Des particules de plastique tombent du ciel dans les Pyrénées

Pollution.

Publié le 17/04/2019 – 14:16

Les lacs d’Arrémoulit, dans les Pyrénées (photo d’illustration)  PHOTO / AFP / ARNAUD BERTRANDE / ONLY FRANCE

Des chercheurs ont découvert que les microplastiques voyagent sur de longues distances à travers les airs, transportées par le vent. Et retombent dans des zones reculées.NOS SERVICES

Des profondeurs de l’océan jusque dans nos entrailles, le plastique est absolument partout. Y compris dans des zones de montagnes reculées et même dans les airs. C’est ce que démontre une nouvelle étude parue le 15 avril dans Nature Geoscience.

Pour parvenir à ces résultats, des chercheurs ont mesuré cinq mois durant, en 2017 et 2018, les quantités de morceaux de plastique – dont la taille est comprise entre 10 et 150 microns de large, qu’on appelle microplastiques – présentes à 1 400 mètres d’altitude, dans le massif pyrénéen, sur le versant français.

“Cette découverte montre une fois de plus l’omniprésence des plastiques, dont les effets sur la chaîne alimentaire inquiètent les spécialistes. La plupart des fragments et autres fibres qu’on a retrouvés provenaient d’articles à usage unique et d’emballages”, rapporte le quotidien de Barcelone La Vanguardia.

Une pollution comparable à celle d’une ville comme Paris

En moyenne, les chercheurs ont dénombré 365 minuscules morceaux de plastique apparaissant chaque jour, dans chaque mètre carré de terrain étudié. Et ce alors même que le plus proche village se trouvait à 7 kilomètres, qu’il n’existait aucune source évidente de plastique à 100 kilomètres à la ronde, selon Deonie Allen, l’une des deux principaux auteurs, interrogée par National Geographic.

S’ils s’attendaient bien à trouver des microplastiques dans cette zone reculée, les chercheurs n’imaginaient pas en trouver autant. “Cette quantité de pollution aux microplastiques est comparable à ce que vous voyez dans une ville comme Paris”,insiste le site I Fucking Love Science.

Et comment ces petits bouts de plastiques sont-ils arrivés là ? Tout simplement avec le vent expliquent les auteurs. “Même si l’on ne connaît pas encore avec certitude les distances que peuvent couvrir les microplastiques, l’analyse des trajectoires dans l’atmosphère [dans cette étude] révèle que les fragments peuvent y parcourir au moins 96 kilomètres”, rapporte La Vanguardia, qui insiste :

L’étude confirme que l’accumulation des déchets plastiques (du fait des carences de politiques de prévention et de la mauvaise gestion des résidus) a des répercussions planétaires.”

Et il n’est pas certain que les mesures prises par l’Europe, comme l’interdiction de certains produits en plastique à usage unique, suffisent à endiguer le problème.
 Carole Lembezat