ÉPINAL | TÉMOIGNAGEElle raconte sa désintox du Lévothyrox

Sandrine Humbert est l’une des nombreuses victimes du changement de formule du Lévothyrox. Aujourd’hui hors d’affaire elle raconte dans un livre sa descente aux enfers, son combat pour faire connaître la vérité et son retour à la vie.

Dans « Lévothyrox ma désintox » Sandrine Humbert évoque sous la forme d’un journal intime son calvaire et sa renaissance. Photo VM /Richard RASPES

Photo HDDans « Lévothyrox ma désintox » Sandrine Humbert évoque sous la forme d’un journal intime son calvaire et sa renaissance. Photo VM /Richard RASPES

Quand nous avions rencontré la Spinalienne Sandrine Humbert en octobre 2017 elle remontait à peine des abysses dans lesquelles l’avait plongé la nouvelle formule du Lévothyrox, un médicament prescrit lors de troubles de la thyroïde, lancée sur le marché par le laboratoire Merck en mars 2017. Une nouvelle formule accusée par des milliers de patients de provoquer d’importants effets secondaires : douleurs intenses, sensation d’étouffement, plaques sur le corps, pertes de mémoire, fatigue, prise de poids, troubles cognitifs… Cette descente aux enfers Sandrine l’a racontée son journal intime. Aujourd’hui Sandrine qui a déménagé à Vesoul et occupe un nouveau poste de monitrice d’atelier dans un Esat se dit sauvée et très heureuse. Mais elle sait que des milliers d’autres personnes sont encore dans la tourmente. C’est pour eux qu’elle a décidé de retranscrire ses écrits dans un livre. « J’espère que les gens qui le liront trouveront les clés pour s’en sortir ». Sa clé salvatrice aura été pour elle sa rencontre avec un médecin qui prenne enfin le temps de l’écoute, qui ne la prend pas pour une folle. Un médecin homéopathe qui en complément de son traitement thyroïdien va lui prescrire un traitement naturel qui vise à « la réparation du système nerveux ». Qui a tout changé pour elle.

Un livre témoignage

Mais si Sandrine a pris sa plume pour raconter son calvaire c’est aussi par ce qu’elle était persuadée d’être arrivée au bout. Qu’elle allait mourir et qu’elle tenait à laisser derrière un témoignage. Un témoignage également à l’attention des familles des malades, qui ont parfois du mal à comprendre. « On me disait parfois d’arrêter de me plaindre, d’en parler tout le temps, mais je ne me plaignais pas, je me battais ! » Désormais la quinquagénaire va de l’avant, elle a même décidé de laisser tomber les poursuites judiciaires qu’elle pensait entamer. Pas question de gâcher cette belle énergie retrouvée. Tout ce qu’elle avait à dire, elle l’a couché sur le papier, avec ses mots, ses phrases, parfois brutes, désordonnées, confuses. Elle a envoyé son manuscrit à quatre éditeurs, tous l’ont accepté. Elle a choisi Edilivre qui ne lui demande pas d’argent. « Je n’ai rien enlevé, rien ajouté, j’ai tout laissé tel quel même les fautes d’orthographe c’est important pour que les gens comprennent dans quel état j’étais ». Quand Sandrine a reçu le mail de l’éditeur, « j’en ai pleuré de joie ». Aujourd’hui « Lévothyrox ma désintox » est en vente libre dans toutes les bonnes librairies, à la Fnac, sur commande. Pour Sandrine, une nouvelle vie commence, une vie qu’elle accueille avec une lumière radieuse plein les yeux.

Richard RASPES