Coronavirus : des cas de Covid-19 en Alsace dès le 16 novembre ?

Un hôpital situé à Colmar, dans le Haut-Rhin, explique avoir détecté de premiers cas de malades infectés au mois de novembre, grâce à l’analyse de scanners. Décryptage.

 Un patient atteint du Covid-19 pris en charge à l’hôpital Louis Pasteur, à Colmar.
Un patient atteint du Covid-19 pris en charge à l’hôpital Louis Pasteur, à Colmar. AFP/Sébastien Bozon

Par Nicolas BerrodLe 7 mai 2020 à 13h59, modifié le 7 mai 2020 à 14h20

À quand remonte le patient zéro du Covid-19 en France? On pensait depuis le 4 mai que le premier malade avait été recensé à la fin du mois de décembre, il se pourrait finalement que des cas soient apparus dès novembre.

L’hôpital Albert Schweitzer de Colmar (Haut-Rhin), situé dans l’un des départements les plus touchés par l’épidémie, a en effet publié ce jeudi un communiqué indiquant qu’au moins un patient pris en charge le 16 novembre aurait été infecté par le coronavirus.

Qu’ont découvert ces médecins ?

Le Docteur Michel Schmitt, médecin chef du département d’imagerie médicale de cet hôpital privé, s’est replongé dans ses archives. Il a analysé 2456 scanners thoraciques réalisés entre novembre et avril sur des patients atteints de différentes pathologies (cardiaques, pulmonaires, traumatiques, tumorales, etc.)

Les dossiers considérés comme caractéristiques de la maladie Covid-19 ont été ensuite « revus en deuxième puis en troisième lecture par deux autres radiologues expérimentés ».

Il en ressort que des premiers cas semblant liés au coronavirus datent du 16 novembre. La courbe projetée sur un graphique montre ensuite une « progression très lente de l’incidence de la pathologie jusqu’à la fin février », puis une « augmentation rapide de l’incidence avec un pic le 31 mars ». Le rassemblement évangélique de Mulhouse (Haut-Rhin), qui a fait exploser l’épidémie dans la région Grand Est puis dans le pays, a d’ailleurs eu lieu du 17 au 24 février.

Est-ce crédible ?

Deux radiologues, contactés par Le Parisien, confirment l’intérêt d’une analyse rétrospective des scanners. « On a remarqué qu’il y avait quatre types de lésions particulières qui sont des aspects communs aux pneumonies Covid-19 », indique Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR).

« Ces lésions sont plus ou moins marquées selon la gravité de l’infection et on peut les voir aussi chez des patients pas ou peu symptomatiques, c’est relativement fiable », assure-t-il. « Il y a certaines lésions spécifiques et on a, a priori, suffisamment d’images dans un scanner pour les distinguer et établir un rapprochement avec la pathologie », appuie un autre radiologue qui exerce en région parisienne.

Que va-t-il se passer désormais ?

Pour autant, il n’y a encore aucune certitude que ces individus aient bien été infectés par le coronavirus. Seul un dépistage biologique pourrait permettre de l’établir, par exemple via un test sérologique pour détecter la présence possible d’anticorps. (surtout si aucun prélèvement virologique PCR n’a été réalisé à l’époque).