Pourquoi le dioxyde de titane a été banni des assiettes, mais pas des dentifrices

Par Valérie Xandry le 07.06.2019 à 07h30ABONNÉS

ENQUÊTE – Au 1er janvier 2020, le dioxyde de titane, plus connu sous le nom de E171, devrait disparaître des denrées alimentaires en France. Mais il pourra toujours être présent dans les médicaments ou encore les cosmétiques.

Bonbons

Le dioxyde de titane est utilisé dans une large gamme de produits alimentaires comme les bonbons (photo d’illustration). Le syndicat national de la confiserie a inscrit en juin 2018 l’engagement de supprimer l’E171 dans sa charte.MYCHELE DANIAU / AFP

Le E171 est-il en passe de devenir l’ennemi public numéro 1? Décrié depuis quelques années, le dioxyde de titane autrement appelé E171 devrait disparaître des denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020. Le gouvernement a en effet pris un arrêté en ce sens mi-avril, projetant la suspension de la mise sur le marché des produits alimentaires qui en contiendraient pour une durée d’un an renouvelable. Un arrêté qui a été notifié à l’Union européenne comme il se doit puisque l’autorisation des substances chimiques se fait à ce niveau.

Que reproche-t-on à cet additif? Contenant des nanoparticules et utilisé dans une large gamme de produits alimentaires allant de bonbons aux gâteaux, en passant par des plats préparés ou chewing-gums pour son caractère blanchissant et brillant notamment, son impact sur la santé fait débat. Une étude de l’INRA de 2017 montrait ainsi que le E171 ingéré favoriserait la croissance de lésions cancéreuses chez le rat. Mais l’Autorité européenne de la sécurité des aliments (EFSA) avait de son côté considéré fin 2016 que le dioxyde de titane n’était pas de nature à entraîner un risque sanitaireEn avril, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) a cependant conclu qu’elle ne disposait pas d’éléments nouveaux « permettant de lever les incertitudes sur l’innocuité de l’additif E171 ».