Levothyrox : «On est loin de la transparence sanitaire !»

Gérard Bapt.

Publié le 15/05/2019 à 09:26

SantéRouffiac-Tolosan

Bien que n’étant plus député, Gérard Bapt n’en reste pas moins engagé sur les questions de santé publique et particulièrement sur les perturbateurs endocriniens.

La commune de Saint-Jean a signé la charte «Territoires sans perturbateurs endocriniens». Des progrès à attendre ?

La commune n’utilise déjà plus de pesticides, a produit une exposition d’information sur les perturbateurs endocriniens, et travaille à les éliminer dans la restauration scolaire. Nous engageons aussi une action d’information concernant une famille chimique de synthèse, les phtalates, présents dans de nombreux plastiques, par exemple sols en PVC, générateurs d’asthme et dyslexies chez les enfants, puis troubles de la fertilité ou puberté précoce. Nous allons procéder au dosage de phtalates dans les cheveux de plusieurs élus pour démontrer la réalité des expositions, évaluer leurs origines pour entreprendre des actions de prévention…

Les choses avancent-elles sur la crise du Levothyrox ?

Oui, grâce aux Toulousains D. Condorcet et P.L. Toutain ! Leur étude a montré que Merck avait camouflé l’étude de bioéquivalence en ne montrant que des moyennes, et l’Agence du médicament n’avait pas été plus loin… Pour 60 % des sujets sains concernés par cette étude, la nouvelle formule du Levothyrox n’est pas équivalente à l’ancienne, ce qui explique que tant de patients traités ont présenté des troubles… depuis cette publication, nous n’entendons plus les «Professeurs Nocebo» qui affirmaient que tout se passait dans la tête des patients ! et l’agence du médicament comme le ministère de la santé sont muets… Nous sommes très loin de la transparence et de la démocratie sanitaire !

Quelle est la mission pour laquelle vous partez au Vietnam ?

J’accompagne le Professeur Sultan du CHU de Montpellier pour une mission soutenue par le CNRS. Il s’agit de l’évaluation sanitaire des dégâts persistants de l’agent Orange, fabriqué par Monsanto, que les Américains ont déversé pour défolier les forêts et mieux bombarder les Vietcongs… il s’agissait de dioxines à hautes doses, qui ont des effets transgénérationnels comme le bisphénol. Des enfants naissent toujours mal formés ou avec des handicaps psychiques. A noter que le Vietnam a interdit le glyphosate, fabriqué par le même Monsanto. Il faut agir plus vite et plus fort contre les pesticides, malheureusement les lobbies sont très puissants. Seule la pression citoyenne et les lanceurs d’alertes permettent d’avancer !E. H