Une expertise indépendante exigée

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) a demandé jeudi aux autorités sanitaires de lancer une expertise scientifique indépendante pour identifier des « impuretés » présumées dans les comprimés de la nouvelle formule du Lévothyrox, datant de 2017. Ces impuretés pourraient être à l’origine des effets indésirables ressentis par de très nombreux malades – douleurs musculaires, fatigue, céphalées, troubles digestifs… -, ont indiqué lors d’une conférence de presse Chantal L’Hoir, la présidente de l’AFMT et son conseil scientifique constitué de l’ancien député Gérard Bapt et de l’ancien biologiste Jacques Guillet. « Il est nécessaire d’identifier ces impuretés pour savoir si elles sont en cause », a insisté Gérard Bapt.

Selon des analyses que l’association de patients a fait réaliser par différents laboratoires, dont le CNRS, une impureté, absente des lots de l’ancienne formule du médicament « a une présence marquée » dans des lots de la formule datant de 2017. En revanche, « elle a une présence fortement diminuée, de 5 à 10 fois, dans les lots de la nouvelle formule, postérieurs à 2017 », souligne l’AFMT. Un laboratoire public européen a aussi été sollicité par l’AFMT. Ses résultats vont être publiés dans une revue scientifique. 
Selon l’AFMT, « ils confirment les résultats précédents » notamment ceux d’un chercheur toulousain qui avait décelé un « élément impur » en analysant la nouvelle formule. Cette affirmation avait été réfutée par le CNRS, son employeur, pour qui le chercheur n’avait « pas respecté la déontologie scientifique indispensable ».