Roundup : Bayer annonce un accord d’indemnisation de 10 milliards de dollars avec près de 100 000 plaignants américains

Le règlement annoncé porte sur environ 75 % des procédures engagées aux Etats-Unis contre le Roundup et d’autres produits à base de glyphosate, dont le groupe allemand a hérité lors du rachat de Monsanto, en 2018.

Le Monde avec AFP et Reuters Publié le 24 juin 2020 à 19h26 – Mis à jour le 24 juin 2020 à 22h00

Le groupe allemand Bayer a annoncé, mercredi 24 juin, qu’il versera entre 10,1 et 10,9 milliards de dollars (entre 8,9 et 9,6 milliards d’euros) pour solder les procédures lancées par près de 100 000 Américains ayant souffert d’un cancer qu’ils imputent à leur exposition au Roundup, un pesticide à base de glyphosate produit par Monsanto.

Bayer s’efforce de mettre fin aux poursuites engagées aux Etats-Unis contre le Roundup et d’autres produits à base de glyphosate, dont il a hérité lors du rachat de Monsanto pour 63 milliards de dollars, bouclé en 2018.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Bayer empoisonné par une cascade de procès contre Monsanto aux Etats-Unis

75 % des procédures

L’indemnisation annoncée mercredi ne règle pas tous les contentieux. Dans un communiqué, Bayer précise qu’elle concerne « environ 75 % des litiges » impliquant le Roundup. L’accord « résout les litiges actuels et met en place un mécanisme clair pour gérer les risques des litiges potentiels futurs », dit Bayer dans ce communiqué.

Les « futurs cas potentiels seront régis par un accord de groupe soumis à l’approbation du tribunal. L’accord comprend la création d’une catégorie de potentiels futurs plaignants et la création d’un comité scientifique de classe indépendant ». Le géant allemand précise toutefois que ces accords financiers « ne contiennent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute »« Ce règlement est important pour nos clients car il s’agit d’une bataille longue et ardue et il rend justice à nos clients », a réagi une avocate de victimes, Jennifer Moore.

De son côté, Werner Baumann, président du directoire de Bayer, a estimé que cet accord « intervient au bon moment pour que Bayer mette fin à une longue période d’incertitude », le jugeant « financièrement raisonnable par rapport aux risques financiers importants qu’impliquerait un contentieux courant sur plusieurs années ».

Cet accord ne devrait en tout cas pas éteindre les polémiques concernant le Roundup, classé en 2015 « cancérigène probable » par le Centre international contre le Cancer (Circ), une instance de l’OMS. « Bayer, qui continue de commercialiser le Roundup et autres produits à base de glyphosate Monsanto et de nier leur caractère cancérigène, accepte de verser 10 milliards de dollars pour régler des procédures avec 100 000 plaignants américains, tout va bien », a ainsi réagi l’association Attac France sur Twitter.

Bayer continuera donc de commercialiser le Roundup et n’a pas l’intention de préciser sur ses emballages qu’il serait susceptible de provoquer l’apparition d’un cancer.

La Californie avait obligé par ordonnance l’entreprise Monsanto à mentionner le risque cancérigène du Roundup sur son étiquette de ce désherbant. Un risque que Bayer a toujours contesté. Pour le groupe allemand, ses produits à base de glyphosate sont inoffensifs s’ils sont utilisés conformément aux instructions.

Le juge californien a donné raison à Bayer. Selon lui, « plusieurs organisations », dont l’agence américaine de protection de l’environnement, ont conclu à l’insuffisance de preuves qui montrent que le glyphosate cause le cancer. Pour Bayer, cette décision est d’autant plus importante que le Roundup est l’un de ses produits-phares, notamment aux Etats-Unis.