L’article à lire pour comprendre la pénurie de médicaments qui inquiète patients, médecins et pharmaciens

Le gouvernement doit présenter en septembre un plan pour mieux gérer les ruptures d’approvisionnement en médicaments. Un problème de santé publique qui préoccupe patients et professionnels.

Dans les pharmacies françaises, des centaines de médicaments manquent pendant parfois plusieurs semaines.
Dans les pharmacies françaises, des centaines de médicaments manquent pendant parfois plusieurs semaines. (MAXPPP)
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Camille CaldiniFrance Télévisions

Mis à jour le 26/08/2019 | 11:02
publié le 26/08/2019 |

Depuis une dizaine d’années, les pénuries de médicaments sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Une vingtaine de médecins et professeurs hospitaliers ont sonné l’alarme en publiant une tribune dans Le JDD, mi-août, pointant la responsabilité des laboratoires dans la gestion des stocks. Les fabricants ont rétorqué, lundi 19 août, qu’il n’y avait pas de « solution unique et simpliste ». Et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) assure lutter contre les acteurs du secteur qui ne respectent pas les règles.

En attendant la présentation du plan du gouvernement en septembre, franceinfo vous explique d’où vient cette pénurie de médicaments, ses conséquences et les pistes envisagées pour y remédier.

Qu’est-ce qu’une « pénurie de médicaments » ?

L’ordre des pharmaciens parle de « ruptures d’approvisionnement » plutôt que de pénurie. Il estime qu’il y a une rupture chaque fois qu’une officine ou une pharmacie d’un établissement de santé ne peut plus s’approvisionner en un médicament, quel qu’il soit, « pendant 72 heures ». Il n’est pas nécessaire que le médicament manque sur tout le territoire pour qu’il soit considéré comme en rupture. Sont comptabilisés ceux qui manquent dans au moins 5% des pharmacies connectées au système de signalement baptisé DP-Ruptures. 

De son côté, l’ANSM répertorie les ruptures de stock des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). Il s’agit de ceux pour lesquels une interruption de traitement pourrait « mettre en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme », ou représenter une « perte de chance importante au regard du potentiel évolutif de la maladie », ou encore ceux pour lesquels il n’existe « pas d’alternatives thérapeutiques appropriées et disponibles en quantité suffisante »

Beaucoup de médicaments sont-ils concernés ?

Les ruptures d’approvisionnement ont explosé ces dernières années. Dans son rapport d’activité de 2014 (fichier PDF), l’ANSM recensait 44 cas de rupture gérés par ses services en 2008, 173 en 2012. Les chiffres ont ensuite bondi pour atteindre 438 ruptures en 2014. En 2017, l’Agence en dénombrait 538. C’est donc déjà 12 fois plus qu’en 2008. Contactée par franceinfo, l’ANSM rappelle que « le nombre de signalements reste relativement limité au regard du nombre important de spécialités commercialisées » en France.

L’augmentation des ruptures de stock de MITM n’est pas un phénomène limité au territoire national. Elle s’exprime à l’identique à l’échelle européenne et internationale.ANSMà franceinfo