Se protéger du Coronavirus.

AFMT(1) Se protéger du Coronavirus.

Pour les malades de la thyroïde. Mode d’emploi. 1ère partie

Dr Jacques Guillet

Introduction                                                                                                    .

La pandémie que le monde subit est la plus brutale jamais connue. En France, en 24 heures, le nombre de malades de Covid-19 augmentait de 25% le dimanche 15 mars 2020… et de 100%  le 18 mars. Maintenant, « Urgence sanitaire » : combattre l’accélération de la propagation du Covid-19. C’est bien d’un combat qu’il s’agit. Les consignes sont données par les services de l’Etat et le ministère de la santé. Elles sont précisées et adaptées au jour le jour. Elles sont à suivre scrupuleusement, pour soi et pour les autres. Elles seront d’autant plus efficaces qu’elles pourront s’appuyer sur des points de repère.

Le texte ci-dessous se réfère aux résultats validés des travaux scientifiques internationaux effectués dans l’urgence. Il ne s’agit pas d’un recopiage des consignes. Il vise à conforter les meilleures solutions pour n’en faire ni trop, ni trop peu. Et à faciliter l’orientation dans le maquis des informations vraies ou fausses, lancées péremptoirement, parfois relayées ou amplifiées par les médias ou les réseaux sociaux par des commentateurs dont la notoriété ou l’aplomb peut tenir lieu de compétence sur un sujet qu’ils ne connaissent pas forcément…

Malades de la thyroïde, y a-t-il des risques spécifiques ?

Les publications scientifiques des différents pays touchés ne signalent aucun risque spécifique pour les malades thyroïdiens équilibrés par leur traitement. Il faut donc avant tout considérer les autres situations plus  générales qui peuvent fragiliser. L’âge, plus de 70 ans et certaines maladies chroniques dont la liste est donnée sur le site d’information de l’Etat. Elles impliquent une attention encore plus grande pour respecter les gestes barrières.

Les consignes de confinement doivent être encore plus scrupuleusement appliquées pour certains malades. En particulier ceux qui sont en chimiothérapie ou au décours de chimiothérapie pour cancer thyroïdien. Ou ceux pour lesquels des doses très élevées d’iode 131 ont dû être utilisées pour les soigner. Notamment lorsque la prise de sang a montré une diminution des globules blancs.

La question d’une majoration des risques de pénurie médicamenteuse hante les réseaux sociaux. Les capacités industrielles de productions de principes actifs « thyroïdiens » et les stocks tampon ont couvert les besoins. La rupture de stock de Néomercazole 5 mg survenue avant l’épidémie, a été corrigée le 4 novembre 2019. La tension d’approvisionnement en Euthyral (lévothyroxine associée à tri iodo thyronine) en février 2020, avait amené le laboratoire Merck à recommander aux médecins de ne pas engager de nouveau traitement avec ce médicament avant le mois de mars. Le problème est résolu. La fabrication de lévothyroxine dispose également de sites en Europe.

Quand évoquer la possibilité de contamination ?

Le début de la maladie est banal : fatigue, rhume, état grippal, fièvre. La majoration assez rapide de signes respiratoires (essoufflement pour des efforts minimes) est alors un signe d’alerte qui implique d’appeler le 15. Plus rarement, petits signes digestifs. Cela ne signifie donc pas qu’un petit rhume –à la saison des pollens, c’est fréquent- ou un sentiment de fatigue favorisé par un confinement déprimant et la sédentarité est un signe de coronavirus… Et si douleurs ou courbatures surviennent, surtout, résister à la tentation de prendre de l’Ibuprofène. Comme il est soupçonné d’aggraver le Covid-19, l’OMS a préféré recommander d’éviter d’en prendre sans prescription médicale. Par prudence, pas d’automédication avec des anti-inflammatoires, aspirine incluse. Choisir le paracétamol.

L’orientation précoce est donnée par l’enquête qui retrouve un contact avec une personne contaminée. En Chine, la plupart des agrégats de cas (les savants disent « cluster » pour faire chic) étaient familiaux. Les multiples contacts lors des déplacements étendent la propagation. Fêtes familiales en Chine, peur et fuite vers des zones non contaminées en Italie, et ailleurs, rassemblement religieux important à Mulhouse, foyer de contamination..

Les coronavirus.

Le confinement et les informations inquiétantes poussent à se renseigner et rendent particulièrement ouvert aux rumeurs. Parmi elles, les coronavirus, seraient de nouveaux virus créés secrètement par des laboratoires P4 qui auraient échappé aux inventeurs canadiens ou chinois… En fait, ils n’ont rien de nouveau.

Ils ont été découverts dans les années 1970. Ils sont présents chez les oiseaux, les reptiles, les mammifères… Ils mutent, ce qui leur permet de s’adapter et de passer assez facilement d’une espèce à l’autre. Ceux découverts chez les humains ont vraiment commencé à être étudiés à partir des années 1975. Ils entraînent généralement des symptômes bénins de type rhume, gastro-entérite. Depuis, les techniques de détection et d’identification de l’ARN viral dans les prélèvements biologiques se sont améliorées. Elles permettent des diagnostics précoces, même si leur sensibilité est imparfaite.

Animaux sauvages.

Ces coronavirus sont hébergés par des animaux et transmis à l’homme.  Ils sont à l’origine de trois épidémies. Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS), survenu en Chine en 2002-2003, désormais éteint. Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient apparu en Jordanie en 2011, encore actif. Nouveau SRAS, en Chine en 2019, plus contagieux, répandu rapidement dans le monde (pandémie).  Le réservoir animal est la chauve-souris, avec un passage par un ou deux hôtes intermédiaires : civette de palmier de l’Himalaya en Chine, dromadaire en Jordanie. Pour l’actuel SARS-CoV2, reptile et plus sûrement pangolin. Ce petit animal à écailles appartient à une espèce protégée en voie de disparition, mais consommée quand même. Ainsi, la soupe de chauve-souris et les remèdes traditionnels à base de pangolin et peut-être les reptiles vendus au marché de Wuhan seraient le point de départ de l’épidémie de maladie Covid-19 liée au virus SARS-CoV2.

Contagiosité. Comment ça marche ?

Ce virus est très contagieux.  Son enveloppe est hérissée d’une couronne (corona) de piques. C’est par elles que le virus s’accroche, puis entre dans la cellule. Il déploie alors son ARN sur la machinerie cellulaire et en fait une petite usine à coronavirus… Les nouvelles particules virales diffusent dans l’organisme, colonisent d’autres cellules. Notamment dans les poumons où, quand elles sont très actives et si l’organisme répond mal, elles développent une pneumonie. D’autres particules virales s’échappent par les voies respiratoires et peuvent donc contaminer à l’extérieur… Et s’adapter.

Comme elles se multiplient aussi dans les cellules du tube digestif, les selles peuvent aussi être contaminantes.

En 2003-2006, certains des malades les plus gravement atteints par le premier virus SRAS Cov 1, qui n’est pas celui responsable de l’épidémie actuelle,  avaient des virus dans les cellules des glandes sudoripares. Le virus pourrait donc théoriquement passer par la sueur jusqu’à la surface de la peau. Des questions se sont aussi posées sur un mécanisme indirect d’atteinte thyroïdienne, et une localisation du virus dans l’hypophyse. Mais on ne peut extrapoler ces résultats sur le virus actuel.

Deux possibilités de mutation sont déjà constatées en Chine  -type S moins virulent que type L-  et une en Italie. Il existe de petites différences entre les gènes de l’ARN du virus chinois et celui responsable des foyers épidémiques d’Italie où les chercheurs viennent de démontrer qu’il était présent depuis la mi-janvier 2020. Peut-être est-ce une explication à la rapidité de l’extension dans ce pays.

Homme et réactivité

Au début, l’administration chinoise a confondu pouvoir et savoir et nié les réalités médicales. Au point de persécuter et de menacer d’interdiction d’exercice les médecins qui ont lancé l’alerte. Elles leur ont extorqué des aveux signés de propagation de fausses rumeurs… Parmi eux, le Dr Li Wenliang, 34 ans, qui avait reconnu la maladie chez les personnes qu’il soignait, en est mort. Il est devenu un héros pour les Chinois, car sans lui, l’épidémie aurait évolué encore davantage. Malgré cette alerte, le système de santé a été débordé. Au point que deux hôpitaux de 1000 lits ont dû être construits en quelques jours. Des stades ou centres de congrès ont été transformés en hôpitaux de fortune. L’Italie, premier pays européen lourdement touché, prend le même chemin. Elle vient de commander à la Chine 1000 appareils d’assistance respiratoire, car les 3000 qu’elle a sont saturés. Les autorités doivent donc adapter leurs décisions et les moyens mis en œuvre, au fur et à mesure, en fonction du terrain…

Densité de population

La forte densité de population explique la diffusion rapide de cette maladie fortement contagieuse. Le milieu urbain, les transports en commun, les voyages en groupe et les réunions, le rassemblement de nombreuses personnes d’origines géographiques diverses en milieu fermé, favorisent la propagation. Le transfert d’un étage à l’autre dans les grandes tours urbaines des mégalopoles peut également favoriser la diffusion. Comme à Hong-Kong en 2002-2003 (321 personnes infectées par SARS-CoV1, 42 morts). Le coronavirus, qui circulait verticalement dans les canalisations des salles de bain, s’était répandu à une vitesse prodigieuse. Aussi, en 2020, la réaction a été extrêmement rapide : évacuation immédiate dès que, à 2 étages différents, 2 personnes ont été touchées.  En procédant ainsi, l’évolution a été favorable.

En résumé, le  SRAS Cov 2 n’ajoute  pas la thyroïde à son palmarès de nuisances. Par contre,  les patients, notamment thyroïdiens,  qui ont été ou sont en ALD (affection de longue durée) doivent être encore plus attentifs à appliquer et faire appliquer par leurs proches, les consignes, de la façon la plus rigoureuse. La rapidité de la diffusion du virus dans  les zones de concentration humaine implique l’interdiction des rassemblements et la nécessité, comme disent les américains, d’une « distanciation sociale ». En pratique, la nécessité d’éviter les contacts rapprochés. Il reste à analyser le comportement du virus et d’en déduire comment s’en protéger le plus efficacement possible.

  • Pour suivre l’évolution quotidienne de l’épidémie: carte interactive.

France :     https://mapthenews.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/5e09dff7cb434fb194e22261689e2887

Monde :

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6
  • Tableaux et courbes d’évolution actualisés. Nombre de cas bénins et sévères ou critique/ population de chaque pays.
https://www.worldometers.info/coronavirus

Limite des plantes chinoises, espoirs et désinfection. Mode d’emploi. 2ème partie

Dr Jacques Guillet

On ne parlerait guère de cette pandémie si l’on disposait d’un vaccin ou de traitements antiviraux efficaces. Les médias et les réseaux sociaux se sont emparés de cette question. Quant aux  masques, le stock stratégique a fondu dans l’ombre des économies que l’Etat a imposées, depuis trop d’années, à notre système de santé. Quels sont les faits ? Quels moyens avons-nous ? Comment les utiliser au mieux ?

Épidémie et plantes traditionnelles.

Aucun vaccin, aucun médicament antiviral spécifique n’est disponible. La seule mesure potentiellement efficace reste le confinement à large échelle. Au début, les autorités chinoises ont proposé des « médecines traditionnelles ». Les vendeurs ont été dévalisés de leurs stocks dès le premier jour. Des camionnettes ont été équipées de micro-usines et placées devant les hôpitaux débordés. Elles fabriquent des comprimés à partir de plantes diverses. Depuis trois mois qu’elles sont distribuées, aucune publication n’a fait état d’une quelconque efficacité thérapeutique. Pas plus que pour elles que pour les autres techniques ancestrales sur ce virus très agressif.

Hors de Chine, derrière l’annonce des bienfaits se cache trop souvent une autre réalité démontrée dès 2015.  Leur composition inclut des produits non déclarés pour 92% d’entre eux selon une étude américaine. Végétaux ou animaux non déclarés (dont une espèce menacée, le léopard des neiges). Agents pharmaceutiques : warfarine (anticoagulant), dexaméthasone (cortisone), diclofénac (anti inflammatoire), cyproheptadine (antihistaminique), paracétamol. Métaux lourds : arsenic (jusqu’à plus de 10 fois la limite acceptable, plomb, cadmium…

Arnaques sur internet

Malheureusement, les arnaques sur internet se multiplient sur ce thème spécifique, avec paiement en ligne sur des comptes dont on ne réalise pas toujours qu’ils sont à l’étranger. Faux espoirs illusoires et coûteux de protection contre le coronavirus… qui peuvent aussi se transformer en intoxication.  Exploitation sans scrupule des peurs.

Interpol vient d’intercepter 13 millions d’euros de produits dangereux vendus sur 2000 bannières publicitaires « covid-19 : « corona-pulvérisateurs », médicaments, « packs anticoronavirus ». Et 34000 masques contrefaits de mauvaise qualité. 121 personnes sont arrêtées. La peur et la crédulité sont une mine d’or pour les malfrats.

Médicaments et vaccins

Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de traitement antiviral spécifique qui puisse être donné aux malades. Certains des médicaments déjà utilisés chez l’homme dans d’autres maladies ont un effet sur des cultures cellulaires. Mais leur efficacité clinique n’est pas prouvée. Parmi eux, des antiviraux et un médicament actif sur le paludisme et certaines maladies inflammatoires, la chloroquine. Un essai à Marseille est encourageant. Mais il faudrait qu’il soit comparé aux résultats d’un groupe de malades comparables traité par un autre médicament ou un placébo…  Les essais thérapeutiques contrôlés ont donc été lancés immédiatement. Mais aucune publication n’a encore crié victoire.

Heureusement, les traitements habituels des détresses respiratoires (oxygène, assistance respiratoire etc…) permettent de ne pas être totalement démunis, dans les formes les plus graves. Encore faut-il que les français respectent les consignes pour éviter que les capacités de prise en charge des services de réanimation hôpitaux et cliniques ne soient débordées.

Quant aux vaccins, des chercheurs londoniens, une entreprise canadienne, et une allemande très (trop ?) optimistes ont annoncé l’obtention dans un délai de 6 à 8 mois. Ce serait un exploit. Le délai vraisemblable est plus près de 2 ans, même si d’autres équipes y travaillent.

Limiter la contagion directe : « gouttelettes » et aérosols.

  • Masques et lunettes

Au contraire de la grippe où le risque de contagion apparaît avec les premiers symptômes, pour le SRAS-CoV2, il survient dès l’incubation, soit 2 à 10 jours avant leur apparition. Une difficulté supplémentaire est que si certains adultes peuvent être des porteurs sains du virus et contaminants, les enfants le sont beaucoup plus souvent. En cela, le coronavirus rejoint les caractéristiques habituelles de beaucoup des maladies virales classiques de l’enfance.

Les gouttelettes émises (toux, éternuements, postillons) peuvent  porter directement le virus à courte distance. De là l’utilité des masques « antiprojection » dits encore « chirurgicaux »  qui protègent surtout l’entourage des malades. Et des masques filtrants qui épousent étroitement les reliefs du visage et protègent ceux qui les portent, mais qui sont inconfortables (Filtration Face Piece FFP2 et FFP3 dits « en bec de canard »). Les quatre usines françaises qui les fabriquent tournent au maximum. La norme N95 des magasins de bricolage correspond au FFP2. Attention aux arnaques sur internet où l’on trouve aussi des masques qui ne répondent à aucune norme, avec des prix délirants. 

Quand elles atteignent les yeux, ces gouttelettes peuvent donner une conjonctivite qui est alors une porte d’entrée du virus dans l’organisme. Les lunettes, au mieux « enveloppantes », sont une barrière efficace.

De plus, le virus peut se propager dans un environnement non ventilé avec des niveaux élevés d’aérosols viraux. Les milieux confinés et non ventilés accueillant un grand nombre de personnes majorent donc le risque. C’est pourquoi ce type de réunion est interdit. Et qu’il faut ouvrir les fenêtres quotidiennement pour aérer les appartements.

  • Des « gouttelettes » aux surfaces

La propagation indirecte joue également un grand rôle dans la contagiosité : dépôt de gouttelettes sur les surfaces inertes et portage par les mains ou les objets. Les Coronavirus peuvent persister sur des surfaces de métal, verre ou plastique, jusqu’à 9 jours. Pour donner une référence, celui de la grippe est actif pendant 5 minutes sur la peau, 8h sur un vêtement, et un à deux jours sur les surfaces sèches.

Et les selles ?

Le virus se multiplie également dans les cellules du tube digestif, même s’il n’y a pas ou peu de signes clinique. Il passe alors dans les selles. La contamination fécale est donc possible, même à partir des porteurs sains comme peuvent l’être les enfants.

Le rappel des règles élémentaires d’hygiène est donc de mise. Y compris d’ailleurs pour le papa ou la maman au changement des  couches des bébés. Il faut se laver les mains, ou utiliser la solution hydro alcoolique. Pas de solution hydro alcoolique sur la peau des bébés. L’eau et le savon utilisé  habituellement pour lui,  suffit.

Et les animaux de compagnie ?

Jusqu’à présent, ils n’ont été à l’origine d’aucun cas de contamination humaine.  Par contre, les gouttelettes émises par un malade peuvent contaminer leur fourrure. Les règles strictes d’hygiène sont donc à appliquer, dès qu’on caresse un animal.

Désinfection : peau et surfaces

D’après 22 publications scientifiques, les Coronavirus vétérinaires et humains peuvent être inactivés par des procédures de désinfection des surfaces. La plupart des antiseptiques sont efficaces.

Pour les mains, le lavage soigneux avec de l’eau et du savon banal comme le savon de Marseille est pratique, efficace et le mieux toléré. Car, par chance, l’enveloppe lipidique –autrement dit, graisseuse- du virus est sensible au savon. Le gel hydroalcoolique est commode en déplacement, notamment pour sa rapidité. Il faut éviter de porter les mains au visage. Les masques n’ont aucun sens si on ne se lave pas les mains puisqu’en pratique elles touchent des surfaces contaminées. Pour le nettoyage des surfaces, un produit banal comme l’eau de Javel diluée à 0,5 % de chlore actif (1 litre à 2,6 % + 4 litres d’eau froide) est très efficace.

Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies.

En attendant que les statistiques françaises et européennes ne soient stabilisées, le retour d’expérience sur l’immense population de nos amis chinois est une solide référence. Selon le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, l’atteinte est bénigne dans 81% des cas. Elle est grave (hospitalisation) dans 14%. Pour les 5% les plus graves, la réanimation en sauve un peu plus de la moitié. La mortalité globale est de 2,3%.  Les enfants et adolescents ne représentent qu’une très faible fraction des malades : 2%. De 20 à 29 ans : 8%. De 30-79 ans : 87%. Plus de 80 ans 3%.

En s’appuyant sur l’expérience médicale internationale, qui écarte le catastrophisme, la contagiosité et la mortalité sont très supérieures à celle des épidémies habituelles de grippe dont le virus n’a rien de commun. Mais c’est une infection bénigne dans plus de 80 % de la population générale. Les personnes âgées souffrant déjà d’autres maladies sont plus sensibles et fragiles par rapport à ces virus.

Conclusion

« Etat d’urgence sanitaire » Pourquoi ?

Le personnel soignant expose sa vie pour essayer de sauver des malades pendant que d’autres en se baladant, en trichant avec les réglementations, en volant ou en stockant les masques et solutions hydroalcooliques dont ils n’ont pas besoin, continuent à la propager.

Malgré les informations largement données, l’appel solennel du président, les mesures de confinement déclenchées, la propagation de l’épidémie reste impressionnante dans notre pays. Il est affligeant de constater que des amendes de 135 euros n’ont pas suffit. Et qu’il faille prévoir 1500 euros pour une récidive dans les 15 jours, 3700 euros et 6 mois de prison à la 4ème dans les 30 jours pour obliger à être solidaires. Le nombre de malades confirmés a doublé en 4 à 5 jours ( du 7 au 12 mars) en moins de 3 jours (13 au 15 mars), il a augmenté de 25% le 15 mars et augmenté de 100% dans la seule journée le 18 mars.

Trop de personnes oublient que le virus ne vient pas de nulle part.  Qu’il est disséminé par des personnes. Qu’au début de la maladie, rarement pendant toute sa durée, elles ne sentent rien, mais qu’elles sont contagieuses. Qu’alors, elles portent le virus sur les autres, les membres de leur famille, leurs amis, les personnes qu’elles peuvent croiser. Certaines peuvent en mourir ou en garder des séquelles. Au travers de ce prisme, il faut se poser la question. Sommes-nous, chacun de nous, irréprochables ?

Respecter l’hygiène le plus strictement : se laver souvent les mains avec de l’eau et du savon. Indispensable avant de les porter sur le visage, de manger ou après s’être mouché ou être allé aux toilettes. Un petit flacon de solution hydroalcoolique dans le sac est commode le temps de faire ses courses indispensables.  Enfermer ses mouchoirs jetables usagés dans un petit sac en plastique qui sera jeté à la poubelle.

En résumé. Protégez-vous, protégez les autres, soyez attentifs, partagez ces informations. Nous sommes encore loin du pic de l’épidémie. Il n’y a pas d’autre solution que les mesures barrières et l’application d’une hygiène plus rigoureuse que jamais.

  • La rapidité de la propagation de l’épidémie de Covid-19 n’a pas de précédent connu. Il faut absolument la ralentir. Certains hôpitaux français, déjà saturés, ne peuvent plus faire face, comme en Italie. Nous sommes et nous serons tous individuellement responsables du succès ou de l’échec. La prudence rejoint la solidarité. Chacun de nous doit se comporter comme s’il était potentiellement porteur sain du virus.
  •  Pour suivre l’évolution quotidienne de l’épidémie: carte interactive.

France :     https://mapthenews.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/5e09dff7cb434fb194e22261689e2887

Monde :

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6
  • Tableaux et courbes d’évolution actualisés. Nombre de cas bénins et sévères ou critique/ population de chaque pays.
https://www.worldometers.info/coronavirus

Quelques conseils utiles pour le traitement par hormones thyroïdiennes :

Le traitement doit être pris tous les jours au même moment et de la même façon ; de préférence le matin et 30 mn avant le petit déjeuner. L’oubli du traitement un jour, perturbe l’équilibre sur 4 semaines. Il faudra en tenir compte pour les contrôles par prise de sang.

Les besoins en hormones thyroïdiennes varient avec le poids

            Avoir un poids stable :en cette période de confinement, ce n’est pas simple car notre niveau d’activité est actuellement modifié. Voici quelques repères :

1°) Faire attention à préserver un bon sommeil. Ne pas laisser glisser l’heure du coucher et du lever.

2°) Lutter contre la sédentarité : voici les conseils du ministère des sports en période de confinement : http://www.sports.gouv.fr/accueil-du-site/actualites/article/avec-le-ministere-des-sports-faire-du-sport-chez-soi-c-est-facile.

3°) Refuser le grignotage :

 L’emploi du temps bien construit est l’arme la plus intéressante.

La deuxième arme est la limitation des réserves de sucreries : le sucré appelle le sucré deux heures après la consommation et à la même heure le lendemain.

Il faut boire 1.5l d’eau pour limiter le risque de confusion entre faim et soif.

Une consommation suffisante de fibres : 30 à 45 g par jour apportés par de bonnes rations de légumes verts ou de légumineuses et un à deux fruits par jour. Manger un peu de viande ou de poisson au moins à midi complète la sensation de satiété jusqu’au soir en ralentissant la digestion.

Attention aux graisses ajoutées : elles majorent considérablement le nombre de calories à éliminer et augmentent l’envie de manger.

Nombre de médicaments interfèrent avec les hormones thyroïdiennes.

Dans quelques cas vous pouvez avoir une action positive sur votre équilibre

Les traitements apportant calcium et magnésium empêchent l’absorption intestinale. Ils sont à prendre loin des hormones thyroïdiennes.

Plus fréquemment les traitements par hormones thyroïdiennes sont perturbés par les traitements anti reflux gastriques : ces reflux sont favorisés par les repas avec apports d’alcool, un peu trop riches en corps gras ou avec des crudités insuffisamment mâchées. La sédentarité coupable d’une insuffisance musculaire de la paroi abdominale est aussi pourvoyeuse de reflux.

Pour les autres interférences médicamenteuses, il s’agit en général de traitements chroniques et le plus souvent l’équilibre ainsi construit reste stable.

Certains antibiotiques puissants peuvent augmenter grandement la destruction de la lévothyroxine absorbée : il y a peu de chances, même en cette période, d’avoir une pareille prescription sans suivi médical étroit.

Courage à tous : Il va falloir dominer cette période de confinement et affronter les difficultés de contact avec les médecins du fait de l’épidémie de COVID 19, après les difficultés rencontrées dans crise du LEVOTHROX.

Docteur Catherine GUILLET Endocrinologue