Quand le Medef propose de mettre les hôpitaux déficitaires en faillite

Le patronat propose 22 mesures choc et un nouveau système de financement de l’Assurance-maladie permettant de réduire de 25 à 30 milliards d’euros les dépenses à l’horizon de 2017.

Comment préserver le système de santé français, qualifié de «meilleur système du monde» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)? En le réformant en profondeur, répond le Medef. L’organisation patronale a proposé ce mercredi 22 mesures sur la période 2014-2017, «permettant une adaptation du système de soins aux nouveaux enjeux que sont les maladies chroniques, le vieillissement et le progrès technique médical», avec des économies substantielles à la clé, évaluées entre 15 et 20 milliards d’euros. Elle préconise par ailleurs un nouveau système de financement de l’Assurance-maladie, reposant largement sur un transfert vers les mutuelles et la responsabilisation des assurés. Au final, le plan santé du Medef aboutirait à une réduction totale des dépenses d’Assurance-maladie de 25 à 30 milliards d’euros à l’horizon de 2017.

Regrettant les choix des pouvoirs publics consistant, année après année, à privilégier les «arbitrages de court terme», aboutissant souvent à faire des acteurs privés de santé (industriels, hôpitaux privés), des «variables d’ajustement» du système, le Medef souhaite «définir un cap et une véritable stratégie pour le système de santé». «C’est à cette condition, rappelle-t-il, que le système auquel les Français sont attachés, pourra être pérennisé pour les générations actuelles et futures». Car aujourd’hui, ajoute-t-il, «en repoussant les réformes structurelles urgentes, la France est de plus en plus isolée au niveau européen».Sponsorisé par Beautiful Box by aufemininVotre box beauté avec tuto + produits full size

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Parmi les mesures les plus «rentables» du programme pluriannuel de réformes structurelles pour l’Assurance-maladie, le Medef prône une meilleure répartition des rôles entre l’hôpital et la médecine de ville. A l’hôpital la prise en charge des «cas lourds et complexes et les urgences avérées», tout en favorisant les alternatives à l’hospitalisation complète (développement de la médecine ambulatoire, organisation des soins, réorganisation des urgences…). Entre 7 et 8 milliards d’euros d’économies pourraient être générés chaque année, grâce notamment à une réduction des surcapacités hospitalières et à des gains de productivité.

Mutuelles et assurance privée

L’amélioration du fonctionnement et de la gestion des établissements de santé permettrait par ailleurs, selon le Medef, de 2 à 3 milliards d’euros d’économies par an, tout en «remédiant aux inégalités de traitements entre public et privé». L’organisation patronale préconise par exemple l’instauration d’une «situation de quasi-faillite» des établissements publics et un processus de reprise par d’autres opérateurs en meilleure forme, comme cela existe en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Italie. En ville, la mise en place d’une «médecine de parcours», avec un rôle central donné au «médecin coordinateur», pour les pathologies les plus complexes, chargé d’assurer un continuum de soins entre tous les professionnels de santé autour du patient, pourrait quant à elle déboucher sur 2 à 4 milliards d’euros d’économies.

Le patronat défend par ailleurs une architecture de financement «compatible avec les exigences de compétitivité», qui distingue ce qui relève de la solidarité nationale, de la mutualisation et de la responsabilité individuelle. Il propose un modèle dit «réaliste», qui passe par la diminution de 10 milliards d’euros de l’Assurance-maladieobligatoire (transférés vers les complémentaires, l’auto-assurance ou les sur-complémentaires). Dans ce schéma, le panier de soins couvert par la solidarité nationale serait recentré sur «les soins et services essentiels» et s’accompagnerait d’une baisse parallèle des cotisations maladie.La rédaction vous conseille