Nucléaire : à l’ombre des réacteurs de Golfech

Le 9 mars, la centrale nucléaire de Golfech faisait tristement parler d’elle : près de 200 mètres cubes d’eau mélangés à un produit chimique non radioactif ont été déversés par erreur dans la Garonne. Comment vivent les habitants, à l’ombre de la centrale ? Nous sommes allés voir sur place. 11 minutes Par Jean Blaquière & Héloïse Broseta -26 mars 20190

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Photo : Héloïse Broseta

Situé entre Agen et Montauban, le Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Golfech fait partie du paysage tarn-et-garonnais. Seule centrale d’Occitanie, ses réacteurs à eau pressurisée assurent 55 % de la consommation d’électricité de la région. Le 9 mars, la centrale faisait tristement parler d’elle : près de 200 mètres cubes d’eau mélangés à un produit chimique non radioactif ont été déversés par erreur dans la Garonne

Lancé à la fin des années 70, le projet de construction de la centrale de Golfech a suscité d’emblée la controverse. A l’époque, la France a décidé de miser sur le tout-nucléaire au nom de son indépendance énergétique. La catastrophe de Tchernobyl n’a pas encore eu lieu mais dans l’imaginaire collectif, le nucléaire est avant tout associé au militaire et à la bombe atomique. Dans les cercles politiques de gauche, la lutte s’organise pour contrer l’implantation de la centrale dont la construction débute en 1980. L’année suivante, François Mitterrand, fraîchement élu président de la République, ordonne la suspension du projet sous la pression de ses alliés écologistes. Le chantier redémarre deux ans plus tard, mais sera moins ambitieux que prévu. Au lieu des quatre réacteurs annoncés, la centrale n’en aura que deux.

Depuis sa mise en activité au début des années 90, les contestations ont été en partie calmées par les grosses recettes fiscales apportées par la centrale. Le nucléaire n’a pourtant pas franchement redoré son image. Après Tchernobyl, une autre catastrophe est venue relancer la défiance : celle de Fukushima, survenue en 2011. Le risque de tremblement de terre à Golfech a beau être très faible, des nouvelles dispositions ont été prises pour la sécurité des habitants alentours. Car les conséquences en cas d’accident peuvent être dramatiques. Depuis fin 2018, toutes les communes situées dans un périmètre de 20 kilomètres autour d’une centrale sont préparées à réagir en cas d’accident nucléaire. Jusqu’alors, ces mesures ne concernaient que les 18 000 habitants vivant dans les dix kilomètres autour de la centrale. Ils sont désormais 180 000 à être concernés. Des pastilles d’iode sont également distribuées dans les foyers pour empêcher la thyroïde d’aspirer de l’iode radioactif en cas d’incident.

Le centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Golfech est l’un des plus récents de France : le premier réacteur a été mis en service en 1991, le second en 1994. Par conséquent, le site n’est pas concerné par le projet d’arrêts de réacteurs annoncé par Emmanuel Macron en novembre 2018. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit l’arrêt de 14 des 58 réacteurs présents sur le sol français d’ici 2035. L’objectif ? Faire passer la part du nucléaire de 71,5 à 50 %. La programmation prévoit également la fermeture de la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin) d’ici 2020.

Le nucléaire français se voit par ailleurs contraint à l’évolution pour une raison très prosaïque : son prix a augmenté de 20 % en trois ans pour bientôt atteindre 60 € le mégawatt/heure. Dans le même temps, le prix des énergies renouvelables ne cesse de diminuer. Mais paradoxalement, l’argument majeur mis en avant par les défenseurs du nucléaire est écologique : à l’heure du réchauffement climatique, une énergie qui ne rejette pas de CO² dans l’atmosphère ne peut qu’être une solution d’avenir, selon eux. Et tant pis pour les déchets qui mettront plus de mille ans à se dégrader…

Nicolas Brouzeng, le directeur de la centrale, le confirme : une baisse de la production n’est pas d’actualité. Des rumeurs circulent même sur la construction d’un nouveau réacteur. Une évolution qui n’est pas à l’ordre du jour selon Nicolas Brouzeng, qui n’exclut cependant pas de continuer à développer sa centrale. « Nous prenons des dispositions pour construire l’avenir. Nous serons prochainement confrontés à des enjeux industriels majeurs avec un programme de modernisation important de nos installations qui nécessiteront des investissements conséquents et des chantiers en nombre », déclare-t-il. Aujourd’hui, 760 agents EDF et 300 salariés sous-traitants permanents y travaillent, soit plus de 1000 personnes. Un chiffre auquel il faut ajouter jusqu’à 2 000 sous-traitants temporaires appelés « nomades », présents sur le site tous les 18 mois pour les opérations de maintenance lors de l’arrêt d’un réacteur. 

1/ Golfech, le “village-centrale”

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Photo : Heloïse Broseta

Golfech, c’est d’abord deux énormes cheminées qui crachent leur vapeur. Des installations visibles depuis l’autoroute et qui figurent même sur le logo de la commune. Depuis 1991, la centrale domine le petit village, située en bord de Garonne. Un emplacement choisi pour des raisons techniques et « non pas politiques » souligne le maire, Alexis Calafat. Élu en 1989, juste avant l’ouverture de la centrale, il tient à être clair : « La centrale, c’est la centrale et la commune, c’est la commune ! » Force est de constater que l’une doit beaucoup à l’autre.

Lorsque la centrale est venue s’implanter à Golfech, la ville était sinistrée par l’exode rural. A peine 555 habitants y vivaient encore et l’économie locale était en berne. En 2018, la barre des 1 000 Golfechois a été franchie pour la première fois depuis 1856. La présence de la centrale sur le territoire ne semble pas effrayer les Tarn-et-Garonnais, très enclins à emménager dans le secteur. « C’est une commune assez recherchée, confirment les agents immobiliers locaux. Il y a quelques infrastructures, des commerces de proximité et tout est nickel. »

Car la centrale n’a pas attiré que ses employés. C’est toute l’économie du territoire qui a été bouleversée. La présence fréquente de sous-traitants « nomades » fait fonctionner les gîtes, hôtels et restaurants alentours. EDF rapporte chaque année 1,5 million d’euros de recettes fiscales à la commune. Une somme qui lui permet quasiment de se passer des impôts locaux. La taxe d’habitation n’est que de 2,4%, la taxe foncière 3,4% et il n’y a pas de taxe sur les ordures ménagères et sur l’assainissement. Avec les millions accumulés, la ville a aussi pu s’offrir une nouvelle mairie, une nouvelle école, deux terrains de foot, un complexe aquatique et une voirie flambant neuve. 

C’est d’ailleurs ce qui marque le plus lorsqu’on déambule dans le village. Tout n’est que grandes rues pavées avec bornes, poubelles et lampadaires stylisés. Pas un papier qui traîne. La vie de la commune se concentre autour d’une grande esplanade dont les dalles luisent au soleil. Autour, on trouve la piscine, le club de basket et la salle polyvalente. Trois bâtiments modernes qui ont pour point commun d’être directement (et gratuitement) fournis en eau chaude par la centrale. EDF chauffe aussi l’eau de l’école et du club du troisième âge. Ce partenariat ne s’arrête pas qu’aux bâtiments publics. Si on sait qu’EDF est le sponsor de l’équipe de France de football, on sait moins que la compagnie sponsorise aussi de nombreux clubs sportifs tarn-et-garonnais.

La centrale est tellement omniprésente que les Golfechois ne semblent plus la voir. « On s’y habitue, ça fait partie du décor », explique Marie-Paule, commerçante sur le secteur. La construction avait pourtant déchaîné les passions dans le contexte post-Tchernobyl des années 80. Des tensions qui sont retombées depuis. « Ceux qui étaient réticents font avec, voire y travaillent », se félicite le maire. Une affirmation corroborée par les producteurs locaux qui craignaient de voir baisser leur vente en raison de la mauvaise image du nucléaire. « Au final, ça s’est tassé », constate Josiane, maraîchère depuis quarante ans.

Tout irait donc parfaitement bien au pied du réacteur ? Pas exactement. Les Golfechois restent extrêmement attentifs aux dysfonctionnements de la centrale. « A la moindre anomalie, j’ai 40 personnes devant chez moi qui me demandent ce qui se passe. Et le réseau téléphonique sature parce que tout le monde prévient tout le monde », raconte le maire. Deux de ses administrés auraient même construit des abris anti-nucléaires dans leurs jardins. Bien qu’il soit ouvertement pro-nucléaire, Alexis Calafat plaide pour une  meilleure information de la population : « Au début, le nucléaire était mal vu car EDF ne voulait pas communiquer et nous promenait. » Depuis, un pacte a été conclu avec les dirigeants de la centrale qui disent considérer l’édile comme « le premier interlocuteur local ».

Depuis 1991, aucun incident survenu à la centrale n’a eu d’impact durable sur la vie de la commune. Mais les Golfechois s’en remettent avant tout à la chance : « On touche du bois ! » est l’expression qui revient dès que l’on aborde le sujet. Alexis Calafat le sait : un incident nucléaire majeur signerait l’arrêt de la centrale. Une perspective à laquelle il s’est préparé. « Golfech vivait avant et vivra après… mais pas avec le même train de vie », estime-t-il. Depuis plusieurs années, la commune achète et refait à neuf les bâtiments abandonnés qu’elle transforme en commerces communaux.

Depuis les années 90, Golfech s’est équipé d’un centre de soin esthétique, d’un salon de coiffure, d’un magasin d’informatique, d’une boucherie et de nombreux restaurants où les agents EDF déjeunent le midi. « Les loyers que l’on touche me permettent de payer ma masse salariale », se félicite Alexis Calafat.

2/ Une centrale sous haute surveillance

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Photo : Héloïse Broseta

Le 18 janvier 2010, une fuite de tritium se déverse dans la Garonne, contaminant 450 litres d’eau. Des associations antinucléaires portent plainte contre le CNPE de Golfech, qui sera condamné à verser 4 000 euros d’amende pour « alarme inadaptée et retard dans le traitement de l’événement ». Depuis les débuts du nucléaire, EDF n’a quasiment jamais été condamnée par les tribunaux. Le secteur du nucléaire subit de nombreux contrôles, surtout pour son fonctionnement interne. Golfech est une centrale classée « propre », ce qui signifie que la quasi-totalité des travailleurs peuvent circuler en simple bleu de travail, en raison de la propreté radiologique du site.

La centrale de Golfech semble, de prime abord, être l’une des moins dangereuses pour ses travailleurs. Pour autant, lorsque sonnent les sirènes, les Golfechois savent ce que cela signifie. En moyenne, il advient deux à trois incidents par an à la centrale, la plupart du temps de niveau 1 (le moins grave) sur l’échelle internationale des événements nucléaires. En 2017, un élément significatif de niveau 2 (pour 9 « non-conformités »), ainsi que la détérioration de la propreté radiologique ont été relevés  à Golfech par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), le « gendarme du nucléaire ». Cette même année, un rapport parlementaire constate une augmentation du nombre d’incidents dans les centrales nucléaires, tout en précisant que leur caractérisation s’est améliorée. La centrale de Golfech n’est pas épargnée par ce constat.

C’est donc l’ASN qui dispose de la compétence du contrôle du site. « Nous effectuons des inspections, programmées ou surprises, en moyenne deux fois par mois résume Bertrand Frémaux, le directeur-adjoint du bureau bordelais de l’ASN. Nous surveillons les phases d’arrêts des réacteurs, les recharges de combustibles. On suit également les opérations de maintenance lors des arrêts de tranche. » Après ces opérations, l’ASN autorise ou non le redémarrage du réacteur. En septembre 2018, un cas grave dysfonctionnement a été relevé : des déchets radioactifs étaient stockés dans un endroit où le risque d’incendie est important. Depuis, EDF a été dans l’obligation de régler le problème et de se soumettre à une nouvelle inspection. « Si la réponse ne nous convient pas, nous le leur faisons savoir, quitte à aller jusqu’au tribunal, même si c’est rare », explique Bertrand Frémaux.

Malgré ces contrôles réguliers, le directeur-adjoint de l’ASN reconnait que « l’accident nucléaire est possible, on ne peut pas le nier ». Surtout depuis l’irruption d’une autre problématique : le terrorisme. Avant leur embauche, toutes les personnes qui entrent sur le site font l’objet d’une enquête approfondie. Mais après ? Comment assurer le suivi des employés d’EDF et des sous-traitants ? Sur cette question, ni l’ASN ni la centrale ne souhaitent s’exprimer.

« En 2015, nous sommes passés de 18 à 44 gendarmes consacrés exclusivement à la centrale, explique le maire de Golfech. Google Earth a aussi dû brouiller les vues aériennes de la centrale ». Entre 2014 et 2016, plusieurs survols de drones au-dessus de la centrale ont renforcé l’inquiétude des riverains. « On sait qu’on est une cible », confirme le maire. Les Golfechois, eux, se rassurent comme ils peuvent. « S’il se passait quelque chose, on serait informés », espère Marie-Paule, qui vit dans les environs. En cas d’incident, même sans gravité, la centrale est dans l’obligation de dresser un signalement à l’ASN mais aussi aux maires et à la préfecture.

3/ Ces accidents du travail qu’EDF ne saurait voir

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Photo : Héloïse Broseta

En 2017, 73 000 des 400 000 travailleurs du nucléaire français étaient susceptibles de recevoir une dose de radioactivité, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté du nucléaire (IRSN). Parmi ces 73 000, les 21 000 plus exposés sont étroitement contrôlés. Cela concerne majoritairement les sous-traitants temporaires, en charge de la maintenance. Avant d’intégrer la centrale, les sous-traitants subissent un bataillon de tests médicaux pour vérifier qu’ils seront aptes à éliminer la contamination le jour où elle se présentera. Par la suite, le travailleur doit porter un dosimètre qui calcule au quotidien la quantité de dose de radioactivité reçue. Si le taux est trop haut, l’employé est temporairement exclu de la zone contrôlée. Le suivi médical n’ira pas beaucoup plus loin par la suite. L’examen d’entrée tient lieu de passeport, mais aussi de garantie. A la centrale nucléaire de Golfech, deux médecins travaillent au suivi des agents EDF. 

Pour les sous-traitants, il n’y a qu’un poste et la titulaire a démissionné en septembre. L’arrivée de son successeur n’est pas prévue avant juin. En attendant, deux médecins se relaient. « Le suivi est bien assuré… quand on a du temps pour ça, commente l’un des médecins. Il est 18 heures, j’ai commencé à 7 heures ce matin et j’y suis encore. » Le directeur de la centrale, Nicolas Brouzeng, assure que « les démarches en terme de sécurité et de radioprotection sont les mêmes, quel que soit le statut du salarié. »

Lorsqu’on l’interroge sur les accidents du travail potentiels au sein de la centrale, le directeur est formel : « On est dans un domaine où la transparence est une valeur qui doit être partagée. Notre système est construit pour que le pas-vu pas-pris n’existe pas. C’est dans notre nature. C’est ce qu’on appelle la culture nucléaire. » Le constat de Catherine Vigouroux, qui a été médecin du travail à la centrale de 2002 à septembre 2018, diffère clairement de celui de Nicolas Brouzeng : « Il y a des accidents du travail qui passent en arrêt maladie. Si un accident se voit, le salarié ira à l’infirmerie où l’accident sera tracé. Mais s’il se fait juste mal au dos, cela sera déclaré en maladie. » 

4/ Travailleurs du nucléaire : atomes crochus

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Photo : Héloïse Broseta

Véronique et Christian reçoivent dans leur pavillon golfechois depuis lequel on voit fumer les cheminées de la centrale. Le couple de quinquagénaires s’est installé là en 2007, après avoir vécu à Cruas et à Fessenheim. Ils ne sont pas salariés d’EDF mais d’Onet, une entreprise de propreté, sécurité ou encore de services aéroportuaires. En tant que sous-traitants, ils ne bénéficient pas des avantages offerts par le géant de l’électricité, comme l’énergie gratuite et le logement en lotissement EDF. Véronique travaille comme radio-protectionniste, ce qui consiste à décontaminer les locaux pour que les agents EDF puissent travailler en toute sécurité. Son mari travaille comme logisticien nucléaire. Il est notamment chargé du bon état des installations et de la décontamination de la piscine de refroidissement. Lui se plaint des conditions de travail « de plus en plus pénibles », où il faut faire toujours plus avec un matériel archaïque. « Il faut être un peu MacGyver ! » s’amuse-t-il.                      

Tout les deux sont venus au nucléaire un peu par hasard, beaucoup par curiosité. Malgré les difficultés, aucun d’eux ne se voit changer de branche. « J’aime le nucléaire ! J’aime mon boulot ! A la centrale, on ne voit pas la même chose tous les jours. C’est passionnant », explique Véronique. Son mari renchérit : « Le nucléaire, c’est une autre vie. J’y suis venu pour être libre, je ne veux pas revenir à l’usine où il faut pointer à 8 heures. » « Trouvez-moi une autre entreprise où vous avez la machine à café gratuite ! » lâche Véronique pour achever de nous convaincre.

Le couple s’accorde à dire que, depuis le début des années 2010, « c’est de plus en plus compliqué ». Les relations entre sous-traitants d’une même entreprise seraient devenues « infâmes ». « Ici c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. La politique de la centrale, c’est diviser pour mieux régner », estime Christian. Le turn-over empêche une mobilisation et une syndicalisation efficace chez les sous-traitants. Pourtant, des revendications, Véronique en a : « On n’a pas la reconnaissance du travail pénible. C’est ça qu’on voudrait. » Depuis son arrivée à Golfech, elle a enchaîné dépression, problèmes de thyroïde et d’ouïe. Aujourd’hui, elle n’a plus que 20% d’audition. Ses tympans ont explosé après un passage dans un sas de décompression à la centrale, il y a trois ans. Mais la maladie professionnelle n’a pas pu être reconnue en raison de l’absence de suivi ORL. « Quand je me suis mise en arrêt maladie, mon chef m’a demandé si je ne voulais pas prendre des vacances plutôt », se souvient-elle.

Véronique évoque le cas d’un collègue récemment décédé d’un cancer fulgurant. Une situation qu’elle craint pour elle aussi. « On sait qu’il y aura un cancer, mais il ne sera pas reconnu » comme maladie professionnelle, déplore-t-elle. Christian surenchérit : « Le jour où il y a un cancer, on va voir qu’on a bu, qu’on a fumé, on nous dira que c’est à cause de ça. » Lui est contaminé au moins une fois par an. Dans le nucléaire, la crainte d’une forte radiation, « c’est tous les jours », raconte Christian. Et pourtant, Véronique et Christian restent des fervents défenseurs du nucléaire. Ils s’amusent à citer le sketch des Chevaliers du Fiel : « On n’a pas de séquelles ! »

Ils se sont aussi habitués à la présence des cheminées dans leur paysage. « Quand j’ouvre ma fenêtre le matin, je vois ma centrale. Les cheminées me font la météo. En fonction du vent, je sais s’il va pleuvoir ou faire beau », sourit Véronique. Ni elle ni Christian ne craignent l’accident nucléaire. Et quand bien même, ce serait « la faute à pas de chance ». Plusieurs de leurs enfants ont travaillé à la centrale et Véronique les encourage à poursuivre dans cette voie. « Pour moi, le nucléaire c’est la sécurité de l’emploi. On aura toujours du travail. Le nucléaire c’est l’avenir. »

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