Diabète. L’unique fabricant au monde de pompes à insuline implantées arrête sa production

Dans l'Ouest, les médecins traitant des patients implantés se trouvent à Rennes ou à Caen.
Dans l’Ouest, les médecins traitant des patients implantés se trouvent à Rennes ou à Caen. | ANTOINE SOUBIGOU

Ouest-France Emmanuelle FrançoisModifié le 13/08/2019 à 21h02Publié le 13/08/2019 à 19h38ABONNEZ-VOUS

Le géant américain des implants Medtronic a annoncé qu’il allait arrêter de fabriquer des pompes à insuline implantées. Or, c’est le seul fabricant au monde de ce dispositif. Pour plus de 200 patients diabétiques français, pour qui le dispositif est vital, cette annonce est un cauchemar.

La situation est très angoissante pour les quelque 400 patients diabétiques de type 1 dans le monde qui ont besoin d’une pompe à insuline implantée dans l’abdomen. Medtronic, l’unique fabricant de ce dispositif, a annoncé qu’il allait arrêter la production en 2020. Sans avoir trouvé de repreneur…

Si la plupart des patients atteints de diabète de type 1 arrivent à réguler leur insuline avec des stylos ou des pompes accrochées à la peau, une petite partie a besoin de cette pompe implantée pour mener une vie normale. Or, « ces pompes ont une durée de vie de six à huit ans, explique Alexandra Rousseau, implantée en 2014. Autant nous donner une corde tout de suite. »

« Un double discours »

« Les traitements classiques rendent la vie impossible aux patients, assure Éric Renard, chef de service de diabétologie au CHU de Montpellier. La pompe leur évite les complications graves liées au diabète, au niveau de la rétine, du cœur ou des reins, et des hospitalisations. »

Pour Medtronic, la fabrication de cette pompe à 35 000 € n’est pas assez rentable. En France, elle est prise en charge par la Sécurité sociale. « Medtronic a un double discours, regrette Éric Renard. C’est une question d’éthique. Ils disent que ce dispositif ne vaut rien, mais n’ont pas l’air de vouloir céder le brevet facilement… »

Le député radical Olivier Falorni et la sénatrice LR Corinne Imbert ont écrit à la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour l’alerter sur la situation des patients. Le nombre de personnes atteintes de diabète de type 1 augmente au rythme inquiétant de 3 à 4 % par an depuis 20 ans, surtout chez les jeunes enfants.