Gardasil, les avis négatifs s’accumulent

11 février 2019 0 commentairesLa rédaction

Voici l’Avis motivé du Dr Gérard Bapt, Député honoraire et ancien rapporteur de la mission Médiator de l’Assemblée Nationale. Son avis compte dans le paysage médiatico-politique et médical français. Alors le Gardasil©, un vaccin extraordinaire?

Garder un œil critique et douter d’études financées par les firmes serait disqualifiant pour tout médecin ou observateur qui aurait conservé ce précepte de nos anciens maîtres :  » primun non nocere »? Cela devrait effectivement conduire à ne pas adhérer sans prudence aux actions de marketing planétaire désormais développées par les multinationales de chimie et pharmacie.

Malgré les désillusions vécues par une génération qui avait adhéré, enthousiaste, à la promesse d’une vaccination par BCG qui allait éradiquer la tuberculose, un nouvel enthousiasme, alimenté par un marketing intense permet aujourd’hui d’assurer que grâce au vaccin anti-HPV, le cancer du col de l’utérus  est en voie d’éradication…L’Australie est citée en exemple, bien que rien dans le registre du  » Australian institute of Health » ne confirme cette assertion… Au contraire en 2014 les femmes de 14 à 26 ans qui ont subi des vaccinations de rattrapage ont vu leur risque de cancer invasif augmenter de 5,9 à 8/100 000 pour le groupe 25-29 ans et de 9,9 à 13,9/100 000 pour celles de 30-34 ans. Ces augmentations, statistiquement significatives ne peuvent échapper à la réflexion.

En 2007, la firme MerckSD avait reçu une série de distinctions pour son innovation médicale  » Gardasil « , élue  « marque de l’année » par le magazine  » Pharmacentical Executive  » et en 2008 le  » PhAME Awards  » récompensant sa performance « communication et marketing ». L’industrie a réussi à faire d’un cancer dont l’incidence diminue d’année en année dans les pays occidentaux, une grande urgence de santé publique, alors que le dépistage par le frottis cervico-utérin n’est pas encore généralisé, notamment en France. La mortalité se situe pour 80% des cas  dans des pays où le prix du vaccin le rend inaccessible… L’INVS notait pourtant en 2008, en préambule de son actualisation des données épidémiologiques, que « l’amélioration des conditions d’hygiène et le dépistage par frottis cevico-utérin » permettaient de penser que le cancer du col utérin pouvait devenir une « maladie rare » définie par une incidence inférieure à 6/100 000, objectif estimé atteint en France 2018…Ce n’est qu’en 2019 qu’est généralisé en France le dépistage par frottis.

Les conditions de la mise sur le marché du Gardasil autorisée par la FDA avait déjà soulevé, dès 2006, de multiples polémiques concernant l’insuffisance des essaiscliniques produits par MerckSD : placebo comparatif contenant l’adjuvant aluminium, le borax, le Tween 80, et les autres excipients, effets indésirables survenant après la période de 15 jours de  » suivi clinique de sureté » non pris en considération parce que classés  » nouveaux antécédents médicaux « …Depuis les données du Centre US d’information sur les vaccins   » VAERS « (1) enregistrent des effets indésirables (EI) plus nombreux que pour les autres vaccins. A l’occasion de l’enregistrement du Gardasil 9, Merck a révélé le pourcentage de 2,3% d’EI graves, soit 2300 EI graves pour 100 000,  ce qui est considérable au vu des 7/100 000 cancers du col utérin…En France, avec un taux de vaccination faible, l’ANSM a recensé, fin 2018, 720 EI graves, bien que ne soient pas reliés aux vaccins anti-HPV le syndrome de tachycardie orthostatique  (STOP) ni le syndrome de fatigue chronique myalgique dont des cas sont apparus au stade des essais cliniques pour 6 patientes danoises notamment…Notons qu’il y a encore plus de réticence à notifier un EI par le médecin qui a conseillé la vaccination !

La HAS pour sa part dans ses recommandations de juillet 2010 indiquait sa priorité en faveur de l’augmentation du taux de couverture du dépistage, soulignant que l’impact de la vaccination sur l’incidence du cancer du col ne serait pas connu avant une dizaine d’années. La HAS soulevait aussi le risque de voir augmenter le nombre de cancers du col dus à des types HPV autres que ceux concernés par le vaccin…Elle indiquait en septembre 2017 à propos du Gardasil 9, que son efficacité en termes de prévention des cancers restait à démontrer, et que le risque potentiel de sélection de génotypes  d’HPV de remplacement ne pouvait être levé…

Les registres du Cancer :

Certains pays disposant de registres nationaux du cancer – ce qui n’est pas le cas de la France – ont commencé tôt la vaccination généralisée des jeunes filles de 12 à 14 ans. Il s’agit de l’Australie, la Grande Bretagne, la Suède et la Norvège. Des interrogations sont nées à l’examen des premières données pouvant impacter l’incidence du cancer invasif du col de l’utérus une dizaine d’années après la vaccination.

Les données les plus récentes ne peuvent encore être définitivement interprétées, mais questionnent. Certains experts l’ont fait sur ce qu’ils ont reconnu  comme augmentation de l’incidence du cancer invasif chez des jeunes femmes appartenant à des tranches d’âge concernées par la vaccination généralisée ayant débuté il y a une dizaine d’années. Il s’agit de Castanon et Sasieri en Grande Bretagne(2) et Dillner en Suède(3) qui donnent des explications diverses : il s’agirait de l’avancée de 25 à 24,5 du dépistage en Grande Bretagne, et d’une augmentation du taux de faux négatifs en Suède… Ces hypothèses étiologiques mériteront d’être examinées ces prochaines années…

Vaccination de « rattrapage » :

La vaccination à un âge plus  tardif, à partir de 16 ans, après transmission  possible et dans l’ignorance du statut HPV, est particulièrement problématique. L’étude présentée par le laboratoire indiquait une augmentation des lésions précancéreuses chez les femmes vaccinées alors qu’elles étaient infectées par le HPV(4) En Australie l’âge de la vaccination anti-HPV a été réservée aux moins de 14 ans.

Le risque avéré de la vaccination tardive devrait conduire à l’abandonner sans connaissance du statut  HPV. Elle  est possible en France jusqu’à 18 ans ; et les USA viennent de l’autoriser jusqu’à 45 ans…

Pas de confiance sans débat ouvert :

La transparence et un débat ouvert sur les effets secondaires sont essentiels pour préserver la confiance dans la mise à disposition de médicaments et l’organisation de la santé publique. Une des manières de répondre aux inquiétudes consiste à accepter le débat sur ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Concernant  le Gardasil 9, les rapporteurs de L’Agence européenne des médicaments avaient demandé au laboratoire de discuter l’impact de ses « méthodes sous-optimales » de déclaration des EI et  de fournir « de nouvelles garanties d’innocuité dans la demande d’approbation ». Il n’en a rien été…

Dans ce contexte, il n’est  pas opportun de suivre la proposition de loi déposée à l’Assemblée Nationale visant à l’obligation vaccinale anti-HPV, dans l’attente d’une évaluation scientifique de son efficacité sur l’incidence du cancer invasif du col suivie sur les registres du cancer des pays concernés par la vaccination généralisée…

Dans la situation d’incertitude actuelle, il faut d’autant plus tenir compte de la sous déclaration majeure des EI par des médecins d’autant moins enclins à notifier lorsqu’ils ont conseillé la vaccination.

Connaissant les souffrances des familles concernées par les EI reconnus en lien avec le vaccin, à titre personnel, je ne saurai le conseiller. A une incidence de 6/100 000 en France le cancer du col utérin est devenu une maladie rare. Avec la généralisation du dépistage son incidence va encore diminuer. Le nombre de cancers invasifs du col utérin évités dans l’hypothèse de l’efficacité de la vaccination serait résiduel au regard du nombre des EI graves provoqués : « Primum non nocere »

Au plan médico-économique enfin, consacrer plus de 300 millions d’euros par an à une vaccination dont l’efficacité n’est pas à ce jour démontrée pour la prévention du cancer invasif du col utérin serait disproportionné, alors que son incidence diminue d’année en année, et que le dépistage par frottis n’est pas encore généralisé. N’existe-t-il pas d’autres priorités de santé publique ? Pour en rester à la cancérologie, le cancer colorectal a augmenté de 6% par an entre 2008 et 2016 dans la tranche d’âge 20-39 ans en Europe…le diagnostic plus tardif en l’absence de dépistage en explique le pronostic plus grave…Ne faudrait-il pas  commencer son dépistage plus tôt ?

Auteur : Docteur Gérard BAPT, député honoraire

Je déclare n’avoir aucun lien d’intérêt avec les firmes productrices du vaccin anti-HPV…ni avec leurs concurrents !

  • medalerts.org/vaersdb/findfield
  • Castanon-Sasieri, Elsevier, 107, 02.2018, page 21-28
  • Dillner, LaKartidningen, 2018, jun 5, 115.
  • Gardasil HPV quadrivalent, 18 mai 2006, VRBPAC Background Docu