Arrivée à Cherbourg d’un navire australien chargé de combustibles nucléaires

Le BBC Austria qui a accosté à Cherbourg a déchargé quatre conteneurs contenant des déchets nucléaires australiens AFP

Greenpeace estime que ces déchets vont être stockés en France, ce qui est contraire à la loi.

Un navire australien de combustibles nucléaires irradiés BBC Austria, parti de Sydney le 29 juillet, a accosté tôt ce vendredi dans le port de Cherbourg (Manche). Il doit décharger les quatre conteneurs contenant deux tonnes de combustibles sur des camions.

Ces déchets qui ont servi à produire des radioisotopes utilisés dans la prévention et la lutte contre certains cancers vont être transportés pour être retraités dans l’usine Orano (ex-Areva) de la Hague à 20 km du port.

JC Lalay@jclalay

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Sauf que Greenpeace, l’association de défense de l’environnement a des doutes sur la légalité de ce contrat. Jeudi, l’association de défense de l’environnement a assigné Orano devant le juge des référés de Cherbourg.

« La loi dit qu’il est interdit de stocker des déchets nucléaires venant de l’étranger sur le sol français. Or, nous avons obtenu une décision de la Cour de cassation qui dit que les matières arrivant d’Australie sont bien des déchets et pas des matières recyclables. Dans ces conditions, elles ne doivent pas rester sur le sol français. Il y a un contrat de stockage déguisé derrière cette idée du retraitement », explique l’un des responsables de l’ONG.

Le juge renvoyé l’audience au 25 septembre à la demande d’Orano. Toutefois, Oreno affirme que le transport de ces déchets « a reçu toutes les autorisations des autorités compétentes » et que « tous les déchets australiens issus des opérations de recyclage repartiront en Australie » sauf les « matières valorisables comme l’uranium et le plutonium qui seront réutilisées sur le marché européen pour produire de l’électricité. »

Par ailleurs, l’exécution de ce contrat sera suivie par l’agence européenne Euratom et l’Autorité de Sûreté nucléaire.

Mais Greenpeace dénonce la durée pendant laquelle les déchets australiens vont rester en France. « Ces déchets ne repartiront vers l’Australie qu’en 2034 au plus tôt ».

Un laps de temps jugé trop long pour les défenseurs de l’environnement. « Il s’agit de combustible froid et il n’y a pas besoin des temps technologiques habituels. On pourrait les retraiter dès maintenant et les déchets pourraient repartir par le même bateau. Rien ne justifie ces temps de stockage », a lancé Yannick Rousselet de Greenpeace sur France Bleu.

Ce n’est pas la première fois que des déchets nucléaires australiens arrivent en France. En 1999, un accord similaire a été signé entre les deux pays : 25 tonnes de déchets ont été traitées à la Hague puis renvoyés en Australie en 2015. Par ailleurs, l’Australie n’est pas le seul pays à envoyer ses combustibles nucléaires en France.

Sur les 34 000 tonnes de combustibles nucléaires traités à la Hague depuis 1976, près d’un tiers provenait de « contrats passés avec des électriciens étrangers (Allemagne, Japon, Suisse, Belgique, Pays-Bas) », selon Orano.