Les mesures qui concernent l’officine

Les députés ont adopté en première lecture le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020.

© ADOBESTOCK_ATLANTIS

Plu­sieurs dis­po­si­tions du texte voté par l’As­sem­blée na­tio­nale concernent l’of­fi­cine. À com­men­cer par l’évo­lu­tion du mode de ré­mu­né­ra­tion des en­tre­tiens phar­ma­ceu­tiques vers un paie­ment à l’acte. Les dé­pu­tés ont éga­le­ment ap­prouvé le prin­cipe de la prise en charge des tests d’orien­ta­tion diag­nos­tique (Trod) des an­gines bac­té­riennes que les of­fi­ci­naux pour­ront réa­li­ser à par­tir de jan­vier 2020.

De nou­velles règles
de sub­sti­tu­tion

En re­vanche, la pos­si­bi­lité pour les phar­ma­ciens de sub­sti­tuer les mé­di­ca­ments bio­lo­giques par des bio­si­mi­laires a été sup­pri­mée, comme le sou­hai­tait le gou­ver­ne­ment. Tou­jours dans le do­maine de la sub­sti­tu­tion, le dis­po­si­tif tiers payant contre gé­né­riques a été étendu. Ce­lui-ci s’ap­pli­quera dé­sor­mais même en cas d’ali­gne­ment du prix du prin­ceps sur ce­lui du gé­né­rique. « Il est en ef­fet es­sen­tiel, pour que la concur­rence puisse plei­ne­ment jouer entre mé­di­ca­ments prin­ceps et gé­né­riques, qu’une in­ci­ta­tion, ayant fait les preuves de son ef­fi­ca­cité, de­meure pour les mé­di­ca­ments gé­né­riques. Dans le cas contraire, les mé­di­ca­ments prin­ceps pour­raient conser­ver une très forte part de mar­ché, pri­vant l’As­su­rance ma­la­die des éco­no­mies liées à cette juste concur­rence », ex­plique le gou­ver­ne­ment dans l’ex­posé des mo­tifs. Les dé­pu­tés ont aussi as­sou­pli les règles de la sub­sti­tu­tion pour les mé­di­ca­ments à marge thé­ra­peu­tique étroite. Tan­dis qu’à par­tir du 1er jan­vier 2020, les pres­crip­teurs ne pour­ront ap­po­ser une men­tion « Non sub­sti­tuable » (NS) sur une or­don­nance que si celle-ci se jus­ti­fie mé­di­ca­le­ment, les par­le­men­taires ont adopté un amen­de­ment pré­ci­sant que « parmi ces si­tua­tions mé­di­cales, cer­taines peuvent en outre faire l’ob­jet d’une ex­clu­sion de sub­sti­tu­tion par le phar­ma­cien, même lorsque le pres­crip­teur n’a pas ex­clu cette pos­si­bi­lité sur l’or­don­nance ». Au­tre­ment dit, il s’agit de per­mettre la dé­li­vrance d’un mé­di­ca­ment prin­ceps même en l’ab­sence de men­tion NS, pour cer­tains mé­di­ca­ments à marge thé­ra­peu­tique étroite, dans des si­tua­tions par­ti­cu­lières qui se­ront pré­ci­sées par ar­rêté.

Le can­na­bis thé­ra­peu­tique ex­pé­ri­menté

L’As­sem­blée na­tio­nale a éga­le­ment donné son feu vert au lan­ce­ment d’une ex­pé­ri­men­ta­tion de deux ans sur l’usage thé­ra­peu­tique du can­na­bis. Les condi­tions de prise en charge, le nombre de pa­tients concer­nés, les mo­da­li­tés d’im­por­ta­tion et d’ap­pro­vi­sion­ne­ment, de pres­crip­tion et de dé­li­vrance par les phar­ma­cies hos­pi­ta­lières et d’of­fi­cine, ainsi que les condi­tions d’in­for­ma­tion, de suivi des pa­tients et de for­ma­tion des pro­fes­sion­nels de santé se­ront dé­fi­nis par voie ré­gle­men­taire. 
En ce qui concerne la lutte contre les rup­tures de stock, de nou­velles me­sures obli­ge­ront les in­dus­triels à consti­tuer un stock de sé­cu­rité de 4 mois maxi­mum et ren­for­ce­ront les sanc­tions fi­nan­cières en cas de man­que­ment aux dis­po­si­tions vi­sant à lut­ter contre les ten­sions d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. Le texte pré­cise éga­le­ment que les phar­ma­ciens d’of­fi­cine pour­ront dis­pen­ser les mé­di­ca­ments dis­po­sant d’une au­to­ri­sa­tion d’im­por­ta­tion dé­li­vrée par l’Agence na­tio­nale de sé­cu­rité du mé­di­ca­ment et des pro­duits de santé (ANSM) pour pal­lier une rup­ture d’un mé­di­ca­ment d’in­té­rêt thé­ra­peu­tique ma­jeur, sur dé­ci­sion du di­rec­teur gé­né­ral de l’ANSM. 
À no­ter en­fin que ce PLFSS pré­voit près d’un mil­liard d’eu­ros d’éco­no­mies sur le mé­di­ca­ment
Après l’As­sem­blée na­tio­nale, le Sé­nat se pen­chera sur ce texte à par­tir du 5 no­vembre.

Par Christophe Micas

31 Octobre 2019