Scandale du Mediator : qu’est-ce qui a changé pour la sécurité du médicament ?

L’affaire du Mediator, retiré du marché le 30 novembre 2009 et qui aurait causé des centaines de morts, a permis certaines avancées concernant la sécurité du médicament.

 Le Mediator, retiré du marché en 2009, pourrait être responsable de centaines de décès.
Le Mediator, retiré du marché en 2009, pourrait être responsable de centaines de décès. AFP/Fred Tanneau

Par Nicolas BerrodLe 22 septembre 2019 à 14h39, modifié le 22 septembre 2019 à 19h54

Un scandale sanitaire comme celui du Mediator pourrait-il se reproduire aujourd’hui ? La question se pose alors que s’ouvre, ce lundi, le gigantesque procès de ce médicament des laboratoires Servier.

Le Mediator, retiré du marché le 30 novembre 2009, serait responsable de centaines de décès. Il avait été massivement prescrit comme un coupe-faim, après avoir été mis sur le marché en tant qu’adjuvant au régime du diabète. L’influence du groupe Servier sur les autorités sanitaires a notamment été pointée du doigt.

Ecoutez notre épisode de Code source, le podcast d’actualité du Parisien, consacré au Mediator.

Plusieurs évolutions se sont produites depuis 8 ans, dans le but d’améliorer la sécurité sanitaire. On fait le point.

Les liens entre médecins et industriels mieux encadrés

Conséquence directe de ce scandale, la législation encadrant les liens entre les médecins et l’industrie pharmaceutique a été renforcée.

Xavier Bertrand, à l’époque ministre de la Santé, a fait voter en démembre 2011 une loi dite « loi Bertrand » ou « loi anti-cadeaux ». Concernant les « avantages » que les laboratoires octroient aux médecins, ceux qui sont « illicites » sont désormais interdits, tandis que ceux dits « consentis » doivent être déclarés à partir de dix euros.

Dans la première catégorie, désormais proscrite, on retrouve notamment les cadeaux et les frais de bouche. Les avantages « consentis » peuvent être des rémunérations pour des conventions, par exemple.