Cancers pédiatriques en Loire-Atlantique : étude sanitaire en urgence et périmètre élargi

Une enquête en urgence sera aussi menée par l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, à la suite des cas de cancers chez les enfants, dans le secteur de Sainte-Pazanne.

Publié le 22 Mai 19 à 15:49|Modifié le 22 Mai 19 à 17:46

Le collectif Stop aux cancers de nos enfants est satisfaits de la méthologie mis en place par les autorités sanitaires
Le collectif Stop aux cancers de nos enfants est satisfaits de la méthodologie mise en place par les autorités sanitaires. (©Adobe Stock)

Non plus une, mais deux études sont programmées, en pays de Retz, au sud de Nantes, à la suite des cas de cancers pédiatriques en surnombre déclarés à Sainte-Pazanne et dans les communes voisines.

À l’issue de trois heures de réunion, le premier comité de suivi, qui a réuni plusieurs intervenants autour de l’Agence régionale de Santé (ARS) des Pays de la Loire et de Santé publique France, mardi 21 mai 2019, au siège de l’ARS, à Nantes, a établi qu’une étude sanitaire en urgence sera menée par l’ARS, parallèlement à l’enquête épidémiologique prévue par Santé publique France.

Avec cette enquête, l’ARS veut « lever les doutes » sur plusieurs sites, notamment : la Carrière de la Coche et l’ancienne scierie Leduc, à Sainte-Pazanne, deux sites pollués connus et surveillés par les autorités environnementales (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Dreal), et qui ont déjà fait l’objet de mesures de protection.

L’ARS précise via un communiqué, mercredi 22 mai :

Sur la base d’un cahier des charges produit par Santé Publique France, l’ARS conduira, en lien avec des opérateurs (IRSN, laboratoires …) des investigations environnementales et des prélèvements sur le secteur de Sainte Pazanne. Ces premières investigations s’appuieront notamment sur les résultats de la première enquête menée en 2017 par l’ARS et des signalements transmis récemment par le collectif « Stop aux cancers de nos enfants ».

Les lieux de vie des enfants malades seront aussi passés à la loupe, en incluant l’eau, l’air intérieur et extérieur, les rayonnements ionisants,  les ondes et les champs électromagnétiques. Un questionnaire sera remis aux familles concernées.

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Trois nouvelles communes dans le périmètre d’étude

Les autorités sanitaires ont aussi élargi le périmètre d’études qui concernera trois nouvelles communes : Villeneuve-en-RetzMachecoul-Saint-Même et Port-Saint-Père.

Ces communes viennent s’ajouter aux quatre communes où des cas de cancers chez les enfants ont été identifiés : Sainte-PazanneSaint-Hilaire de ChaléonsSaint-Mars -de-Coutais et Rouans.

Au total, les autorités ont recensé treize cas de cancers pédiatriques depuis 2015 sur l’ensemble de ces communes, sachant que trois des seize jeunes atteints d’un cancer n’ont alors volontairement pas été pris en compte dans ce bilan.

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Des résultats avant la rentrée

Membre du collectif Stop aux cancers de nos enfants (SCE), Johann Pailloux précise :

On devrait avoir le résultat de l’étude en urgence de l’ARS avant la rentrée scolaire. Les décisions prises sont très positives même si elles n’enlèvent rien à la vigilance qu’il faut garder. Des analyses, que nous nous préparions d’ailleurs à réaliser, vont donc être menées cet été.

L’enquête épidémiologique de Santé publique France, elle, va se poursuivre jusqu’à l’automne. Elle sera doublée d’une deuxième étude à l’échelle  départementale. « Elle a pour objectif de vérifier s’il existe une sur-incidence de cancers pédiatriques dans la zone d’étude définie pour la première étude », précise encore l’ARS.

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De plus, une étude de contexte local, sera lancée en mai par Santé publique France. « Elle a pour objectif d’identifier l’ensemble des craintes, des  questionnements, des attentes, des savoirs locaux et des actions mises en place localement. Les éléments recueillis compléteront les informations déjà  identifiées lors des échanges avec le Collectif et la visite des sites. Ils seront pris en compte dans les études épidémiologiques. »

En parallèle, SCE continue de travailler via des commissions : « Nous nous réunissons une fois par mois et nous échangeons constamment, note Johann Pailloux. Nous avons la chance d’avoir avec nous des personnes qualifiées, médecin, chercher à l’Inserm, ancien spécialiste de laboratoire en chimie… Nous transmettons d’ailleurs nos éléments aux autorités de santé, qui s’en servent aussi pour leurs investigations. »

Les familles concernées par des cancers espèrent donc trouver le ou les éléments qui auraient, le cas échéant, contribué à favoriser le déclenchement de la maladie de leurs enfants.

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Loire-Atlantique : les résultats des premières études sur le surnombre de cancers pédiatriques sont connus

Risques  |  04 septembre 2019  |  Philippe Collet

Loire-Atlantique : les résultats des premières études sur le surnombre de cancers pédiatriques sont connus

© Uolir

Les premiers résultats des analyses environnementales réalisées pour élucider la raison du surnombre de cancers pédiatriques signalés depuis 2017 dans plusieurs communes de Loire-Atlantique ont été présentés le 29 août au comité de suivi. A ce stade, « ces mesures ne révèlent pas de conséquences avérées pour la santé des enfants et des personnels de l’école [où ont été réalisées les mesures], au regard des valeurs de référence et en l’état actuel des connaissances », annonce Santé publique France. L’agence publique ajoute toutefois qu’« il convient d’être vigilant sur la qualité de l’air intérieur, notamment sur le radon ».

Ces résultats font partie d’une étude confiée à l’Agence régionale de santé et à la Dreal, pour « lever les doutes » sur certaines expositions environnementales et prendre les mesures de protection nécessaires. Ces travaux doivent compléter l’enquête épidémiologique commandée à Santé publique France.

Concentrations élevées de radon

Les premiers résultats portent sur l’école Notre-Dame de Lourdes à Sainte Pazanne, un établissement à proximité d’un ancien site industriel et fréquenté par plusieurs enfants atteints de cancer. Le site a été jugé prioritaire en prévision de la rentrée scolaire. « Les investigations ont porté sur l’eau (potable et souterraine), l’air intérieur et extérieur, le sol et les champs électromagnétiques (radio fréquences et basses fréquences) », explique Santé publique France, précisant que près de 150 prélèvements et mesures ont été réalisés.

S’agissant du radon, « des concentrations élevées (…) ont en effet été constatées dans une partie de l’école », explique Santé publique France. Elle précise toutefois que la campagne de mesure sur le radon a été courte (3 semaines contre 2 mois réglementairement) et dans des locaux inoccupés durant la période estivale (donc peu ventilés). « De nouvelles mesures du radon devront donc être réalisées en période hivernale pendant deux mois », explique-t-elle, tout en demandant à la direction de l’école de garantir le bon renouvellement de l’air.

Philippe Collet, journaliste
Rédacteur spécialisé