Levothyrox : «Il s’agit d’une crise sanitaire grave»

>Société>Santé|Jean-Michel Décugis|04 février 2019, 19h31|1

Selon maître David-Olivier Kaminski, « il est grand temps de prendre en considération la parole des plaignants » dans l’affaire du Levothyrox. AFP/Gérard Julien

David-Olivier Kaminski, avocat parisien, défend près de 200 familles dans l’affaire du médicament controversé de la thyroïde.

Alors que le parquet de Marseille a ouvert un nouveau volet judiciaire dans l’affaire du Levothyrox, maître David-Olivier Kaminski revient sur ce qu’il qualifie de « crise sanitaire grave ».

Comment réagissez-vous à cet élargissement dans l’affaire du Levothyrox ?

DAVID-OLIVIER KAMINSKI. Le dossier du Levothyrox prend une nouvelle dimension. En effet, de l’infraction de mise en danger de la vie d’autrui, la justice enquête maintenant sur le décès involontaire de plaignantes. Il s’agit donc d’une crise sanitaire grave. Il est grand temps de prendre en considération la parole des plaignants.

Vous avez été le premier à viser la responsabilité de l’Etat en portant plainte contre l’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine. Pourquoi ?

La chaîne de responsabilité ne peut s’arrêter ou même peut-être commencer au laboratoire qui commercialise le Levothyrox. Pourquoi une formule qui marche a-t-elle été changée sans grand préavis des professionnels de santé et encore moins des patients ? Qui a fait cette demande au laboratoire de modifier la formule du Levothyrox, qui jusqu’alors donnait satisfaction ? Il est évident que la justice doit se pencher sur la responsabilité des donneurs d’ordre, qui, en l’occurrence, pourraient bien se trouver dans la responsabilité de l’Etat.

Croyez-vous possible que ce médicament soit responsable du décès de patients ?

Je ne suis pas médecin. Seules des expertises judiciaires nous dirons si un médicament peut tuer. Si tel est le cas, je le répète, il s’agit d’une crise sanitaire grave.SantéDavid-Olivier Kaminski