Levothyrox: un rapport épingle l’absence d’anticipation des autorités sanitaires

 03/09/2018 à 08h28

Levothyrox
DAMIEN MEYER / AFP

La mission « sur l’amélioration de l’information sur le médicament » rend ce lundi ses conclusions à la ministre de la Santé.

Comment la crise du Levothyrox, et avant elle la crise du Mediator, ont-elles pu arriver? C’est l’une des questions sur lesquelles s’est penchée pendant six mois la mission « sur l’amélioration de l’information sur le médicament ». Ses conclusions sont rendues ce lundi à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. 

https://www.bfmtv.com/sante/levothyrox-un-rapport-epingle-l-absence-d-anticipation-des-autorites-sanitaires-1516362.html?fbclid=IwAR2zpkvLFWdMI5EZqurDdZt2pLxZ74tBIZEG-nxtsUOwdF2-kBK0EqdR-5w

Selon Le Parisien, qui a pu consulter le document, le rapport pointe sept problèmes. Parmi eux, « l’absence d’anticipation » des pouvoirs publics, « l’absence de réaction aux nombreux signaux facilement repérables sur la Toile » et « la minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements ». 

Dans le cas de la mise en place de la nouvelle formule du Levothyrox, médicament destiné à soigner les problèmes de thyroïde, de nombreux patients se plaignent d’effets secondaires importants. « L’effet nocebo a très vite été évoqué pour les expliquer des effets secondaires. Même un tel effet ne saurait disqualifier la réalité des plaintes exprimées par les milliers de patients », critiquent les auteurs.

Créer une plateforme d’information

Afin de mieux informer les patients, la mission fait plusieurs propositions. Elle préconise par exemple la création d’une plateforme en ligne « Médicament Info Service », composée d’un site internet et d’une ligne téléphonique pour les professionnels de santé, afin de centraliser des contenus « authentifiés », loin des théories du complot sur les médicaments. 

Elle suggère aussi de mieux informer sur le bon usage des médicaments, en introduisant le sujet dans les programmes scolaires, ou en envoyant un SMS aux patients lors d’un changement important, par exemple. 

Enfin, la mission demande « un effort accru de transparence » de la part des autorités sanitaires, notamment sur les risques que présentent les médicaments. 

« Encourager les remontées d’information »

Sur la base de ces conclusions, la ministre de la Santé s’est engagée ce lundi pour « une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament », indique le ministère dans un communiqué.

La ministre entend « encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé » avec la mise en place dès cette année d’une « stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d’alerte en dehors du système de pharmacovigilance (réseau spécialiste de surveillance des risques liés aux médicaments, NDLR) ».

Agnès Buzyn a ainsi accepté de mettre en place « une source unique d’information publique sur le médicament en s’appuyant sur santé.fr, le service public d’information en santé, en y intégrant le contenu du site officiel sur les médicaments (medicaments.gouv.fr).

De même, elle indique que, pour la première fois, les patients vont être représentés au Comité économique des produits de santé (CEPS) qui négociait, jusque là sans eux, les prix des médicaments remboursés et les rabais avec les laboratoires.PauseMuteCurrent Time 0:20/Duration 1:05Loaded: 100.00% ShareFullscreenCyrielle Cabot avec AFP