SANOFI MIS EN EXAMEN DANS L’AFFAIRE DE LA DEPAKINE

Le laboratoire SANOFI est enfin mis en examen dans la procédure pénale initiée par l’APESAC et les familles de victimes. Je suis extrêmement satisfaite de voir la procédure pénale que j’avais initiée en 2016 franchir une étape importante. SANOFI va devoir s’expliquer pour les dizaines de milliers de victimes empoisonnées, dont plus d’une centaine sont mortes. Tout le monde connaissait la toxicité de la Dépakine chez la femme enceinte. Je rappelle qu’aux termes de l’article L. 1142-24-12. : « Les malformations congénitales sont présumées imputables à un manque d’information de la mère sur les effets indésirables du valproate de sodium ou de l’un de ses dérivés lorsqu’il a été́ prescrit à compter du 1er janvier 1982. Les troubles du développement comportemental et cognitif sont présumés imputables à un manque d’information de la mère sur les effets indésirables du valproate de sodium ou de l’un de ses dérivés lorsqu’il a été́ prescrit à compter du 1er janvier 1984. » SANOFI refuse d’indemniser ses victimes malgré sa condamnation au civil ainsi que dans les dossiers présentés à l’ONIAM. La responsabilité des différents acteurs ne dédouane en rien SANOFI de sa responsabilité de producteur. Avec l’aide de mes avocats du cabinet Dante, je suis prête à apporter au juge les éléments de preuve démontrant la responsabilité pleine et entière du laboratoire face à la défectuosité de son produit et la tromperie dont ont été victimes des dizaines de milliers de mères. Vous pouvez compter sur ma détermination pour défendre nos enfants. Marine Martin Présidente de l’APESAC

Sanofi mis en examen dans le scandale de la DépakineLe groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé lundi soir avoir été mis en examen pour «tromperie aggravée et blessures involontaires».4 février 2020 à 00:10L’usine Sanofi de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), le 9 juillet 2018 Photo MEHDI FEDOUACH. AFPIl aura fallu trois années d’enquête. Le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé lundi soir avoir été mis en examen pour «tromperie aggravée et blessures involontaires» par les juges en charge de l’enquête sur la commercialisation de l’anti-épileptique Dépakine. L’enquête, ouverte en septembre 2016, visait à établir s’il y avait eu «tromperie sur les risques inhérents à l’utilisation du produit et les précautions à prendre ayant eu pour conséquence de rendre son utilisation dangereuse pour la santé de l’être humain» et couvrait la période allant de 1990 à avril 2015.La molécule en cause, le valproate de sodium, est commercialisée depuis 1967 sous la marque Dépakine par Sanofi, mais aussi sous des marques génériques, et est prescrite aux personnes souffrant de troubles bipolaires. Elle présente néanmoins un risque élevé de malformations congénitales sur le fœtus si elle est prise par une femme enceinte.L’enquête faisait suite à une procédure lancée en mai 2016 à l’initiative de l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anti-convulsivant (Apesac), qui représente 4000 personnes, pour moitié des enfants malades, et s’appuyant sur 14 cas de mères ayant reçu de la Dépakine lors de leur grossesse.A lire aussi Dépakine : condamnation lourde et inédite pour Sanofi «C’est un retournement du dossier, qui jusqu’ici n’avançait pas beaucoup», s’est réjoui Me Charles Joseph-Oudin, l’avocat de l’Apesac, joint par l’AFP. «Sanofi s’arc-boute sur une position de déni de responsabilité qui est de plus en plus difficilement tenable», a ajouté l’avocat. Selon lui, une quarantaine de personnes ont déposé une plainte au pénal dans ce dossier «d’une gravité extrême et qui concerne en réalité des milliers de victimes».Sanofi, pour sa part, a estimé dans un communiqué que cette mise en examen lui permettrait «de faire valoir tous ses moyens de défense et sera l’occasion de démontrer qu’il a respecté son obligation d’information et fait preuve de transparence».Reproche de «faible réactivité»Sanofi a par ailleurs assuré qu’il «continuera de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et a toute confiance dans les suites de la procédure». L’ouverture de l’instruction faisait suite à une enquête préliminaire menée sous l’autorité du parquet depuis septembre 2015, après les premières plaintes de victimes.Dans un rapport de février 2015, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait estimé que Sanofi, mais également l’Agence du médicament (ANSM) avaient fait preuve d’une «faible réactivité» et n’avaient pas suffisamment informé des risques connus pour les patientes enceintes.Lorsqu’une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente un risque élevé – de l’ordre de 10% – de malformations congénitales, ainsi qu’un risque accru d’autisme et de retards intellectuels et/ou de la marche, pouvant atteindre jusqu’à 40% des enfants exposés.Le groupe soutient avoir toujours respecté ses obligations d’information et avoir averti les autorités de santé dès le début des années 1980 sur les risques de malformation du fœtus, et dès 2003 sur les risques neurodéveloppementaux, mais sans réaction immédiate des autorités.La Dépakine et ses dérivés ont provoqué depuis 1967 des malformations congénitales graves chez 2150 à 4100 enfants, selon une évaluation de l’ANSM et de l’Assurance maladie. L’épidémiologiste Catherine Hill avance le chiffre de 14 000 victimes, en prenant en compte les enfants souffrant de retards de développement.Sanofi s’est retrouvé au cœur d’un autre scandale lié à la Dépakine, environnemental celui-ci, alors que son usine chimique de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), où était notamment produit le médicament, a été mise en cause en 2018 pour des émissions hors norme de rejets toxiques. Selon l’association France Nature Environnement (FNE) le site rejetait des «matières dangereuses à des taux astronomiques», dont du bromopropane, qui entre dans la composition du valproate de sodium. Le groupe avait alors décidé d’arrêter la production afin de réaliser les améliorations techniques nécessaires pour un retour à la normale.LIBERATION Avec AFP

« Les mouches ont changé d’âne »

C’est ce que disait Pierre ALBALADEJO à la TV lorsqu’au rugby le sort du match semblait s’inverser.

C’est un peu ce qui est en train de se passer dans le match jusqu’alors totalement déséquilibré entre d’un coté Big Pharma (et ses multiples alliés : Hospitalo-Universitaires, Agences et État, Médias, Justice…) et de l’autre des « patients-victimes » hier isolés, peu ou pas considérés (normal ce ne sont pas des « experts »…), voire carrément déconsidérés (traités de paranos ou d’obsessionnels,…).

Symboles forts: Le Procès du Médiator (il aura fallu près de 15 ans…) et aujourd’hui la mise en examen de SANOFI (un cas de « négationnisme » acharné d’une vérité scientifique clairement établie depuis longtemps). Mais aussi, par exemple, aux USA les sanctions en milliards de $ pour les entreprises pharmaceutiques « dealeuses de morphinoïdes » (30 000 morts /an minimum…).

C’est le résultat d’actions, menées par des collectifs de victimes devenus avec le temps des experts souvent plus experts que les experts.

Bravo et merci à leur (votre) intelligence, à leur (votre) obstination, car ce que chacun d’entre nous obtient sur son dossier spécifique contribuera à faire avancer ceux de tous les autres… Le 5FU en est le plus récent exemple (bravo…), mais pas le seul.

Globalement on peut considérer que Big Pharma a perdu ce qui faisait sa force principale : La confiance quasi absolue dont elle bénéficiait de la part des institutions et de l’opinion .

On joue groupé. Et on ne lâche rien

Philippe SOPENA

(AFMT)