intérêts majeurs :

  • Il renvoie à leurs études les leaders d’opinion, « professeurs Nocebo », ainsi que la « mission flash » de l’Assemblée nationale, qui avaient étiqueté la crise sanitaire « crise médiatique »…
  • Il pointe la responsabilité de l’ANSM pour défaut d’information d’une part, pour sa passivité devant les signaux d’alerte innombrables émis par les patients d’autre part.

Les propositions faites par la mission Leo-Kierzek méritent examen. Mais une meilleure information sur le médicament ne rétablira pas la confiance si elle reste sous le seul contrôle de l’ANSM et du ministère. La démocratie sanitaire et l’écoute des patients ont cruellement fait défaut dans la crise, quand il ne s’agissait pas de mépris pour les associations qui avaient alerté, sans succès, depuis le départ.

N’apparait pas dans ce rapport l’exigence de transparence concernant le médicament, notamment sa traçabilité au moment où l’on vient d’assister aux USA et en UE à des retraits en urgence de spécialités produites pour partie en Chine…

Vouloir enfin améliorer le « repérage des signaux d’alertes faibles » pourrait prêter à sourire s’agissant d’une crise générant un record historique d’alertes avant même que la presse ne s’en saisisse…

Il est consternant que 8 ans après les réformes « post-mediator », la ministre convoque en urgence une conférence de presse pour annoncer la fusion de 2 sites officiels existants !

La crise du Levothyrox est une défaillance structurelle de notre système d’évaluation  et de surveillance du médicament.

Restent les 2 interrogations majeures sur cette crise, qui n’ont toujours pas trouvé de réponse :

1/Pourquoi avoir décidé le transfert obligatoire du Levothyrox vers son « generique-like », Nouvelle formulation, en mars 2017, alors que la situation de monopole de Merk aurait dû conduire aux plus grandes précautions ?

2/Pourquoi l’ANSM refuse-t-elle depuis des mois la mise en place d’un groupe de travail scientifique indépendant pour comprendre pourquoi 2 tiers des victimes des effets indésirables étaient en équilibre  avec une TSH normale ?

Il serait temps qu’une commission d’enquête parlementaire se mette en place pour analyser sur le fond une crise sanitaire qui a conduit les malades à changer massivement de spécialités : le nombre de boîtes délivrées est passé de 17,5 millions au second semestre 2016 à 9,5 millions au premier semestre 2018…

Saint-Jean, le 3 septembre 2018