Hôpital. Un collectif de médecins en colère ressort déçu d’une rencontre avec Agnès Buzyn

Le collectif de 1 100 médecins a annoncé qu’il maintenait ses menaces de grève administrative, n’ayant pas jugé leur rencontre avec Agnès Buzyn concluante.

Agnès Buzyn le 30 octobre 2019. (Photo d’illustration)
Agnès Buzyn le 30 octobre 2019. (Photo d’illustration) | LUDOVIC MARIN / AFP

Avec AFP.Publié le 17/01/2020 à 22h09

Un collectif de quelque 1 100 médecins, qui dénonce le manque de moyens dans les hôpitaux publics, a annoncé ce vendredi 17 janvier qu’il maintenait ses menaces de grève administrative, à l’issue d’une rencontre jugée décevante avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

« Le compte n’y est pas »

Pour le moment, le compte n’y est pas du tout, et les praticiens membres du collectif vont donc aller au bout de (leur) démarche de grève administrative, a déclaré devant la presse, au sortir de cette rencontre au ministère, l’un de leur porte-parole, le Pr Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert Debré, à Paris.

Agnès Buzyn ne voit pas l’hôpital s’écrouler, a regretté son confrère le Pr Xavier Mariette, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Bicêtre. Les propositions de la ministre constituent un traitement au rabais, un sparadrap, alors que l’urgence est d’augmenter les salaires pour arrêter la fuite des soignants, selon lui.

Dans un communiqué diffusé après la rencontre avec six membres du collectif, la ministre a souligné que sa priorité était de mettre en oeuvre les mesures annoncées en novembre dans le cadre de son plan d’urgence pour l’hôpital. Celui-ci comprend une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour certains personnels.

Agnès Buzyn a proposé la poursuite d’un dialogue renforcé pour le suivi de ces dispositions et pour l’élaboration de nouvelles mesures à venir.

Pas de réouverture de lits d’hôpital évoquée

Mais le collectif a déploré qu’elle ait refusé toute augmentation du budget des hôpitaux qui irait au-delà de ce qu’elle avait annoncé en novembre, ni rien annoncé en termes de hausse des petits salaires. La réouverture des lits d’hôpital fermés faute de personnel n’a pas non plus été évoquée, a regretté le Pr Dauger.

Mardi, plus de 1 100 médecins, chefs de service, responsables d’unités fonctionnelles et responsables de pôles avaient signé un appel dans Libération dans lequel ils menaçaient d’abandonner leur rôle de chef d’orchestre et d’interlocuteur avec l’administration.

Ils réclamaient une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées, une rallonge supplémentaire de 600 millions d’euros pour les hôpitaux en 2020 et une révision profonde de leur mode de financement et de leur gouvernance.

Parmi les rares points ayant recueilli l’assentiment du collectif figure l’idée, avancée par la ministre, de renforcer le rôle des médecins dans la gestion administrative des hôpitaux. Cette hypothèse a fait l’objet d’un consensus entre les participants à la réunion, s’est félicitée Agnès Buzyn.Hôpital. Un collectif de médecins en colère ressort déçu d’une rencontre avec Agnès Buzyn