Procès Monsanto : « 10 775 tonnes de substances actives vendues en Occitanie en 2016 »

  • Le souffre (4 694 tonnes) et le glyphosate (1 321 tonnes) sont les substances actives les plus vendues. »ILLUSTRATION / MELISSA ALCOLEA

Publié le 06/02/2019 à 10:31 / Modifié le 06/02/2019 à 10:33S’ABONNER 3 commentaires 78 partagesAgricultureSantéOccitanieLa Direccte (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) sensibilise les agriculteurs.

C’est un axe fort du plan régional de santé au travail. Attentive à « l’exposition importante aux produits phytopharmaceutiques » des agriculteurs d’Occitanie, la Direccte (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) sensibilise la profession.

Occitanie : carte des ventes de glyphosate par département.
Occitanie : carte des ventes de glyphosate par département. – <.llop

État des lieux : « En 2016, 10 775 tonnes de substances actives ont été commercialisées en Occitanie. Le souffre (4 694 tonnes) et le glyphosate (1 321 tonnes) sont les substances actives les plus vendues. » Sachant que « 77 % des quantités de substances actives vendues représentent un risque pour la santé, 12 % sont classées CMR », a minima cancérigènes, rappelle l’administration qui va au-delà de la façade, l’Occitanie est la « première région française en matière de culture biologique ».

Tracteurs inadaptés

Au-delà des chiffres, ce sont les comportements qui inquiètent la Direccte. Elle pointe une « faiblesse de l’évaluation des risques et des démarches de prévention dans les exploitations », un « niveau de formation et de compétence insuffisant des professionnels », des « équipements de travail inadaptés à l’utilisation de produits phytosanitaires », « une protection collective inexistante ou faible ».

Exemple : « Les contrôles opérés montrent qu’un nombre important d’exploitants utilise des tracteurs inadaptés », avec des cabines qui protègent mal à l’utilisation de produits chimiques.

Formations, contrôles, opérations de sensibilisation vont se multiplier dans les deux ans qui viennent pour « prévenir le risque ».

Le chantier se heurte à un problème majeur : comment toucher les 100 000 actifs du secteur, dans les 76 000 exploitations recensées ? La Direccte relève que 45 % sont « de petite taille ». Et chacune compte « peu de salariés ».

Pr Charles Sultan : « un rétropédalage inacceptable du gouvernement »

► Quel regard portez-vous sur “l’affaire” François ?
On revient à l’éternel problème du lien de cause à effet, argument qui laisse la ministre de la Santé Agnès Buzyn perplexe. La preuve est difficile à apporter.

► Au-delà, que pensez-vous de la politique de santé environnementale du gouvernement ?
Je suis surpris par le rétropédalage inacceptable du gouvernement, que j’attribue à la pression des lobbies. La sortie du glyphosate à l’horizon 2021 est une promesse de campagne de Macron. Un scientifique américain, Charles M. Benbrook, vient de publier une étude édifiante qui montre les mensonges de Bayer Monsanto. Il fait une méta-analyse de l’impact des produits qui contiennent du glyphosate sur l’expression des gènes, à partir de la littérature scientifique. Monsanto fait état de 43 tests, tous négatifs. Benbrook liste 49 tests positifs, ils représentent 75 % des tests effectués.

► En 2013, vous lancez avec Gérard Bapt, alors député, l’Appel de Montpellier, alerte aux effets sur la santé des pesticides. Depuis ?
On a obtenu 15 000 signatures, ça s’est arrêté là. C’est un combat difficile et l’affaire n’est pas nouvelle : ça fait vingt ans qu’on sait que les pesticides sont dangereux ! Il faudrait des assises nationales.

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SOPHIE GUIRAUD