VIDEO. «La maladie de Lyme peut être handicapante si elle est traitée tardivement», explique le professeur Hansmann

INTERVIEW A la tête du service maladies infectieuses des hôpitaux universitaires de Strasbourg, le professeur Yves Hansmann sort un livre sur la maladie de Lyme. L’ouvrage sort dans un contexte de débat sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie…

Propos recueillis par Bruno Poussard

Responsable du service des maladies infectieuses des hôpitaux universitaires de Strasbourg, le professeur Yves Hansmann est confronté à la maladie de Lyme depuis plus de 20 ans.
Responsable du service des maladies infectieuses des hôpitaux universitaires de Strasbourg, le professeur Yves Hansmann est confronté à la maladie de Lyme depuis plus de 20 ans. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Spécialiste de la maladie dans une région impactée, le professeur Yves Hansmann veut « mettre à disposition de tous les informations scientifiques ».
  • A Strasbourg, se trouve le Centre national de référence des borrelias, ces bactéries à l’origine de la maladie pas encore parfaitement connues.
  • « Les gens sont de plus en plus angoissés par la maladie. Car ils ne la comprennent pas. Entre ce que leur dit leur médecin et ce qu’ils peuvent lire sur Internet, le message peut être contradictoire », constate le spécialiste.

L’ouvrage du professeur Yves Hansmann est sorti le 11 octobre. Intitulé La maladie de Lyme, au-delà de la polémique, il est accompagné du sous-titre « Mieux comprendre pour mieux soigner ». A la tête du  service maladies infectieuses et tropicales des hôpitaux universitaires de Strasbourg, ce médecin est confronté à la maladie depuis de nombreuses années, dans une des régions du pays touchées.

Très médiatisée, la maladie de Lyme fait peur. Mais la cité alsacienne a développé une expertise pour y faire face. Elle héberge pour la recherche le Centre national de référence des borrelias [bactéries à l’origine de la maladie], pas encore parfaitement connues. Et, depuis peu, une unité de consultation dédiée. Mais le livre du spécialiste sort dans un contexte de débat sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie.

Votre livre est-il une réponse à la psychose grandissante sur la maladie ?

L’idée est de mettre à disposition de tous les informations scientifiques. On reçoit de plus en plus de patients perdus. Certains ne savent plus quels éléments sont plus ou moins sérieux. En me basant sur ma propre expérience et des études, j’explique la démarche médicale classique : comment on parvient au diagnostic à partir des signes cliniques, comment on le confirme avec les tests biologiques. Pour donner au grand public intéressé les éléments médicaux de compréhension, même s’il persiste des interrogations.

L'ouvrage La maladie de Lyme, au-delà des polémiques, du professeur Yves Hansmann, à la tête du service des maladies infectieuses des hôpitaux universitaires de Strasbourg.
L’ouvrage La maladie de Lyme, au-delà des polémiques, du professeur Yves Hansmann, à la tête du service des maladies infectieuses des hôpitaux universitaires de Strasbourg. – B. Poussard / 20 Minutes.

N’est-ce pas aussi une réponse aux « polémiques » sur sa prise en charge ?

Côté communication, les spécialistes de la maladie n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer beaucoup. La place a été donnée à des propos non scientifiques qu’on ne partage pas. On est peu allé vers le grand public. Dans ce livre, je ne cherche pas à rentrer dans une polémique stérile mais je veux apporter ma vision des choses. Parce qu’on voit de plus en plus souvent des pratiques médicales non adaptées.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur la maladie de Lyme ?

Je suis infectiologue depuis 22 ans et je prends en charge des patients atteints de la maladie depuis le début de mon exercice à Strasbourg. Dans l’activité consultation, Lyme n’est qu’une partie de mon travail. Mais la cellule dédiée que l’on a montée reçoit environ 50 personnes par mois et on a l’impression que les gens sont de plus en plus angoissés par la maladie. Car ils ne la comprennent pas. Entre ce que leur dit leur médecin et ce qu’ils peuvent lire sur Internet, le message peut être contradictoire.

 

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