Quand les militaires envisageaient le risque de pandémie

Dans plusieurs pays, la communauté du renseignement et de la défense avait anticipé une infection d’ampleur mondiale par coronavirus dans ses analyses.Par Nicolas BarottePublié hier à 19:30, mis à jour hier à 19:30

La question d’une pandémie mondiale figurait déjà dans le livre blanc de 2013, document stratégique du ministère de la Défense.
La question d’une pandémie mondiale figurait déjà dans le livre blanc de 2013, document stratégique du ministère de la Défense. Gilles ROLLE/REA/Gilles ROLLE/REA

Nous avions été prévenus et plus d’une fois. Dans son rapport sur «les tendances globales en 2025», paru en 2008, le NIC, le centre d’analyse prospective de la CIA et de la communauté du renseignement américain, avait presque tout écrit. «L’émergence d’une maladie respiratoire humaine hautement transmissible et pour laquelle il n’y aurait pas de contre-mesure adéquate pourrait déclencher une pandémie mondiale», lisait-on page 75. Si une telle maladie surgit, «elle apparaîtra probablement dans une zone densément peuplée, où les animaux et les hommes vivent à proximité les uns des autres, comme en Chine ou en Asie du Sud-Est», poursuivait-on.

Les analystes citaient la famille des coronavirus comme candidats potentiels de ces infections. «Dans un tel scénario, une capacité de surveillance sanitaire insuffisante au sein de la nation d’origine empêcherait probablement une identification précoce de la maladie. La lenteur de la réaction de la santé publique retarderait la prise de conscience deCet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 81% à découvrir.