Un juge fédéral déclare que la Fondation Rockefeller devaient faire face à un procès d’un milliard de dollars pour leur rôle dans une expérience sur des êtres humains

AccueilActualité & Géopolitique  Un juge fédéral déclare que la Fondation Rockefeller devaient faire face à…

Par Jonathan ExoPortail -janvier 11, 20190

Un juge fédéral du Maryland a déclaré que l’Université Johns Hopkins, le géant pharmaceutique Bristol-Myers Squibb et la Fondation Rockefeller devaient faire face à un procès d’un milliard de dollars pour leur rôle dans une expérience du gouvernement américain des années 1940 qui a infecté des centaines de Guatémaltèques de syphilis.

Dans une décision rendue jeudi, le juge de district américain Theodore Chuang a rejeté l’argument des défendeurs selon lequel une décision récente de la Cour suprême protégeant les sociétés étrangères contre des poursuites devant les tribunaux américains pour violation des droits humains à l’étranger s’appliquait également aux sociétés nationales sans autorisation du Congrès.

Le juge Theodore Chuang a donc rejeté la demande de la défense de ne pas autoriser le procès.

Note ExoPortail : Ceci est très intéressant car cela démontre d’une part que la justice ou en l’occurrence certains juges ont l’indépendance pour faire face à des géants dont Rockefeller et d’une autre part ceci s’inscrit parfaitement dans la dynamique de purge de ces dernières semaines. )

La décision de Chuang est une victoire pour 444 victimes et les proches des victimes de l’expérience, qui visait à tester la pénicilline, qui était alors une nouvelle drogue, et à stopper la propagation des maladies sexuellement transmissibles.

L’expérience fait écho à l’étude Tuskegee du gouvernement sur les hommes noirs américains qui ont été délibérément laissés sans traitement pour la syphilis même après que la pénicilline a été découverte.

L’expérience a été gardée secrète jusqu’à ce qu’un professeur du Wellesley College du Massachusetts la découvre en 2010.

L’expérimentation incriminée avait pour but de vérifier si la pénicilline pouvait prévenir les maladies sexuellement transmissibles. Les victimes assurent qu’elles n’avaient pas donné leur consentement pour subir ces expérimentations.

Les responsables américains se sont excusés pour l’expérience, et le président Barack Obama a appelé le président du Guatemala pour lui présenter des excuses personnelles.

M. Chuang a déclaré que les poursuites intentées contre des sociétés américaines en vertu de la loi fédérale sur la responsabilité délictuelle des étrangers n’ont pas été «catégoriquement exclues» par la décision rendue par la Cour suprême le 24 avril dernier dans l’affaire Jesner v Arab Bank Plc concernant les sociétés étrangères.

Il a dit que le «besoin de prudence judiciaire» a été «beaucoup réduit» lorsque les sociétés américaines étaient en défense parce qu’il n’y avait aucune menace de tensions diplomatiques ou d’objections des gouvernements étrangers.

Le juge a également déclaré que le fait de laisser l’affaire du Guatemala se poursuivre «favoriserait l’harmonie» en donnant aux plaignants étrangers une chance d’obtenir réparation devant les tribunaux américains.

Selon la plainte, plusieurs médecins de la Fondation Hopkins et Rockefeller ont participé à l’expérience, ainsi que quatre cadres des prédécesseurs de Bristol-Myers, des laboratoires Bristol et du Squibb Institute.

«Johns Hopkins exprime sa profonde sympathie pour les personnes et les familles touchées par la déplorable étude sur la syphilis des années 1940 financée et menée par le gouvernement américain au Guatemala», a déclaré l’université dans un communiqué. «Nous respectons le processus légal, et nous continuerons à défendre vigoureusement le procès

Un porte-parole de la Fondation Rockefeller a déclaré que la poursuite n’avait aucun mérite et que l’OSBL n’était pas au courant de l’expérience, ni de sa conception, ni de son financement, ni de sa gestion.

Le porte-parole de Bristol-Myers, Brian Castelli, a refusé de commenter.

Paul Bekman, avocat des demandeurs, a déclaré que ses clients procéderont à la communication préalable, y compris l’échange de documents vieux de plusieurs décennies.

Source : https://www.reuters.com/article/us-maryland-lawsuit-infections/johns-hopkins-bristol-myers-must-face-1-billion-syphilis-infections-suit-idUSKCN1OY1N3