Des familles de victimes de la chimiothérapie 5-FU veulent porter plainte

 19h40, le 03 janvier 2019

La plainte émane des proches de trois patients décédés et d’une victime gravement atteinte (photo d’illustration). © PHILIPPE HUGUEN / AFP

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Les familles reprochent aux pouvoirs publics de ne pas avoir recommandé plus tôt un test qui aurait permis de déceler chez leurs proches une allergie à une molécule de chimiothérapie. 

Quatre familles de victimes d’une allergie à une molécule de chimiothérapies’apprêtent à porter plainte contre X, reprochant aux pouvoirs publics de ne pas avoir recommandé plus tôt un test qui aurait permis de déceler leur sensibilité, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat. « La cure qui devait les soigner les a envoyés au cimetière », accuse Me Vincent Julé-Parade.

Une nécessaire diminution de la dose. La plainte, qui émane des proches de trois patients décédés et d’une victime gravement atteinte, doit être déposée au pôle santé du TGI de Paris « sous trois semaines », a précisé à l’AFP l’avocat spécialiste du droit des victimes, confirmant une information de L’Obs. La molécule en cause, le 5-fluorouracile dit 5-FU ou capécitabine, est très fréquemment utilisée dans les chimiothérapies, seule ou avec d’autres anticancéreux. Chaque année en France, 80.000 personnes atteintes d’un cancer – principalement digestif, du sein ou ORL – sont traitées par ce médicament, selon l’Institut national du cancer (INCa).

Mais chez certains patients, qui présentent un déficit total ou partiel d’une enzyme particulière, les effets toxiques du 5-FU sont décuplés. Il faut alors diminuer la dose ou utiliser d’autres molécules. Deux méthodes de tests existent pour dépister cette sensibilité, mais jusqu’à récemment, certains hôpitaux les pratiquaient et d’autres pas.ACTUALITÉ DES MARQUES

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Pour les familles, l’idée est « d »interpeller ».« L’idée, ça n’est pas de mettre en cause le 5-FU, qui a fait ses preuves, mais d’interpeller : pourquoi, alors que l’on savait depuis plusieurs années qu’il y avait cette contre-indication en cas de déficit (de l’enzyme DPD, NDLR) et qu’il y a des tests qui existent, aucune autorité sanitaire ni aucun responsable public n’a pris comme mesure de recommander ce test avant février 2018? », souligne Me Vincent Julé-Parade.

Le 8 février 2018, l’Agence du médicament (ANSM) a souligné l’intérêt d’un dépistage systématique, tout en estimant qu’il n’y avait « aucun consensus (…) sur les modalités » de ce dépistage. Et le 18 décembre, l’INCa et la Haute autorité de santé (HAS) ont recommandé la réalisation systématique d’une de ces deux méthodes de dépistage, « pour prévenir certaines toxicités sévères » des chimiothérapies par 5-FU.SUR LE MÊME SUJET :

Par Europe1 .fr avec AFP