Remplacement d’Agnès Buzyn : Olivier Véran, la fulgurante ascension d’un neurologue macroniste

PORTRAIT Le député a été nommé ministre de la Santé après la démission d’Agnès Buzyn ce dimanche

20 Minutes avec AFP

Publié le 16/02/20 à 20h21 — Mis à jour le 17/02/20 à 10h16

Olivier Véran à l'Assemblée nationale, le 29 janvier dernier.
Olivier Véran à l’Assemblée nationale, le 29 janvier dernier. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Emmanuel Macron a désigné le député et médecin Olivier Véran pour remplacer Agnès Buzyn comme ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé l’Elysée dimanche soir.

Olivier Véran a été nommé juste après la démission d’Agnès Buzyn, qui a décidé de quitter le gouvernement pour devenir la candidate LREM à la Mairie de Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux. Mon « successeur évidemment prendra en main » les sujets « d’importance » du ministère, avait assuré Agnès Buzyn, alors que l’opposition lui reproche déjà un « abandon de poste », en plein « coronavirus, crise hospitalière » et débat sur les retraites.

Macroniste de la première heure

L’Isérois, médecin du CHU de Grenoble, a accepté la lourde tâche de reprendre en main un ministère sous la pression des personnels hospitaliers en colère et de la menace d’épidémie du nouveau coronavirus. Ce macroniste de 39 ans pourra bénéficier, au moins dans un premier temps, de son statut de médecin comme avant lui Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy, Nora Berra ou Agnès Buzyn.

Il a rencontré Emmanuel Macron en 2012, au moment de la discussion à l’Assemblée de la loi Macron. Il avait adhéré au mouvement En Marche ! dès sa création, jusqu’à devenir le référent santé du candidat à la présidentielle. Au palais Bourbon, Olivier Véran a été rapporteur du volet prévention de la loi Santé, avant de devenir l’incontournable rapporteur général de la Commission des affaires sociales en 2017. Il est aussi Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016 et a été nommé, en janvier, rapporteur du volet organique de la réforme des retraites, celui sur l’équilibre financier.

« Le cœur à gauche »

Ce politique affable dit avoir « le cœur à gauche ». Ancien vice-président de l’Inter-Syndicat national des internes (ISNI) durant ses études de médecine à Grenoble, il a financé sa formation en travaillant comme aide-soignant, notamment en gériatrie.

« Tombé amoureux de l’organisation du système de soins », il a suivi un master en gestion et politique de santé à Sciences Po Paris (avec un mémoire sur les déserts médicaux) en parallèle à son clinicat. A cette époque, le jeune chef de clinique en neurologie vasculaire développe également un hôpital de jour pour faire de l’ambulatoire. C’est en visitant cette structure que Geneviève Fioraso repère l’entreprenant praticien et lui propose d’être son suppléant en 2012.

Parlant anglais et espagnol, marié à une gynécologue-obstétricienne avec qui il a deux enfants, Olivier Véran n’entend pas faire de la politique plus d’un ou deux mandats : « Hors de question que ma femme sacrifie sa carrière ! », assure ce défenseur du non-cumul.