3 exemples d’inégalités hommes-femmes dans le domaine de la santé

3 exemples d'inégalités hommes-femmes dans le domaine de la santé
3 exemples d’inégalités hommes-femmes dans le domaine de la santé – © metamorworks – Getty Images/iStockphoto

Face aux maladies, les hommes et les femmes ne sont pas égaux.

Les inégalités hommes-femmes s’illustrent dans tous les domaines: à la maison, au travail… mais également lorsqu’il s’agit de la santé. Pendant des siècles, la plupart des études cliniques ont majoritairement porté sur des individus de sexe masculin, faisant fi des différences biologiques (pourtant bien réelles) entre les hommes et les femmes.

Ce manque de diversité au sein de la recherche médicale a été dénoncé au début des années 90 aux Etats-Unis, puis par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui a adopté en 2002 une approche politique sur les questions d’équité entre les sexes et selon les genres.

Malgré ces prises de conscience, le retard accumulé est tel qu’il a conduit à des disparités importantes entre les deux sexes encore présentes dans un grand nombre de maladies. Erreur ou écart de diagnostic, mauvaise connaissance des symptômes…

L’infarctus du myocarde

Selon des estimations de la Fédération Française de Cardiologie, l’infarctus du myocarde féminin cause 76.000 décès par an chez les Françaises. Pourtant, les patientes sont souvent diagnostiquées plus tardivement et moins bien prises en charge que les hommes. Une différence qui s’explique en partie par des facteurs environnementaux.

« Dans 80% des cas, l’infarctus est lié à nos modes de vie: tabagisme, stress, sédentarité. Or cela fait un peu plus de 50 ans que les femmes ont adopté le même mode de vie que les hommes. La médecine n’a pas suivi cette évolution », explique la Pre Claire Mounier-Vehier, cardiologue.

Près de la moitié des femmes de moins de 60 ans victimes d’un infarctus du myocarde n’ont pas ressenti les symptômes classiques chez les hommes (douleur dans la poitrine, le bras gauche et la mâchoire).

Et pour cause, moins connus, les symptômes de l’infarctus de la femme se manifestent (le plus souvent) par une sensation d’épuisement, de l’essoufflement à l’effort et des nausées.

Le diagnostic tardif et la prise en charge médicale insuffisante des femmes s’expliquent également par un manque de connaissance des symptômes de la part des patientes elles-mêmes. « Une enquête de Santé Publique France actuellement en cours qui interroge les femmes sur l’infarctus montre que seulement 38% d’entre elles savent qu’elles peuvent être touchées par les maladies cardiovasculaires. Il ne s’agit que d’un premier chiffre, bien sûr, mais cela laisse penser qu’il reste beaucoup de travail d’information à faire auprès des patientes », estime la Pre Mounier-Vehier.

Le « mauvais » cholestérol

Bien que le cholestérol, qui appartient à la famille des graisses alimentaires (lipides) ne soit pas une pathologie, l’excès de ce qu’on appelle familièrement le « mauvais cholestérol » peut conduire à l’infarctus du myocarde. Là encore, le mauvais cholestérol est étroitement lié au mode de vie (alimentation, stress, tabac). Pourtant, il reste encore trop souvent associé aux hommes.

Le traitement le plus souvent prescrit pour faire baisser le taux de mauvais cholestérol sont les statines.

« Or les essais thérapeutiques pour ces médicaments ont été réalisés majoritairement sur des cohortes masculines », précise Claire Mounier-Vehier.

« On sait que le métabolisme hépatique des médicaments est totalement différent entre les deux sexes. De ce fait, les femmes qui prennent des statines subissent des effets secondaires tels que des crampes ou des troubles digestifs, ce qui signifie qu’il y a probablement un problème de surdosage. Mais le nombre trop faible d’études genrées fait que des recommandations de dosages ne sont pas encore disponibles », regrette la présidente de la Fédération Française de Cardiologie.

Le trouble du spectre de l’autisme

Selon des estimations des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des Etats-Unis, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) sont environ quatre fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Plusieurs théories expliquent cette prévalence par l’influence des différentes hormones (testostérones pour les hommes et œstrogènes pour les femmes) sur le cerveau. Mais d’autres recherches ont montré que les écarts de diagnostic du TSA entre les hommes et les femmes sont également biaisés par des schémas sociétaux relatifs au genre.

Marie Rabatel, Présidente de l’Association francophone de Femmes Autistes confirme: « Les outils de diagnostic ont été élaborés sur des hommes, sans en prendre en compte la condition féminine, ce qui peut amener à des errances de diagnostic. Si l’on se réfère à l’étude 2015 du docteur britannique Simon Baron-Cohene et de son équipe, les femmes présentent de manière générale un risque plus élevé de ne pas recevoir de diagnostic d’autisme, notamment lié à leur capacité à camoufler leurs traits autistiques ».