Le 18 novembre le docteur Catherine Noel nous représentera au Ministère

Il est prévu un groupe de travail sur l’Euthyrox ancienne formule:

Nous avons envoyé une lettre au comité sur le sujet :

Association Française des Malades de la Thyroïde

82700 BOURRET – asso.thyroide@gmail.com

Journal Officiel n° 2081 –  Reconnue utilité générale N2014RN0018 reconduit le 13 juin 2014

                                                                                      Bourret le 5 novembre 2019

Monsieur le Directeur Général

L’AFMT a bien reçu votre convocation pour une réunion du groupe ad-hoc concernant l’EUTHYROX .

Il s’agit de la 3ème convocation en vue d’une telle réunion qui a été reportée de « début juillet »,

puis à « septembre » puis désormais au 16 novembre.

Les ordres du jour de ces 3 réunions ont sensiblement évolué (voir document joint).

– Le 1 er (daté du 5 juillet) considérait comme acquis l’arrêt fin décembre 2019 de la distribution en France de cette présentation (utilisée quotidiennement rappelons-le par 122000 malades selon les derniers chiffres disponibles).

L’AFMT (et d’autres aussi je crois) avaient très vigoureusement protesté contre le fait de vouloir faire collectivement endosser par le Comité de suivi, et l’ensemble de ses membres, une décision de nature strictement commerciale prise par le fabriquant, dans le seul but d’atteindre, fin 2019, l’objectif marketing qui avait été le sien au printemps 2017.

– Le 2ème daté du 16 juillet) fixait comme objectif d’élaborer une démarche protocolisée, partagée par tous, pour les patients sous Euthyrox et les professionnels de santé » Sans préjuger de ce que pourrait être ces propositions « partagée par tous ». Et sans se placer dans la seule perspective d’un arrêt de sa distribution et moins encore de sa date.

L’AFMT s’était félicité de cette évolution et de « l’ouverture » qu’elle représentait et vous en avait remercié.

– Le 3ème ordre du jour (daté du 11 octobre) marque un retour en arrière assez net, puisqu’il se propose à nouveau « d’accompagner les patients dans le cadre de la fin de la mise à disposition de la spécialité Euthyrox et définir une démarche protocolisée partagée par tous. »

Certes la date de la fin de mise à disposition n’est pas précisée comme elle l’était dans la 1ère convocation mais le principe en apparaît à nouveau acté avant même que nous en débattions.

– Or si les mots ont un sens la phrase « définir une démarche protocolisée partagée par tous » Présuppose que la discussion précède la décision. Nous souhaitons donc très vivement que la formulation « ouverte » du 16 juillet remplace celle du 11 octobre pour la prochaine réunion.

Sur le fond :

– A ce jour plus de 700 000 utilisateurs quotidiens du Lévothyrox « AF » puis « NF » ont abandonné cette dernière (souvent non sans difficultés) pour trouver une alternative qui les satisfasse.

– Si un nombre non négligeable d’entre eux ont fait le choix de « revenir à l’AF » (via l’EUTHYROX) c’est sans doute, du moins peut-on le supposer, parce que c’est avec cette spécialité (identique à l’AF » qui leur convenait bien) que leur état était le plus satisfaisant.

– 122 000 patients ce n’est pas rien, c’est 4 % du marché (compte non tenu des achats « à l’étranger »). Il faut noter que ce chiffre n’était d’ailleurs, selon Mr Dominique Martin lui-même, que 2 % à 3 % à l’automne 2018 (cf Le moniteur des Pharmacies du 5/09/18). Lors du dernier Comité de suivi il nous avait d’ailleurs été indiqué que la part de l’Euthyrox était plus importante encore pour les « initiations de traitement » (6,8%) tandis que celle de la « NF » bien que toujours majoritaire avait, elle, progressivement tendance à diminuer.

– L’Euthyrox est donc, à ce jour, quantitativement, la 3ème « spécialité de Lévothyroxine » (très largement supérieure à toutes celles qui le suivent) et est, avec la LThyroxine HENNING, celle qui a la croissance la plus rapide.

– La diversification de l’offre a été l’un des moyens majeurs de sortir de la crise sanitaire liée aux effets de la brutale substitution de masse du printemps 2017. Je vous, et nous invite, à réfléchir ensemble aux conséquences médicales qu’une nouvelle substitution autoritaire pourrait avoir sur, à tout le moins, un certain nombre de ces 122 000 patients.

– On sait de longue date que s’agissant de la Lévothyroxine tout changement de « spécialité » présente un risque majeur de déséquilibre et /ou de survenue d’Effets indésirables

– Hennessey et al 2010 (Société américaine d’endocrinologie) sur les 199 effets relevés en lien avec le traitement 89% sont apparus après un changement de spécialité de lévothyroxine.

– Jonkaas et al 2014 ( American Thyroid Association) : « il est souhaitable de maintenir dans le temps les patients avec la même spécialité.

En France (de 2009 à 2011) expérimentation « grandeur nature » avec l’introduction des génériques BIOGARAN et TEVA bien que présentés comme « bio-équivalents », ces génériques à base de mannitol ont déclenchés une vague importante d’effets indésirables En 2011 la Lévothyroxine Biogaran déclenchait 1,3 pour 100 000 mois-traitement contre 0,08 pour le Lévothyrox (« AF » bien sûr…) soit 16,25 fois plus. On comprend qu’il ait été rapidement abandonné par les malades et leurs médecins. Même si on comprend moins qu’il ait toujours une AMM…

– Nous rappellerons pour mémoire les résultats désastreux enregistrés à l’étranger lors de substitutions de masse (Nouvelle Zélande, Australie, Israël,…), mettant souvent en cause des modifications d’excipients (Mannitol notamment).

– A l’inverse en Belgique un essai clinique préalable sur de « vrais patients » a permis de découvrir un surdosage relatif, de le prendre en compte et de mettre efficacement en œuvre un suivi de TOUS les patients d’où une substitution sans problèmes

– Avant de se lancer en 2017 de façon brutale, avec peu ou pas d’informations préalables et sans marche arrière possible, dans la substitution « AF »/ « NF » que l’on sait Il ne semble pas que l’ANSM (dont c’est pourtant la mission au titre de la « sécurité ») ait tiré la moindre leçon de ces diverses expériences

– Ainsi son Directeur Général n’a pas jugé bon de consulter au préalable la « Commission Bénéfice Risque » pourtant spécifiquement compétente pour en juger.

– Cette substitution « au forceps » d’un médicament éprouvé et parfaitement toléré depuis 30 ans par un autre, jamais expérimenté en clinique, certes « présenté comme bio-équivalent », a néanmoins entraîné une vague « sans équivalent » d’effets indésirables, à ce jour encore inexpliqués mais, pour nous

du moins, « pas inexplicables » si du moins on se donnait la peine d’en rechercher la ou les causes.

La question qui se pose est donc de savoir s’il est, ou non, licite d’imposer une nouvelle substitution forcée à ces 122 000 patient(e)s qui, du moins on peut le penser, après une ou des errances thérapeutiques, ont fini par réussir à retrouver un équilibre biologique mais surtout un état physique satisfaisant.

On peut penser qu’une telle nouvelle substitution présente un risque, comme toutes les autres, mais sans doute davantage encore chez des patients qui pour être aujourd’hui

sous Euthyrox ont, pour la plupart d’entre eux, mal vécu une ou plusieurs substitutions et ne pourront qu’appréhender ce nouvel épisode qui leur est imposé, sans aucune justification médicale.

Il n’est pas possible de « quantifier ce risque » et moins encore de dire parmi ces 122 000 patients considérés quels sont ceux qui présenteront des troubles (modestes ou plus graves, transitoires ou durables). Mais ce risque existe et nous le savons tous.

Or aucune des « alternatives » disponibles à ce jour ne présente, selon l’HAS une « amélioration du service Médical rendu » (ASMR 5). Dans la mesure ou le bénéfice espéré d’une telle substitution est nul et où, à l’inverse, le « risque » existe même s’il est imprévisible la «balance « Bénéfice/ Risque » est donc à l’évidence négative.

C’est en d’autres termes ce qu’a dit le groupe de travail ad-hoc organisé avant l’été par l’HAS (avec la participation de médecins et de représentants d’associations de malades) qui a conclu : « Il est rappelé que la lévothyroxine est un médicament à marge thérapeutique étroite. Pour des personnes traitées bien équilibrées et sans effet indésirable, il n’y a pas lieu de changer de traitement. »

Tel est le cas pour la quasi-totalité de ces 122 000 patien(te)s. Il n’y a donc pas lieu de leur imposer de changer leur traitement.

Il n’est donc expressément contraire au « principe de précaution » et à la priorité qui doit toujours être donnée à la sécurité sanitaire due aux patients :

– D’inciter les prescripteurs à faire prendre un tel risque à leurs patients sous Euthyrox si ceux-ci sont « bien équilibrés et sans effet indésirable »

– Et de demander aux patients d’accepter qu’un tel risque leur soit imposé. Ils ont déjà « assez donné ».

– Nous demandons donc solennellement aux autorités sanitaires de faire en sorte que le fabricant (MERCK) s’engage à garantir l’approvisionnement, régulier et sans rupture de stock, du marché français aussi longtemps que « l’ancienne formule » (sous le nom d’Euthyrox ou tout autre) continuera à être produite pour le marché mondial. Sinon de trouver un laboratoire qui reprenne l’ancienne formule à l’identique.

– Si d’aventure tel ne devait pas être le cas et si priorité était donnée à la stratégie marketing de MERCK sur la sécurité sanitaire due à ces 122 000 patients entraînant une rupture d’approvisionnement et donc des substitutions forcées, ni les autorités sanitaires ni le fabricant ne pourront dire « nous ne savions pas » et leur responsabilité serait directement engagée en cas de survenue (probable) d’un certain nombre d’Effets Indésirables chez un certain nombre (par nature imprévisible) de patients.

– S’agissant du choix de la spécialité en cas d’initiation de nouveaux traitements (approximativement 60 000/an ?) :

– L’AFMT, ce n’est ni son rôle ni sa compétence, ne promeut aucune des différentes Lévothyroxine disponibles. Et elle ne peut pas être suspectée d’avoir de « liens d’intérêt » avec le Laboratoire Merck compte tenu de ce qui s’est passé depuis 2017. Nous sommes donc tout à fait neutres dans ce débat et ne pensons qu’à la santé des patients que nous représentons.

– Nous pouvons avoir, grâce au SNIIRAM, une connaissance exhaustive de toutes les « nouvelles initiations » mises en œuvre. Avant de dire si il faut, ou non, dissuader les prescripteurs de proposer à leurs nouveaux patients la mise sous « EUTHYROX » (du moins tant qu’elle est disponible sur le marché mondial…) il pourrait être intéressant d’analyser les taux respectifs de « switchs » d’une spécialité à une autre.

– On peut en effet légitimement penser que la comparaison des « taux d’abandon » de chacune d’entre elles serait un bon indicateur (ou, faute d’autres, le « moins mauvais » ?) de leur plus ou moins bonne tolérance clinique. Il va de soi que si le « taux d’abandon » de l’Euthyrox était supérieur à celui des autres Lévothyroxine disponibles ce serait un élément valide pour inciter les médecins à ne pas le prescrire en première intention. Dans le cas contraire on ne voit pas ce qui pourrait nous pousser à interdire aux praticiens de le prescrire.

– Ajoutons que pour les patients qui « étaient bien sous ancienne formule », qui ont « mal supporté la « NF »  (quel qu’en soit la cause ce n’est pas ici le problème) et qui sont toujours imparfaitement équilibrés avec d’autres alternatives on peut comprendre que pour certains d’entre eux ils souhaitent revenir à un traitement qui leur avait longtemps très bien convenu.

– Lequel d’entre nous se sentirait le droit de leur refuser une telle solution au seul motif qu’elle n’est pas conforme au « business plan » de MERCK.

L’AFMT sera évidemment présente lors de la réunion du 16 novembre, elle sera représentée par le Dr Catherine NOËL l’une de nos conseillères scientifiques.

D’autre part nous vous demandons d’avoir une possibilité de suivi téléphonique de cette réunion pour le docteur Jacques Guillet, Chantale Garnier et Chantale l’HOIR

Ce document que nous adressons également, en copie, à tous les membres du Comité de Suivi dont nous avons les coordonnées, servira, nous l’espérons, à enrichir les réflexions préalables des et des autres en vue de cette réunion.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Chantal L’HOIR Présidente

Et évidemment la réunion du 6 décembre au Ministère nous demanderons le remboursement du T caps et aussi que le L Thyroxine Christiaens Takeda produit majoritairement vendu dans le Nord de l’Europe soit vendu en France puisqu’il est quasis le même au lactose que notre ancienne formule

Nouveaux produits en cours d’instruction :
Liste communiquée aux membres du comité de suivi du médicament

1)Tsoludose solution orale en unidose (Genevrier)
Identique au TCAPS (sans l’excipient Gélatine), mêmes dosages
AMM validée en novembre 2018-Commercialisation prévue à partir de mars 2019(médicament a priori toujours pas disponible)

2)Thyrohelm solution buvable (Helm)
3 dosages proposés : 100 microgrammes/5ml, 25 microgrammes/5ml, 50 microgrammes/5ml
Excipients : Glycérol, acide citrique monohydrate, methyl hydroxybenzoate de sodium , hydroxyde de sodium , eau purifiée
En cours d’instruction européenne- Fin de procédure envisagée fin 2019 (en fonction des temps de réponse des laboratoires)

3)Levothyroxine sodium Accord (Laboratoire ACCORD) – générique
Dosages 12,5, 25, 50, 75, 88, 100, 112, 125, 137, 150, 175, 200μg
En cours d’instruction européenne
Fin de procédure envisagée en septembre 2019 (en fonction des temps de réponse des laboratoires)

4)Levothyroxine Medipha-Santé (Laboratoire Medipha-santé) – (générique)
Dosages 25 à 200 μg (sans dosages intermédiaires)
En cours d’instruction (procédure nationale)
Fin de procédure envisagée à l’été 2019 (en fonction des temps de réponse des laboratoires)