COVID 19 : Ébauche d’un bilan de la crise au 1er jour du déconfinement

( le 11 mai –  1ère partie … à suivre…)

 – En ce 1er jour du déconfinement et à la fin de « l’acte 1 » du COVID 19 qui depuis 3 mois na cessé de nous occuper et nous préoccuper, on peut (on doit)  « commencer à ébaucher un début bilan »  et essayer de nous projeter (prudemment) vers l’avenir.

– Je me limiterais ici aux seuls aspects médicaux et sanitaires laissant à d’autres (ou à plus tard…) le soin de traiter des aspects psychologiques, sociaux et sociétaux, économiques, écologiques, ou même quasi philosophiques, etc…. de cette crise qui sont tout aussi importants

1) Vers la « fin de l‘épidémie » ?

– En  France la fin prochaine de la  « 1ère vague »   est  désormais une quasi certitude

 – Ce n’est pas étonnant car cela a  été le cas en Asie,  en Australie, etc..

– De ce point de vue le Pr. Raoult,qui avait pris de très gros risques en l’annonçant,  le premier et très tôt,  avait donc vu plus juste que ses détracteurs, qui attendaient avec délectation de pouvoir lui dire, a posteriori, qu’il avait eu « tout faux » sur ce point .. et donc tout faux sur le reste.

– A l’inverse de nos « Grippes saisonnières » hélas l’hypothèse « climatique » d’une fin spontanée de l’épidémie liée à la météo ou à la chaleur est peu probable sinon comment expliquer la situation au Brésil ou dans le Golfe…

– Le « déconfinement » peut il faire repartir l’épidémie en France ?

La baisse considérable du nombre de « nouveaux cas » et de « nouvelles hospitalisations » (très nettes  depuis fin avril) sont directement liées à la baisse de la « circulation du virus »

– Une baisse qui est la conjonction :

– De la baisse massive du nombre de personnes « porteuses du virus » et du « cercle vertueux » qui fait que moins il y a de « porteurs » moins il y a  de personnes contaminées et donc moins de porteurs, etc.

– Du  fait qu’avec le « confinement » les éventuels porteurs du virus  ont  eux-mêmes moins « circulé »  (au sens physique du terme et que se « déplaçant moins » ils ont eu moins de « personnes contact »), et donc moins de risques de disséminer le virus ..

– Et que de ce fait pour les « non malades » le confinement (et les diverses mesures barrières ») ont réduit le nombre de leurs contacts et donc le risque  d’être contaminés par le virus puis de le retransmettre (un second « cercle vertueux » qui s’ajoute au premier).

– Pour autant à ce jour, notamment en « Île de France »,  le virus « circule encore » de façon « non négligeable » et  il y a toujours de « nouveaux cas » et de « nouvelles hospitalisations ».

– Pour se répandre le virus utilise une tactique redoutable : Une « incubation » silencieuse de 2 à 4 jours suivant la contamination…. Puis un très grand nombre de « porteurs asymptomatiques » (ou très peu « symptomatiques ») qui peuvent « contaminer », sans le savoir,  les gens qui les croisent.

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– Avec le déconfinement plus que la réouverture (parcimonieuse) des écoles ou la reprise lentement progressive du travail le risque majeur ce sont  les transports en commun et leur promiscuité obligatoire.

– On peut minimiser le risque (port du masque obligatoire, distanciation, restriction des trajets aux heures de pointe, étalement des horaires,…)

– Mais on ne peut pas le réduire à zéro aussi longtemps que le virus est présent » chez un nombre significatif de français qui eux-mêmes « circulent ».

– Je suis un « grand fan » de l’étude menée par le Pr V. MARECHAL (que j’ai croisé à la TV chez Morandini et  Yves CALVI) : Nous éliminons (dans nos selles ) des virus qui vivent très bien dans les égouts… En suivant le « taux » de ces virus dans des stations d’épuration de la région parisienne (soit 4 millions de personnes…) on dispose d’un suivi « en temps réel (et anonyme !!) » du « portage viral ». Celui-ci avait considérablement baissé.. mais ces dernier jours  il était « en plateau » ce qui veut dire qu’il y a encore du virus en circulation. L’évolution  de ce chiffre sera un indicateur précieux et précoce d’une éventuelle reprise des contaminations en Ile de France après le déconfinement. A suivre.

2) Peut-il y avoir une 2ème vague ?

–  « Prévoir l’avenir » est, on le sait, toujours plus hasardeux que « d’analyser le passé» !!!

– Ce que l’on peut dire à ce jour c’est qu’il n’y a eu  de « 2ème vague » significative dans aucun des pays où l’épidémie était « finie » (tout au plus quelques rares cas « importés »,par exemple le retour à Hong Kong d’étudiants venant des USA ou d’Europe). Plus des cas récents (heureusement isolés) en Corée du Sud ou à WUHAN. Ou ces jours-ci en Allemagne

– Reste qu’il y a, et qu’il y aura encore dans le monde et pour un certain temps, un assez grand   grand nombre de « porteurs » et donc de « transporteurs » virtuels de ce foutu  virus  . Et donc un risque non quantifiable mais, « non nu l», de reprise.

– Avec la mondialisation et les voyages, les distances ont fondu : Une « mutation », initialement unique, passant  d’un animal à un autre (un pangolin peut-être ?) a pu se transmettre en quelques mois de WUHAN, à des « fidèles » réunis à Mulhouse, à des spectateurs de foot à BERGAME pour devenir  une pandémie mondiale.

– Si dans une banlieue de Lagos, une favela de Rio, un quartier dense d’une ville industrielle d’Europe ou d’Asie, (liste non limitative…) un virus se répand, qu’un « cluster » se forme et qu’il se diffuse ailleurs,  nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle poussée épidémique. Le pire n’est jamais sûr, mais il faut s’y préparer. Avantage on est prévenu et vigilants…

3)  Le point sur les études de traitement en cours :

           – Un point nécessairement mouvant car des informations nouvelles sont publiées chaque jour.

– Discovery : La prétendue « grande étude européenne » managée par la France a fait un bide : Au lieu des 3 000 patients prévus on en est à 700 ou 800 (tous français et 1 luxembourgeois !).

Macron a annoncé les résultats pour le 14 mai.   N’en déplaise au calendrier politique de Jupiter-Président on sait déjà qu’à cette date on n’aura pas de « résultats définitifs » mais, au mieux, des « résultats partiels ». Les responsables de l’INSERM disent « pas avant fin juin »… C’est à dire « après la fin probable de la vague épidémique».

– Autres problèmes : Cette étude est strictement hospitalière et ne concerne que des « cas graves » (alors que l’épidémie touche très majoritairement des mamldes peu ou pas symptomatiques et non hospitalisés.  Et que s’agissant de l’Hydroxychloroquine, non  seulement elle n’a pas concerné des cas en phase de début te que proposé par Raoult… mais elle n’a pas été associée à  l’Azithromycine. De là à croire que ses promoteurs ne voulaient que ça marche…

– Remdesivir : (un « antiviral » initialement utilisé sans succès contre « Ebola ») C’est le Président Trump lui même qui a annoncé en grande pompe dans le « bureau Ovale » qu’il était efficace. Un traitement pour patients en « stade grave », injecté en Intraveineuse,  avec des effets  secondaires importants. Bénéfices : Une  baisse de 4 jours de la durée d’hospitalisation.. maissans baisse prouvée de la mortalité, et dont les résultats « définitifs » ne sont pas  publiés. « Wait and See » donc. D’autant  qu’une grosse étude chinoise dit que ce traitement n’est pas efficace…

– Tocilizumab :  Un « anticorps monoclonal » qui cible « l’interleukine 6 » responsable de « l’orage immunitaire » des cas graves.  La publication, par l’APHP (les Hopitaux de Paris) de résultats (encore précaires et non validés) de cette étude a entraîné la démission des experts chargés de la contrôler…

– Nicotine : 2 jours de buzz médiatique et puis « plus rien » dommage car c’était une piste paradoxale mais intéressante (qui s’appuie sur le fait, troublant, qu’il y a moins de « cas graves » chez les fumeurs que les non fumeurs !!!)

– Chlorpromazine : ou Largactil (le plus ancien  médicament contre la schizophrénie). On savait cette molécule efficace « in-vitro »(en laboratoire) sur ces virus  et on a remarqué que les malades hospitalisés en psychiatrie étaient peu atteints par le  COVID. Cette « piste est donc en voie d’exploration (reste à savoir si ce médicament s’il est actif le serait à petites doses et pas celles utilisées en psychiatrie

– Sur un sujet aussi sensible avec des enjeux économiques colossaux on est en plein dans une course entre les études et les industriels pour « sortir des résultats »  très (voire trop) rapidement… pour des traitements et des vaccins qui de toute façon risquent de n’arriver qu’après la bataille. Ou« pour la crise suivante » s’il devait y avoir une « 2ème vague »…

3bis ) Ou en est-on avec l’Hydroxychloroquine ?

          – Sujet particulièrement sensible (pire qu’un match OM / PSG) restons calmes !!!

– Je ne reviendras pas sur la polémique entre eux qui pensent qu’il faut attendre d’avoir des « preuves rigoureuses  avant de  traiter » et ceux qui disent que « face à une épidémie aigue (et potentiellement grave) il faut se servir sans attendre de toutes les armes à notre disposition ».. A chacun de se faire son opinion. L’avenir tranchera.

– Les chiffres fournis par Raoult : Sur 3 282 patients traités (dont plus de 50 % avec des lésions pulmonaires initiales au scanner) 17 décès soit un  taux de mortalité  de 0,49 % . Mais aussi une disparition rapide et quasi totale du « portage des virus » et donc de la durée de la contagiosité.  ne sont pas « miraculeux » mais très significatifs, n’en déplaisent à ses détracteurs.

– A titre de comparaison en Allemagne qui a beaucoup plus « testé » que nous et qui a eu 4 fois moins de morts/habitant (7 395 décès pour 169 218 cas) le taux de mortalité  est de 4,3 %

– Pour ensavoir plus vous pouvez consulter les 2 dernières vidéo de Raoult  et  les chiffres quotidiens intéressants publié sur le site de l’IUHM. (https://www.mediterranee-infection.com).

– Je vous mets en PJ 2 la traduction française de 2 études chinoises (Hôpital de WUHAN au cœur de l’épidémie), avec « groupes témoin »..) qui montrent la baisse de la durée du « portage viral » sous HCQ et une nette baisse de la mortalité dans les « cas graves »ainsi qu’une action significative  sur l’Interleukine (le « machin » qui  s’emballe en créant  « l’orage immunitaire » ).  J’ajoute le commentaire de l’équipe marseillaise sur cet article.

– A ce jour, et quoique l’on  pense du « personnage atypique » de Raoult,  l’élément déterminant à retenir  c’est qu’ il n’y a pas d’autre traitement qui ait une efficacité sur le portage viral et donc sur la transmissibilité et la prolongation de l’épidémie.

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PETIT BILAN CHIFFRE DE l’EPIDEMIE à ce jour :

FRANCE :Un bilan chiffré désastreux :

 Au 11 mai nous comptons 26 383 morts soit 404,2/Million d’hab

– Ne font « plus mal que nous » que la Belgique (747), l’Espagne (570), l’Italie (505), la GB (434)

– Tous les autres pays ont notablement moins de morts que nous/ habitant : citons notamment 

– La Suède (319)  (malgré l’absence de tout confinement !!! (mais elle fait moins bien que ses voisins qui ont, eux, eu recours au confinement strict

– Les USA (240)  (malgré Trump !!!) , il est vrai qu’ils rattrapent progressivement  leur retard…

Mais surtout plus proche et tout à fait comparable

– L’Allemagne (90,3) soit 4,47 fois moins de morts /habitant que la France

– Sans oublier ;  le Portugal  (111) mais également TOUS les autres pays de l’Union Européenne !!!

Plus loin de nous

– La Chine (3,3) : Je sais les statistiques peuvent y être (y sont…) souvent  « arrangées » (ils ont d’ailleurs fait en avril un « rattrapage statistique » d’environ+30 % !!!).

– Reste que  si la Chine avait eu le taux de mortalité de la France avec 1,4 MILLIARDS d’habitants cela aurait représenté 539 000 morts.. au lieu de 4 630.  Et avec les réseaux sociaux il est impensable que l’on puisse  masquer 500 000 morts !!!!

– Dans des pays statistiquement plus  « crédibles : la Corée du Sud…et Australie (3,3) Japon (4,3.) et Hong Kong (0,57) soit 4 morts  pour 7 millions d’habitants (pour une ville « hyper-dense »   et très proche  du berceau de l’épidémie). Tous ces pays ont fait colossalement mieux que nous et que l’ensemble des pays « industriellement développés »  

(Volontairement je n’ai pas pris pas en compte les chiffres des pays dont les systèmes de santé ne permettent pas d’avoir des données fiables)

Disons le : CE  BILAN EST TOTALEMENT INACCEPTABLE dans un pays qui se vantait d’avoir « le meilleur système de santé au monde » et qui est la 6ème puissance économique mondiale .

Comme sont inacceptables les satisfecit  que s’auto-attribuent  nos « infaillibles dirigeants » (ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier..de ce point de vue rien n’a changé)  quise félicitent des succès de leur brillante gestion de la crise.

Dr Philippe SOPENA

L’application d’hydroxychloroquine est associée à une diminution de la mortalité chez les patients gravement malades atteints de COVID-19

PREPRINT BO YU et al https://doi.org/10.1101/2020.04.27.20073379)

Résultat préliminaire d’une étude observationnelle multicentrique prospective sur l’innocuité et  l’efficacité de la chloroquine pour le traitement de COVID-19

www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.26.20081059v1

Lecture critique de l’étude de Yu et al. MedRxiv 2020 : L’hydroxychloroquine divise par trois le risque de décès chez des patients COVID-19 hospitalisés en réanimation : étude rétrospective sur 568 patients de Wuhan

PRE PRINT (Bo Yu, Dao Wen Wang, Chenze Li-  https://doi.org/10.1101/2020.04.27.20073379)