« Il va y avoir des milliers de morts »: Agnès Buzyn déclare avoir lancé l’alerte dès janvier

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Dans une interview au Monde, Agnès Buzyn déclare avoir tenté d’avertir le gouvernent sur la crise à venir dès le mois de janvier. Toute l’actualité politique en France: les polémiques, les petites phrases, les élections, les sondages, les résultats, l’Elysée et Matignon, La République En Marche le PS, Les Républicains, les projets de lois, le parlement..BFMTV, 1ère chaine d’information en continu de France, vous propose toute l’info en temps réel avec 18h d’antenne live par jour et plus de 1000 duplex par mois. Retrouvez BFMTV sur le canal 15 de la TNT et sur BFMTV.com.

Cotta – La honteuse confession d’Agnès Buzyn

Dans une interview au « Monde », l’ancienne ministre de la Santé pleure, se donne le beau rôle et accuse. Une attitude inadmissible, pour Michèle Cotta.

Par Michèle Cotta

« Je me demande ce que je vais faire de ma vie. » C’est Agnès Buzyn qui parle. On rêve. La France est en train de se confiner pour la première fois de son histoire, de compter des morts, de craindre le pire. En grande pagaille, les Parisiens s’entassent dans les gares pour prendre au plus vite un train qui les éloignerait de la capitale et, croient certains, du danger. Les magasins d’alimentation, petits et grands, sont dévalisés par des hommes et des femmes malades d’angoisse. Le paracétamol s’arrache en pharmacie. Après, en moins de trois jours, deux interventions du président de la République et une mise en garde sévère du Premier ministre, les Français sont enfin conscients, tant bien que mal, de la nécessité de rester chez eux, comme les Espagnols, les Italiens et tant d’autres, pour endiguer la vague d’un virus mortel. Et que fait Agnès Buzyn ? La candidate LREM à Paris, Arrivée au premier tour en troisième position  – ce qui n’est certes agréable pour personne et encore moins pour un ministre –, s’effondre dans les bras d’une journaliste expérimentée . Sur quoi pleure-t-elle ? Sur elle-même ? Après tout, on pourrait la comprendre : elle n’est pas une professionnelle de la politique, elle a remplacé au pied levé un Benjamin Griveaux empêché , parce que, explique-t-elle, des milliers de textos lui demandaient de relever le défi municipal, elle a fait une campagne, tardive et difficile, elle est fatiguée. Bon. Elle aurait pu choisir de laisser couler ses larmes dans l’intimité, elle préfère craquer devant Ariane Chemin. Ça la regarde.

Buzyn : « Le risque de coronavirus dans la population est très faible »

Mais elle ne fait pas que pleurer : elle accuse. Et d’une façon grave, même si, une fois l’interview publiée et causant quelques remous, elle a dû revenir en arrière. À l’entendre, dès le 20 décembre, elle a vu venir le péril pandémique, le « tsunami, » avant même que, depuis la Chine, il ne se profile en France, elle a alerté le directeur de la Santé sur ces pneumopathies étranges, elle a même averti Édouard Philippe fin janvier. Autrement dit, elle n’a pas été entendue et en fait, à mots couverts, le reproche au Premier ministre et au président.

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Ce qui ne l’a pas empêchée, face à un péril qu’elle connaissait, de choisir le combat de Paris, abandonnant là, pour ne pas dire désertant, son combat contre le virus inconnu. Lorsqu’elle s’épanche, aujourd’hui, le 17 mars, elle oublie sans doute qu’elle a dit, elle-même, le 24 janvier : « Le risque de coronavirus dans la population est très faible. » Elle oublie surtout que, dans une France profondément atteinte, profondément et peut-être durablement déstabilisée, où des millions de citoyens s’apprêtent à affronter une épreuve inédite, que le pays n’a jamais connue, même pendant la Seconde Guerre mondiale, le moment n’est pas, mais pas du tout, à entendre les remords d’un ancien ministre de la Santé et encore moins à l’entendre accuser l’exécutif de cécité ou de surdité.

Obnubilée par le personnage de son ancienne belle-mère, Simone Veil, Agnès Buzyn était en réalité depuis longtemps tentée de faire de la politique. On comprend qu’elle regrette son échec. On ne comprend pas, en revanche, qu’elle s’en prenne, bien tard, et au pire moment, à ceux qui l’avaient nommée au ministère que Simone Veil avait occupé, avec bonheur, il y a déjà quarante-six ans. Pas sûr que celle-ci, à sa place, ait eu la même inélégance.

Publié le 17/03/2020 à 18:53

Mise en ligne le 17/03/2020