Androcur : les patients devront attester qu’ils sont informés des risques de tumeur

Par LEXPRESS.fr ,publié le 17/06/2019 à 11:25 , mis à jour à 17:35 

L'acétate de cyprotérone, le principe actif de l'Androcur et de ses génériques, peut provoquer des méningiomes (tumeurs bénignes au cerveau). 500 victimes ont déjà été identifiées, mais ce chiffre est certainement sous-estimé.
L’acétate de cyprotérone, le principe actif de l’Androcur et de ses génériques, peut provoquer des méningiomes (tumeurs bénignes au cerveau). 500 victimes ont déjà été identifiées, mais ce chiffre est certainement sous-estimé. Thierry Pasquet / Signatures

Dès le 1er juillet, les patients ne pourront obtenir ce médicament en pharmacie que sur la présentation obligatoire d’une attestation annuelle d’information signée.

Face au risque de tumeur cérébrale, la vigilance est renforcée autour de l’Androcur. Dès le 1er juillet, tout patient débutant un traitement avec ce médicament, ou ses génériques, devra être informé du risque de tumeur lié à ce traitement et bénéficier d’un examen d’imagerie cérébrale, selon l’ANSM, gendarme du médicament en France.

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Le Parisien précise ce lundi que les médecins devront obligatoirement faire signer à leurs patients un formulaire qui les informe des risques. Ces derniers ne pourront obtenir ces médicaments en pharmacie que sur la présentation obligatoire de cette attestation annuelle d’information signée, à compter du 1er juillet pour les nouveaux traitements et du 1er janvier 2020 pour les renouvellements.  

Un courrier envoyé à 80 000 patients

« Cette information concerne principalement les femmes, l’acétate de cyprotérone, principe actif de ces médicaments, étant minoritairement prescrit aux hommes, notamment pour le cancer de prostate et les déviances sexuelles [castration chimique pour pédophilie et/ou viols à répétition] », a expliqué à l’AFP le docteur Jean-Michel Race, endocrinologue, de l’ANSM.  

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Selon Le Parisien, un courrier cosigné par l’ANSM et l’Assurance Maladie va par ailleurs être envoyé à 80 000 patients pour les alerter et les inciter à consulter leur médecin. Ce courrier indique notamment que Androcur est un « médicament efficace pour le traitement de certaines affections, mais qui peut favoriser le développement de méningiome ». Le quotidien précise qu’à cause de la réglementation, les autorités n’ont pas pu retracer les patients qui ont eu une prescription il y a plus de deux ans. 

Combattre la pilosité excessive, l’endométriose, l’acné

L’Androcur, du laboratoire Bayer, et ses génériques, prescrits pour combattre une pilosité excessive sévère ou, hors de son indication officielle, pour l’endométriose ou l’acné, peut multiplier jusqu’à 20 (après 5 années de traitement), et même plus, la probabilité de tumeurs intracrâniennes chez les femmes traitées longtemps et à hautes doses.  

L’étude de ce risque, rendue publique fin août 2018, a été réalisée par l’ANSM et l’Assurance maladie. Le risque était connu mais quantifié pour la première fois, selon l’ANSM. En terme de doses cumulées, il devient supérieur au fil du temps et peut ainsi être multiplié « par 30 » après de nombreuses années.  

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